LE 1er RENDEZ-VOUS DES ACTEURS DE LA FORMATION ET DE L'EMPLOI EN GRAND EST

Le 25 avril 2019, Diana André s'est rendue à Strasbourg pour assister au 1er rendez-vous des acteurs de la formation et de l'emploi en Grand Est.

 

Réunissant près de 200 partenaires de la Région dans les domaines de l'emploi, de la formation, de l'insertion et de l'orientation, cette journée avait pour but de favoriser la rencontre et l'échange entre acteurs professionnels et institutionnels grâce à des ateliers "défis" organisés pour établir des constats, avertir sur des points de vigilance et faire des préconisations. 

Convaincu que c'est par l'échange et la rencontre avec les acteurs du territoire que l'on peut comprendre et représenter au mieux les intérêts des citoyens, notre groupe tenait à être présent à cet événement indispensable au vu du nombre de demandeurs d'emploi sur la Région Grand Est inscrits à Pôle Emploi, qui s'élève à 456 800. 

Ouverture de la journée par l'essayiste Raphaël Enthoven 

A 9h30, l'essayiste Raphaël Enthoven a ouvert la journée par une conférence sur Les Métiers et les compétences de demain au service de la formation: évolution, transformation ou révolution? 

Pour le professeur de philosophie, le paradoxe de l'innovation peut être examiné comme une mémoire.

 

Or, il soulève qu'on ne peut pas regarder devant soi sans mémoire. 

Et l'innovation est le résultat d'une myopie qui donne l'impression que notre époque est table rase. 

Ainsi, on devrait donc plutôt parler de renouvellement que d'innovation.

 

Selon lui, on a tort de vouloir s'inscrire dans un pessimisme, qui a existé à toutes les époques, et qui consiste à penser que c'était mieux avant...

Quels sont les impacts de l'innovation face aux défis de demain? 

Cette réflexion sur l'innovation s'est ensuite poursuivie par une table ronde animée par le journaliste Laurent Bazin autour de la thématique: "Quels sont les impacts de ces évolutions sur les formations de demain et sur l'emploi? Robotisation, intelligence artificielle, numérisation : sommes-nous armés face à ces bouleversements? 

Le journaliste Laurent Bazin entouré des intervenants de la table ronde, de gauche à droite: Raphael MORAGLIA, dirigeant de Skillogs; Joseph PUZO, PDG de l'entreprise Axon câbles; Louis PARIS, ingénieur chez SOCOMEC et Augustin PROBST, étudiant en formation à l'INSA.

Les intervenants de cette table ronde ont tour à tour fait part de leur expérience dans le domaine de la formation. 

  • Joseph PUZO a relaté son expérience de dirigeant d'entreprise de câbles qui a su, alors que son entreprise était une PME qui luttait contre 1000 concurrents dans les années 1980, se distinguer au point de finir par travailler sur la fusée Ariane 5.

Son entreprise Axon câbles est située à Montmirail, commune de 3 600 habitants située dans la Marne. En terme d'attractivité, Monsieur PUZO a rencontré certaines difficultés à recruter des ingénieurs diplômés puisque la commune dans laquelle son entreprise est implantée ne dispose pas de transports en commun et reste donc assez isolée des autres villes.

 

Ce dernier a néanmoins trouvé plusieurs solutions pour attirer du personnel qualifié: 

  1. Pour recruter de jeunes ingénieurs, il propose des stages rémunérés 1 000 euros par mois et a investit dans des logements pour les proposer à ces jeunes pour seulement 150 euros par mois. 

  2. Dès qu'il y a des promotions, plutôt que d'offrir le poste à quelqu'un de l'extérieur, il le propose en interne, à ses salariés de l'entreprise. 

  3. Des ouvriers peuvent venir travailler les 2 mois d'été et si cela fonctionne, l'entreprise les recrute dès le mois de septembre. 

  4. L'entreprise aide aussi des personnes à s'inscrire dans une formation de niveau Bac +2 pour exercer le métier d'informaticien grâce à une formation avec Pôle Emploi. 

Monsieur PUZO suggère d'accentuer la formation au 4.0 et de démystifier l'intelligence artificielle - Monsieur MORAGLIA le rejoindra d'ailleurs sur ce point. Mais plus particulièrement, il a rappelé à l'hémicycle que c'est en améliorant la santé des salariés, que l'on améliore le PIB. Il faudrait notamment généraliser les tests de détection de certaines maladies chez les salariés d'entreprise. 

  • Raphael MORAGLIA est expert en intelligence artificielle au service de la formation et dirigeant de Skillogs. Il propose une formation en alternance à distance pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer jusqu'à une école et le reste du temps de leur formation se passe en entreprise, près du lieu de vie des apprenants.

Pour Monsieur MORAGLIA, il est important de se familiariser avec l'intelligence artificielle le plus tôt possible au cours de la formation, de Bac -3 à Bac +3. 

  • Augustin PROBST, étudiant en formation à l'INSA, médaillé d'or aux Olympiades des Métiers en production industrielle, a expliqué à son auditoire qu'en tant que futur jeune diplômé, cela ne le dérangerait pas de changer plusieurs fois d'entreprises au cours de son parcours professionnel. Pour ce dernier, il est primordial d'analyser les besoins du marché du travail et de les anticiper pour pouvoir adapter l'accompagnement des collectivités. 

 

  •  Louis PARIS, ingénieur chez SOCOMEC, médaillé d'or aux Olympiades des Métiers en robotique, se voit quant à lui évoluer dans la même entreprise au cours de tout son parcours professionnel. Il souhaite de la collectivité qu'elle joue un véritable rôle de support dans le domaine de la formation, en reliant bien les choses entre elles et apportant une aide au recrutement. 

Atelier Défi: L'innovation au service de l'attractivité des métiers ou comment innover pour attirer des talents ? 

L'atelier auquel a pris part Diana André était composé de plusieurs experts de la formation qui ont animé un débat riche et fertile​, avec pour ambition de chercher à répondre à la thématique: Comment attirer les publics vers les entreprises? 

Augustin PROBST a participé aux échanges de cet atelier, en commençant par présenter les Olympiades des métiers auxquels il a brillamment participé et en faisant part de son ressenti de jeune étudiant ingénieur de l'INSA. Alors que l’alternance est parfois vue comme une "voie de garage" pour le diplôme d'ingénieur dans son école, elle permet selon lui une transition douce de l'école au marché du travail. Or, les Olympiades des métiers proposent un bon timing pour s'inscrire en alternance ensuite à la rentrée. Un choix qu'il pense faire personnellement, même si rien n'est gravé dans le marbre. 

Marie Mahé, dirigeante de l'entreprise KeeSeek (start-up qui géolocalise les offres de logement temporaires à proximité d'un emploi), a fait état d'une inadéquation entre les talents et les besoins sur un territoire. Pour Madame Mahé, la question du logement est un enjeu primordial pour l'attractivité des métiers dans la mesure où 1 million de demandeurs d'emploi refuseraient une offre faute de logement. 

Anne BRUSSON, chargée  de mission action territoriale pour  Prism’Emploi, a mis en avant le travail temporaire, qui est presque une école en lui-même et qui, pourtant, n'est pas un modèle d'emploi dans les écoles de formation. Elle a d'ailleurs rappelé que le CDI intérimaire fait partie du code du travail. 

Eric HARDY, de la Fédération Nationale des Travaux Publics du Grand Est, s'est exprimé sur les clauses d'insertion professionnelle qui peuvent être pour les employeurs un souci dans la mesure où les salariés qui correspondent à ces critères n'ont pas forcément les formations professionnelles qui conviennent au poste. Il a donc décidé de faire un Job Dating pour recruter des salariés qui correspondent aux critères de la clause et sont qualifiés. 11 personnes ont ainsi été recrutées pour 6 mois et formées en 152 heures. 

Eric Pierson, Président de l'entreprise ACREOS. 

Osez l'innovation!

Pour clôturer cette journée, Eric Pierson a tenu une conférence sur le thème "Osez l'innovation".

L'entreprise dont il est le Président a été créée en 2008 et dispose de 2 établissements en Moselle. Elle fabrique des simulateurs pour apprendre à conduire des grues et des engins de chantier et est l'unique acteur dans ce domaine en France.

 

A ce jour, ses simulateurs sont vendus dans 37 pays et ont permis de former 100 000 personnes dans le monde. 

Or, c'est seulement après 4 années de recherche et développement et 1,5 million d’euros investis qu'un prototype fonctionnel a vu le jour. Aujourd'hui, l’entreprise ne cesse d’innover et investit chaque année un tiers de son chiffre d’affaires en recherche et développement.

Le simulateur de l'entreprise ACREOS.
  • w-facebook
  • Twitter Clean

© 2023 by THE HOPE CENTER. Proudly created with Wix.com