Communiqué de Christophe Choserot

Commentaires de Jean-Pierre Masseret

 

 

 

 

 

Est-il raisonnable d’oser affirmer ou de laisser croire, voire de laisser espérer, que le jour d’après sera différent et meilleur que le jour d’avant. Aucun des trois verbes que sont affirmer, croire et espérer ne convient pour qualifier ce que sera demain.

Sans doute demain sera différent mais dire qu’il sera meilleur est pour le moment une prétention osée. Imaginer ce que sera la vie demain n’est possible qu’à partir d’une extrapolation de ce qui est sur la base d’un déterminisme. Or nul ne peut dire dans quel état sera demain ce qui est aujourd’hui. Personne ne peut le dire parce que personne ne connait ni la durée de la crise ni la façon de la gérer dans le temps et nul ne peut estimer l’ampleur des destructions économiques, sociales, territoriales, culturelles et idéologiques qu’elle aura provoquées.

Si nul ne peut mesurer ce que seront les conséquences réelles et définitives, un raisonnement logique permet d’écarter une hypothèse pour se concentrer sur un possible parmi tous les possibles. L’hypothèse à écarter est celle qui verrait le monde d’après pareil au monde d’avant. Le possible retenu est celui qui suppose un monde différent sans que l’on puisse dans l’instant en définir le périmètre. La crise sanitaire est mondiale. Elle ne sera pas maitrisée avant longtemps.

Il y a un visible immédiat qui décrit la réalité du moment mis celle-ci sera autre à la fin de la crise.

Il y aura une fin et la fin de la crise sera le début de l’espérance attendue : bâtir une société meilleure.

Bâtir ! le verbe est engageant, il est une promesse. Pour que la promesse devienne réalité, le Pays devra faire preuve d’un autre état d’esprit que celui qu’il donne à voir aujourd’hui. La promesse d’avenir se résume à cette seule question : en est-il capable ? Vu ce qu’il nous donne à voir depuis des années, la réponse la plus évidente est négative. Pour réussir le défi du renouveau que permet paradoxalement le virus, l’état d’esprit nécessaire devra réunir Concorde et Dépassement. Bâtir sera un travail collectif.

L’état d’esprit actuel nous est connu par tous ses mauvais côtés. Il est parcouru de haines, d’envies, de postures qui sont la plupart du temps des impostures, de menteries, de jeux de pouvoirs, d’intérêts, de certitudes non démontrées. Rien ne va jamais quoique qu’il soit décidé. Tout et son contraire. Ce constat n’est pas propre au gouvernement actuel même si, plus que d’autres avant lui, il concentre les critiques et la vindicte. Cette vision pessimiste mais réaliste n’efface pas tout ce que la vie montre de bien et de bon. L’actualité nous offre l’occasion de le vérifier. A côté des dialogues de sourds et des jugements à l’emporte pièces ne supportant aucune contradiction, la société montre le meilleur de l’humain. Le potentiel existe pour réussir le défi que la société s’est imposé. Si l’intelligence collective animée par l’esprit de concorde et de dépassement est au rendez-vous, rien n’est perdu, tout est possible.

Cet esprit de Concorde et de Dépassement, qui peut l’initier ?

Pas les partis politiques au vu de leurs préoccupations du moment. Les oppositions ne rêvent que d’une seule chose, mettre à terre le Président de la République et lui faire rendre compte sinon rendre gorge. Les perspectives électorales sont les préoccupations dominantes. Personne dans l’opposition se voit en roue de secours d’un Président affaibli et fort contesté. Le Rassemblement National joue le populisme de base et prône la recherche de boucs émissaires commodes pour éviter de réfléchir. Le Parti Socialiste n’a pas lu les dernières analyses pertinentes de D. Strauss- Khan ni celles de son ancien premier secrétaire Cambadélis pas plus que les propos de J. Dray. Il reste sur ses propositions traditionnelles matinées d’écologie. Les Républicains sont à la recherche d’une martingale politique qui ne vient pas. La France insoumise de JL Mélenchon est victime des égarements de son chef de file qui est allé trop loin pour revenir dans le jeu. C’est dommage pour lui, car la situation actuelle lui aurait permis d’exprimer sa dimension et sa culture républicaine. La République En Marche est dépassée. Les apôtres du monde nouveau sont hors course sur le terrain. Les syndicats se divisent. La CGT sous la pression de son ultra gauche a opté pour le combat idéologique et politique. La CFDT qui ne parvient pas à se faire reconnaitre par le Président de la République comme un partenaire vrai.

C’est donc au Président de la République de prendre l’initiative puisque c’est lui qui a ouvert le débat sur le jour d’après. Il ne peut réussir seul tant il a perdu la confiance du pays. La réalité du terrain donne à constater une dégradation plus forte que les chiffres des enquêtes d’opinions. La crise et la constitution le place en première ligne. Au point que dans la séquence actuelle, il prend des positions qui le coupent de son Premier ministre et de son gouvernement. Les conditions politiques ne lui sont pas favorables pour créer les conditions de l’union dans la concorde. Il ne réussira pas en débauchant des personnes qui ne seraient pas légitimées par une initiative supérieure en qualité et en sens. Le Président de la République doit oser quelque chose de fort.

La France est sur la corde raide, ce n’est pas la première fois de son histoire. Quand elle s’est trouvée tout près de l’abime elle a toujours su se ressaisir et se dépasser.

Le Président de la République doit trouver la voie utile au pays pour se placer au bon niveau exigé par la situation et se dépasser. Compte tenu de sa position très critique dans l’opinion, le dépassement pourrait prendre la forme d’une réduction et d’un partage de sa position dominante actuelle.

Pour gérer la crise sanitaire, il s’est entouré d’un Conseil scientifique avec lequel il a partagé des réflexions qui ont orienté ses décisions. Pour gérer politiquement la sortie de crise et poser les fondations du renouveau, le Président de la République devrait installer à ses côtés dans l’intérêt supérieur du pays un conseil politique qui pourrait réunir N. Sarkozy, F. Hollande, L. Jospin, D. Strauss-Kahn, J.P. Chevènement.

Ce conseil aurait pour mission de poser les bases d’un programme national de redressement. Dont la réalisation serait confiée à une nouvelle génération. Acquise à l’idée du dépassement de soi dans l’intérêt de la Nation. De Gaulle a gouverné avec M. Thorez ministre d’Etat. Et maintenant….

L'après sans Concession

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remettre le pays en état de fonctionner et progresser dans un monde différent.

 

Les médias se font l’écho d’un possible gouvernement d’union nationale d’ici le 14 Juillet. Il n’y a pas de fumée sans feu. Un feu allumé par le Président de la République lui-même le 13 Avril dernier avec l’annonce d’une initiative en direction de toutes les composantes de la Nation. Déclaration qui ponctue une période ouverte le 12 Mars. Dès cette date, le Président de la République n’a eu de cesse lors de ses passages très suivis à la télévision d’évoquer les grandes orientations nouvelles qui devaient inspirer la politique Française à l’issue de la crise sanitaire.

 

Les conditions propices à réaliser cet objectif sont nombreuses. Il y a d’abord l’ampleur de la crise.Sans précédent depuis 1945. Elle est également inédite par sa nature. Les activités sont presque toutes à l’arrêt par des décisions volontaires prises par le pouvoir politique. N’importe quelle majorité l’aurait décidé. Au même moment, l’offre et la demande sont stoppées. Sauver la vie des français fait l’unanimité. Les analyses sur l’organisation de l’économie mondiale divergent mais ce constat n’est pas un élément du présent. Peu de critiques sur les exceptionnelles mesures décidées par le gouvernement et l’Europe. Chacun est conscient de la nature et de l’importance des choix qui devront être faits pour remettre le pays en état de fonctionner et de progresser dans un environnement européen et mondial différent. Le Président de la République a voulu installer dans l’esprit des Français sur le plan psychologique et politique les bases nécessaires à cette perspective. D’abord en disant au pays qu’il mène une guerre. Ensuite en faisant voter une loi d’urgence par le Parlement. En faisant appel enfin le 13 Avril à l’article premier de La Déclaration de 1789 et aux Jours Heureux du Conseil National de la Résistance. Et puis soyons objectifs, y a -t-il vraiment des différences idéologiques insurmontables entre G. LARCHER Président Les Républicains du Sénat, B. CAZENEUVE du Parti Socialiste et E. MACRON ?

 

Il existe des éléments qui peuvent empêcher un gouvernement d’union. Le premier tient à la personnalité même du Président de la République et à sa manière de fonctionner et d’avoir voulu tuer et piétiner le passé et les personnes de l’ancien monde. Un monde pas différent de l’actuel. La relation du Président de la République avec l’opinion du pays qui lui refuse la confiance et donne peu de crédit à sa parole est un vrai sujet d’interrogation. Sur les 35 mois de sa présidence, 20 au moins l’ont opposé à une fraction importante du pays. Depuis juillet 2018 et le cas BENALLA, les confrontations n’ont jamais cessé. La longue séquence des Gilets-Jaunes a été suivie par celle de la réforme des retraites. Pourquoi l’opposition irait-t-elle la fleur au fusil au secours d’un Président de la République en difficulté ? Les institutions de la Vème République par le scrutin majoritaire ont culturellement et politiquement imposé l’affrontement, excluant le sens du compromis. Les élections présidentielles 2022 sont proches, dans 18 mois au plus nous y serons déjà. Enfin les erreurs de l’exécutif dans la gestion de la crise à ses débuts ne créent pas un appel d’air favorable pour rejoindre le Président de la République. D’où l’importance vitale pour lui que la phase du déconfinement soit un succès réel et non contestable.

 

Forcer le Passage et remporter le défi que le Président de la République s’est fixé passe par la conquête de l’opinion. Pour commencer à y croire, celle-ci exigera la réussite dans les quelques semaines, comme cela a été écrit ci-dessus, d’un déconfinement sérieux, efficace et concret. Cette première étape franchie, la seconde sera d’installer sans ambiguïté dans une large part de la Nation que seule l’union facilitera et accélérera les changements de caps imposés par les nouveaux enjeux mondiaux et européens. La responsabilité à partager s’inscrira dans un délai pertinent, le temps de donner à la France les outils et les moyens d’affirmer et de défendre ses intérêts vitaux et exercer pleinement sa souveraineté.

Pour parvenir au résultat recherché, il faut proposer une méthode et un contenu. La méthode consistera à se mettre d’accord sur le constat et le périmètre du travail à réaliser. Le contenu sera la traduction politique de l’accord d’union. Identifier les voies et les moyens de la sortie de crise au plan économique et social. Remettre la France en action immédiate. Recréer de la richesse et regarder son affectation. Poser les priorités qui devront être traduites en politiques. Quels sont les secteurs vitaux ? Comment assurer la souveraineté et l’indépendance, sans s’enfermer ni se couper de ses partenaires ni s’affranchir des réalités ? Les débats auront à considérer les points que le Président de la République a évoqué lors de ses différentes interventions. Il y a là matière à avancer. Le cœur des discussions portera sur le rôle et la place de l’Etat. Le positionner vis-à-vis du privé, vis-à-vis de ses missions régaliennes, vis-à-vis du concept d’Etat providence, vis-à-vis de sa propre gestion, vis-à-vis des financements de la dépense publique, vis-à-vis de son organisation territoriale…Qu’est-ce qu’un Etat stratège à l’aube d’une nouvelle donne ? Les partis et les mouvements qui seront sollicités par le Président de la République auront-t-ils le courage et le souci de rechercher des compromis utiles à la France ? Des leaders syndicaux et des politiques de gauche auront-ils la même acceptation que M. THOREZ à la Libération ? A suivre donc.

L'après Gouvernement d'Union

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de son intervention, le Président de la République a pris soin de dire que les conditions opérationnelles du début de déconfinement seraient précisées dans les 15 jours par le gouvernement. C’était sans compter sur l’impatience ou l’envie d’en découdre avec le pouvoir. Très vite, des interrogations légitimes ont parfois pris une tournure polémique.

Les sujets de préoccupations immédiates concernent les conditions de retour à l’école, la disponibilité des masques, le volume du dépistage nécessaire pour reconnaitre la façon d’être du virus. Des questions sérieuses qui méritent d’être abordées en responsabilité de part et d’autre.

 

La reprise des cours  

Le Président de la République est accusé de vouloir obliger les parents pauvres à reprendre le travail. C’est oublier le rôle de l’école. L’indignité républicaine se niche dans le refus de considérer à priori la décision comme juste au regard du principe d’égalité et des réalités sociales. Examiner les mesures à prendre, les conditions à respecter, la faisabilité même de la reprise dans certaines circonstances ne souffre d’aucune restriction morale et politique. Commençons à discuter honnêtement et loyalement. Rien n’indique que le milieu scolaire malgré ses spécificités soit un outil de propagation accélérée du virus. Le professeur Raoult l’a signalé en ce sens au Président de la République. Une étude Suisse confirme cette approche.

La seule chose dont on est sûr est que le virus tournoiera autour de nous, prêt à descendre en piquet aussi longtemps que le génie humain n’aura pas trouver de quoi l’anéantir. Au mieux 18 mois.

Nous allons devoir vivre longtemps avec le virus. Avec celui-ci, qui mutera pour tromper notre vigilance. Avec d’autres qui se révéleront. Avec les risques bactériologiques et chimiques. Avec les folies des hommes. Notre société mourra emportée, submergée si nous laissons les démagogies individuelles chevaucher les vents mauvais des peurs qui emportent au loin la Raison collective.

Notre société mourra si elle choisit comme « maitre » la personne « individu » contre la personne « collectif ».

Les masques

La crédibilité présente et future du gouvernement et du Président de la République est attachée à ce sujet. La confiance nécessaire pour avancer sur toutes les autres grandes préoccupations nées du virus dépend d’un début réussi du déconfinement. Pour que cette étape soit reconnue comme une avancée certaine, chaque Français devra disposer du ou des masques conforme(s) à la réglementation, permettant à chacun selon sa position et ses obligations de reprendre le cours de sa vie aux côtés des autres.

Les moyens de dépistage

Ils seront nécessaires pour accompagner le déconfinement puisque notre calamiteux virus sera dans les parages. Là encore, un début de polémique se fait jour. Le Président de la République, lors de son intervention, a limité semble-t-il, le dépistage aux personnes présentant des symptômes grippaux. Cela parait pour beaucoup insuffisant. Le gouvernement devra préciser ses intentions sur ce sujet qu’il aurait grand tort de prendre à la légère.

La confiance

Le manque de confiance de l’opinion dans l’action de l’exécutif est un handicap majeur qui ne pourra se réduire ou s’effacer que si la gestion du déconfinement est beaucoup mieux maitrisée que l’entrée dans la crise sanitaire. Or les enquêtes d’opinion ne vont pas dans cette direction. Comme souvent en France, les citoyens pensent que le gouvernement ne dit pas la vérité et n’en fait pas assez. C’est pourquoi la question des masques et celle du dépistage est si importante.

Les personnes âgées

Le déconfinement des personnes âgées pourrait poser des problèmes touchant aux libertés publiques et au principe de responsabilité. Il est admis et constaté que dans la statistique générale et dans celle particulière au COVID19 les vieux meurent plus que les jeunes. C’est en elle-même une nouvelle conforme à la loi naturelle.

Dans l’instant, il est officiellement porté une attention particulière aux personnes âgées. Ce qui ne diminue en rien l’hécatombe dans les EHPAD, ce qui vaudra au gouvernement une volée de commissions, d’enquêtes et de procédures très inquisitoriales. Les comptes et les règlements de compte seront sévères.

Chaque soir il est précisé que les vieux qui meurent présentent des pathologies multiples avant d’avoir été repérés par le virus qui profite de l’occasion pour donner le coup de grâce. Jetant les familles dans la peine et les douleurs. Rien de plaisant. Pour autant tous les vieux, la barre est placée à 70 ans, ne sont pas mal portants. Beaucoup sont mêmes bien portants. Faut-il alors les confiner mécaniquement. Si tel était le cas sans discussion il faudrait tenir éloigné du Parlement, des mairies, de toutes les instances délibératives publiques comme privées, de toutes les associations les personnes hommes ou femmes de plus de 70 ans. Mettre de côté les anciens combattants des associations patriotiques. Supprimer le rallumage de la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe. Bref enfermer les retraités au motif qu’ils sont trop vieux pour combattre le virus. Merci de bien voir ou revoir le film « Les vieux de la vieille » avant de décider.

Gérer la crise sanitaire est une priorité acceptée pourvu qu’elle soit couronnée de succès et qu’elle soit rondement menée. Derrière cette priorité, il y a l’obligation collective de redémarrer les activités économiques et sociales. Parvenir à contenir et gérer finement toutes les conséquences certaines, possibles, probables de la situation très compliquée actuelle dans sa dimension nationale et européenne. Celles à bannir et celles sur lesquelles il faudra s’appuyer pour se réinventer.

Le gouvernement n’est sans doute pas sans reproche mais ce qui est fait pour maintenir au mieux l’économie, éviter le chômage et la disparition d’entreprises est remarquable.       

Après le discours du 13 avril

Discours du Président de la République

- Lundi 13 avril 2020 -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Président de la République n’a pas cédé aux sirènes du Medef. La santé des Français est la priorité. Faire passer la vie avant l’économie est une donnée nouvelle de nos sociétés. Le COVID19 en fait le constat. Dans le même temps, il nous rappelle une réalité que nous avions oubliée. La mort n’obéit pas à nos convocations. Jusqu’au COVID, la mort devenait acceptable si elle advenait après le dépassement de la norme statistique. Avant cette date, elle était prématurée donc injuste. C’est ainsi que nous prenions le pas sur la mort en lui fixant rendez-vous. Le COVID vient bousculer ce pouvoir que nous reprenons en reléguant l’économie en queue de peloton.

Revenons au discours présidentiel qui rétablit la raison d’être de l’Etat. Le rejet des thèses de Friedman ne doit cependant pas conduire à une approche totalisante de la puissance publique. Les Français auront apprécié qu’une date de sortie du confinement soit fixée comme probable et possible.

Elle est lointaine, mais pas trop pour ne pas désespérer. Elle est proche mais pas trop pour ne pas inquiéter.

Le Président de la République, par ses mots et ses intonations, a respecté le fait que le confinement n’était pas une petite chose pour les familles ni pour l’équilibre matériel et psychologique de la société. Il était indispensable de relever les inégalités que les gens vivent. De ces inégalités devra naitre une approche politique appropriée. Seules des raisons sanitaires sont reconnues par les Français comme justification du confinement.

Le 11 Mai ne signifiera pas le retour de toute la société à l’activité d’avant le 15 Mars. L’Education Nationale sera la première à reprendre le collier. Mesure indispensable pour permettre aux parents de reprendre le travail. Raison plus noble celle-ci, récupérer au sein de l’école les enfants mal accompagnés. Réduire et éliminer les inégalités par l’éducation est une exigence qui n’accepte aucun manquement ni aucun retard. La perspective de reprendre l’école suscite et suscitera des débats qui seront souvent des postures. Notre pays en a l’habitude. Les cours dans l’Enseignement supérieur ne reprendront pas. Sans doute parce qu’il s’agit d’adultes difficiles à organiser. Mieux vaut éviter dans l’esprit de l’exécutif des troubles alors que son objectif politique est la concorde nationale.

Le Président de la République n’a pas fait l’impasse sur les conséquences du confinement, tant pour l’économie que pour les familles modestes. L’économie est globalement touchée. Des mesures substantielles ont été prises par le gouvernement ainsi que par l’Union Européenne. La priorité est la situation des commerçants et artisans, celle des TPE et TPI. C’est d’autant plus vrai et urgent que les cafés, les restaurants et les spectacles ne seront pas autorisés à reprendre leurs activités. Des mesures financières seront ajoutées à celles déjà en place. BERCY pilote au jour le jour la situation et adapte ses décisions en conséquence. Le budget pour le report des charges sociales et fiscales passe de 35 à 50 milliards. Les aides directes de 12 à 36 milliards. Le coût du chômage dépassera les 20 milliards. Pour le commerce et l’artisanat et assimilés, les aides atteindront 6 milliards au lieu de 2.

Les familles modestes et les étudiants qui, confinés dans leur chambre ont perdu leur petit boulot, devraient recevoir une aide que le prochain conseil des ministres devrait arrêter.

Le déconfinement exige un calendrier et des modalités pratiques pour le rendre opérationnel et maitrisé. Cela devrait être fait dans les 15 jours.

Ainsi ce ne sont pas toutes les activités à l’intérieur de la société qui reprendront. Ni toutes les personnes qui seront concernées. Les personnes âgées connaitront semble-t-il un sort particulier. Notamment celles souffrant d’une maladie chronique. Dans les EHPAD, les visites sous réserve de dispositions techniques appropriées pourront reprendre.

Le Président de la République a conditionné les mesures de déconfinement à l’usage de masques pour toute la population autorisée à circuler, par le dépistage automatique des personnes présentant les symptômes grippaux, par des placements en quarantaine, par du traçage librement accepté, par des précautions spécifiques aux personnes âgées.

Lors de son intervention le Président de la République a reconnu que la France n’était pas prête au moment d’affronter le virus. Les masques, les tests, les appareils adéquats et le matériel de soutien n’étaient pas au rendez-vous. L’expression utilisée pour dire que tous les pays étaient au même point est une affirmation fausse qui n’avait pas lieu d’être.

Le Président de la République s’est félicité qu’après la prise de conscience des insuffisances le pays se soit repris et ait pu tenir le choc. Au point de contenir voire de faire reculer le virus. Les Français de la première ligne ont fait preuve d’un engagement et d’un dévouement formidable comme ceux de la deuxième ligne. Les autres, en acceptant les contraintes du confinement et en les respectant, ont facilité le travail des premiers.

Donner un peu d’air et offrir des perspectives positives tout en évitant la rechute et l’impact d’une deuxième lame tranchante du virus, tels sont les objectifs prioritaires du Président de la République. Soutenir l’économie globale est l’autre enjeu majeur qui requiert une stratégie originale puisqu’il s’agit de traiter en même temps l’offre et la demande. Vaste programme.

La suite politique trouve sa place à la fin de l’intervention.

Le Président de la République fait référence à la Révolution « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » et au Conseil National de la Résistance avec l’expression « les jours heureux ». Des jours que nous retrouverons.

Pour y parvenir, le Président de la République propose de retrouver le temps long, la planification, la sobriété carbone, la prévention, de sortir des sentiers battus et des idéologies. Bref se réinventer.

C’est un nouveau programme qui est proposé. Adieu donc les réformes contestées.

Les mots prononcés sans surjouer, le rôle de président devrait conclure la longue séquence ouverte avec les Gilets Jaunes. Nous serions alors au début de quelque chose qui, après le ni droite ni gauche, effacerait les batailles idéologiques actuelles.

Dans son analyse de la situation mondiale, D. Strauss-Kahn a justement écrit une phrase courte mais claquante et cinglante « la fin du communisme annonce la fin de la période sociale-démocrate ».

En effet la sociale démocratie a été « utilisée » par les tenants du libéralisme économique comme paravent social détournant du vote communiste soviétique les bénéficiaires des trente-glorieuses. Le fait est qu’après 1989 la sociale démocratie européenne au pouvoir ne s’est pas distinguée par l’originalité de ses politiques ni par leur efficacité.

Elle reste à se réinventer dans un espace étroit qui, pour garantir les Libertés Publiques, interdit un partenariat avec des mouvements gauchistes. Le Progressisme est donc le terreau qui doit naitre de la crise pour bâtir l’avenir.

Les premières réactions des oppositions ne sont pas encourageantes. Elles ne sont pas davantage surprenantes. Discours trop long, trop tard, trop arrogant, trop auto-flatteur pas assez précis, pas assez social. Le président du groupe Les Républicains au Sénat B. Retailleau constate que la déclaration d’E. Macron enterre le « macronisme ». S’il n’a jamais existé, il est mort avec les Gilets Jaunes. C’est donc bien le progressisme social et politique dans sa dimension nationale et européenne qu’il convient d’investir comme force d’avenir.

SCENARIO D’APRÈS CRISE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

------- PREAMBULE -------

 

La France saura-t-elle avec honnêteté, courage et dignité se sortir de la fange des postures politiciennes et ignorer la médiocrité des échanges des réseaux sociaux pour dresser le bilan de la crise sanitaire une fois que celle-ci aura été vaincue ?

Ce bilan ne devra pas être occulté par l’urgence des questions économiques, financières et budgétaires d’autant qu’à l’occasion de son adresse à la Nation, le 12 mars dernier, le Président de la République (PR) a pris des engagements pour que le pays reprenne le contrôle de sa souveraineté et défende son modèle social.

Le jour d’après ne sera pas comme le jour d’avant.

‘La France est en guerre’ a proclamé le PR. C’est peut-être le bon moment de se rappeler l’action des Français libres qui, avec ceux de la résistance intérieure, ont ensemble redressé le pays mettant en œuvre le programme ambitieux du Conseil National de la Résistance. 

Le gouvernement et le PR ne doivent pas se sentir interdits d’initiatives politiques fortes. L’union nationale ne doit pas être un concept défensif mais au contraire une ouverture dynamique.

Si le PR attend la fin de la crise pour espérer être en situation favorable, il se trompe. Trop de gens s’agitent dans l’ombre avec délices et arguments pour alimenter les polémiques et dresser des actes d’accusations. L’arme des réseaux sociaux décuplera les critiques.

Les français seront dans la rue, heureux de retrouver leur liberté et leurs habitudes. Ils assisteront passifs et indifférents à l’exécution du pouvoir en place. Il faudra bien que quelqu’un paie l’addition de la Grande Peur.

 Des initiatives sont donc nécessaires dans l’objectif des évolutions promises.

 

-------CONSTAT et PERSPECTIVES--------

 

 

Se servir des insuffisances révélées par la crise sanitaire pour remettre la France sur de bons rails est une hypothèse pertinente. Le renouveau concernerait aussi bien le contenu des politiques que l’organisation de l’Etat.

L’union nationale permettrait de gommer la division qui est la faiblesse première de notre pays. Le fossé n’a cessé de se creuser entre les élites et le peuple. L’élite a adopté les règles du libéralisme et elle l’a imposé à la société. Ceci n’a pas été sans conséquences. L’explosion du chômage et l’aggravation des inégalités sont des exemples. Cette césure a pris des proportions telles qu’aujourd’hui elles mettent en péril la Nation.

Profiter du moment pour refaire Nation est une priorité. Organiser le retour de l’Etat Républicain. Le PR a positionné la France en état de guerre. Sera-t-il l’homme qui créera le Conseil du Redressement National, celui qui proposera le programme donnant à la France la maitrise de sa souveraineté, le contrôle des règles du marché sur les biens essentiels de la vie : alimentation, santé, sécurité et cadre de vie ?

Vaste programme.

La crise épidémique a fait toucher du doigt la fragilité de notre société technologique et sophistiquée. Elle a éclairé d’une lumière crue les dépendances coupables et les limites de l’organisation de la chaine de valeur qui assure à travers le monde le meilleur profit aux grands groupes et à leurs actionnaires.

« Plus jamais ça ! », a reconnu le PR.

La dépendance immédiate qui s’est ouverte à nos yeux en a fait apparaitre d’autres.

Le pays doit en effet considérer l’ensemble des réalités qui présentent des risques pour notre société. La désorganisation géopolitique, l’affaiblissement permanent de l’ONU et du multilatéralisme, les guerres directes ou larvées sur la planète, les terrorismes religieux, nationalistes ou crapuleux, les exploitations non maitrisées des évolutions scientifiques, le retour accéléré des nationalismes, les dérives anarchiques de l’individualisme et les débats sur la nature même de l’homme. Toutes choses qui bousculent nos habitudes et nos assurances matérielles et intellectuelles. Parmi tous ces risques d’instabilité, les plus grands dangers à venir sont bactériologiques et chimiques. La plupart des Etats démocratiques ou voyous ont dans leurs arsenaux des outils de mort. Un danger bien supérieur au risque climatique.

En descriptif de l’APRÈS, ci-dessous quelques certitudes et des possibles :

  1. L’exécutif ne pourra ni faire l’économie d’un bilan ni croire qu’il appartient à lui seul de décider de la suite. Se posera forcément un problème de légitimité démocratique qui devra être tranché. Soit par la réalisation de l’union nationale soit par un vote des citoyens.

  2. Au cours de cette courte période de confinement traumatisante psychologiquement et politiquement, les Français auront renoué des liens de solidarité, d’entraide et ressenti un besoin d’égalité devant un ennemi invisible.

  3. Ce parcours initiatique les aura conduits vers l’Etat. Malgré les griefs et une confiance limitée à l’endroit du PR, ils auront vu que, face à l’inconnu, c’est l’Etat qui a agi et posé les règles de vie.

  4. C’est donc naturellement vers l’Etat qu’ils se tourneront à l’issue de l’épreuve pour obtenir des réponses à leurs attentes ainsi que la mise en œuvre des engagements du chef de l’Etat pris devant plus de 30 millions de téléspectateurs.

  5. Le PR devra être disruptif et Il sera difficile au gouvernement de penser reprendre les réformes contestées là où elles ont été arrêtées, surtout si l’union nationale est faite.

  6. Les premières mesures porteront sur la remise en marche de l’appareil économique dans son ensemble et sur la relance des activités de l’éducation nationale. Il faudra veiller à ce que ces sujets ne justifient pas la mise en attente du renouveau.

  7. De la même façon, si l’union nationale n’est pas réalisée, il faudra que les postures politiciennes des oppositions, focalisées sur l’impérieuse envie de reprendre ou de prendre le pouvoir, ne leur fassent pas oublier l’essentiel. Penser aux intérêts vitaux de la France et de ses citoyens avant les préoccupations partisanes. Pas de règlements de compte, pas d’imposture démocratique.

  8. L’enjeu prioritaire est que le pays tombe d’accord sur les objectifs incontournables et indépassables tels que la crise sanitaire les a donnés à voir. Ce qui aura marqué la population, c’est l’enjeu de vie ou de mort. Le premier bien à sauvegarder est sans discussion celui de la Vie.

  9. La VIE par la totalité de la filière santé qui prémunie, soigne, accompagne et guéri, la VIE par la qualité de toute la filière alimentaire qui nourrit sainement au juste prix, la VIE par toute la filière environnementale de l’eau, de l’air, des territoires et de l’habitat.

  10. La SECURITE ou plutôt les sécurités. SECURITE extérieure, SECURITE intérieure, SECURITE préventive anticipant les risques identifiés contre lesquels on doit se préparer. La mission d’expertise et d’analyse des ruptures découlant des évolutions scientifiques et technologiques sera une priorité pour anticiper et préparer les réponses et les adaptations.

  11. La crise aura éclairé d’une lumière crue les dangers de la DEPENDANCE aux autres dans les domaines sensibles de la vie des personnes et des entreprises. Nous l’avons vécu en déplorant l’insuffisance des masques protecteurs et des moyens de tester la population à l’action du virus. Nous avons eu confirmation qu’être dépendants des technologies indispensables à la production des biens et des services avaient des conséquences néfastes pour l’emploi et la capacité du pays à satisfaire les demandes de ses consommateurs. C’est le sujet du choix par les grands groupes capitalistiques de séquencer et regrouper dans des lieux uniques des parties de leur production. Ce type d’exploitation a affaibli les pays européens et a modifié les structures de l’emploi. Une réponse positive passe par le projet de RELOCALISER des productions. La question des approvisionnements sensibles ne sera pas réglée facilement ni rapidement. La RELOCALISATION pour gagner la compétition concurrentielle et pouvoir palier la possible absence physique des salariés se fera au prix d’une automatisation des outils. Cette nouvelle stratégie industrielle nationale est rendue nécessaire. Il s’agira moins de rattraper les retards que de prendre une longueur d’avance.

  12. Sur tous ces sujets, le plus intelligent, le plus efficace serait de coordonner les stratégies nationales avec une stratégie communautaire. La SOUVERAINETE nationale sera d’autant plus réelle qu’elle sera appuyée par les éléments complémentaires de la SOUVERAINETE EUROPEENNE.

  13. Nous devrions profiter du moment pour affronter les situations qui remettent en cause le sens et la cohésion interne de notre République. Comment REFAIRE NATION et REPUBLIQUE. L’archipel Français est-il modelable ? Beaucoup pensaient cette perspective impossible. Considérons que le choc de la crise sanitaire mortelle induira la base exploitable d’un sursaut et d’une reprise en main. Si cette opportunité se présente, il ne faudra pas la laisser passer.

  14. La Filière CITOYENNETE sera le fil conducteur de l’éducation civique, des formations éducatives, des politiques de solidarité. La laïcité et l’égalité seront à considérer comme sources d’accès à la Liberté. Une République qui assumera sans remord ni repentance toute son histoire sans rien céder aux séparatismes de toutes sortes.

  15. Le moment est sans doute aussi venu de repenser l’organisation de l’ETAT afin d’assurer une efficacité opérationnelle maximum. Réduire et dépasser ainsi le fossé qui s’est creusé entre les élites et les classes moyennes et populaires. Redonner au pays son allant et sa cohésion. Le suffrage universel devra seul valider les nouvelles orientations et la nouvelle organisation. Il ne s’agit pas de tout changer pour que rien ne change.

 

--------LES PROPOSITIONS---------

 

 

L’action publique dans son ensemble doit s’organiser autour des priorités telles qu’elles ressortent des constats établis par la crise et le confinement.

  • UN BLOC MINISTERIEL en charge de la filière VIE composé de 3 Eléments :

 

  1. La santé : recherche, laboratoires, industrie pharmaceutique, applications, soins, réseaux des hôpitaux, organisation de la médecine, formations.

  2. Santé et alimentation : agriculture, filières, production, transformation, distribution, formation.

  3. Santé environnementale : ressources en eau, qualité de l’air, qualité de l’eau, habitat, gestion et protection des espaces, analyses et contrôles des normes. 

 

  • UN BLOC MINISTERIEL en charge de la filière Protections et Sécurité composé de 3 Eléments :

 

  1. Sécurité Extérieure : intérêts vitaux de la France et de ses ressortissants, défense des frontières et des territoires sous pavillon Français, interventions décidées par elle-même et pour elle-même, participations avec d’autres acteurs sous l’égide de l’ONU, de l’OTAN ou de l’UE. Formation, recherche, équipements, industrie de défense, partenariats. Dans ce contexte, le Ministère des Armées garde ses attributions et reçoit la partie police, sécurité civile et pompiers dépendante du ministère de l’intérieur. A ces attributions s’ajoute l’analyse et la gestion des risques y compris les outils administratifs chargés de la sécurité informatique, cyber sécurité. Le ministère doit nécessairement changer de nom.

  2. Sécurité Intérieure : vie quotidienne et protection contre toute action visant à troubler l’ordre public et la tranquillité et les droits des citoyens, lutte contre les prétentions terroristes et les trafics délictueux. L’ensemble des personnels actuellement dépendant du ministère de l’Intérieur sont rattachés à ce bloc. Le ministère actuel est transformé en ministère de l’Administration et des Développements des Territoires. Le principe de Déconcentration sera érigé en objectif prioritaire. La Décentralisation, qui est source d’inégalités territoriales, ne connaitra pas de nouveaux développements. Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur perd une partie de ses responsabilités d'ordre public. En devenant le ministère de l’Administration et des Développements des Territoires, il est l’acteur clé de la territorialisation des stratégies de l’Etat. Cela implique que le préfet de région soit le véritable patron des actions de l’Etat. Dans le cadre de la déconcentration, il dispose des moyens financiers et de l’autorité à l’endroit des administrations centrales. A ce titre, il négocie avec les régions et les métropoles. La reconquête industrielle passe par eux sur les territoires.

  3. Sécurité Préventive : veille des ruptures scientifiques, technologiques, géopolitiques, culturelles, surveillance des approvisionnements stratégiques. Préparer le pays. 

   

  • UN BLOC MINISTERIEL en charge de POSITIONNER la France dans l’organisation du MONDE

 

  1. La France n’entend pas se fermer et s’isoler du reste du monde. La fin de la mondialisation et le dépassement de la globalisation des économies et des cultures ne sont pas des questions qui se posent pour le moment. En revanche, l’actualité nous amène à nous engager sur des problèmes concrets : Comment promouvoir et accompagner les phénomènes de relocalisation ? Comment influencer les pratiques spéculatives et aider à poser de nouvelles régulations ?

  2. Y parvenir demande un partenariat tripartite entre l’Etat, les employeurs, et les salariés. Certains pourront considérer qu’il faut un quatrième partenaire à savoir les territoires. Dans l’urgence, la définition d’objectifs et de cibles stratégiques doit privilégier le tripartisme. La phase d’application légitimera la participation active des territoires.

  3. C’est donc une nouvelle approche qui est nécessaire et qui appelle assurément le dépassement de vieilles pratiques et l’abandon de postures qui, comme leur nom l’indique, positionnent sans apporter de solution. La recherche du compromis n’est pas la compromission.

  4. Ce bloc ministériel disposera de l’autorité sur toutes les structures publiques administratives et financières qui interviennent dans le champ de la production et des services : industrie, recherche, centres et écoles de formations technologiques scientifiques, économie et gestion à tous les niveaux publics et privés.

  5. La PARTICIPATION de tous à la création de la richesse nationale implique en retour que tous les citoyens soient considérés comme des actionnaires intéressés aux résultats. La participation proposée par le Président De Gaulle devrait être généralisée.

 

  • UN BLOC MINISTERIEL en charge d’assurer la CITOYENNETE REPUBLICAINE composé des éléments suivants : Education nationale, Solidarité, Culture, Justice, Egalité, Démocratie participative.

 

  • UN BLOC MINISTERIEL en charge des TERRITOIRES et de leur DEVELLOPEMENT. Il dispose de tous les outils du ministère de l’Intérieur sauf les moyens de la sécurité versés au bloc des sécurités. Politique d’aménagement, transport, police administrative, collectivités territoriales, territorialisation des politiques nationales dans le cadre de la déconcentration nouvelle en lien avec les élus territoriaux.

 

  • UNE REFORME INSTITUTIONNELLE pourra également être proposée, par exemple en profitant des adaptations des structures de l’Etat pour modifier le mode de désignation des Parlementaires.

 

- Les députés seraient élus au niveau régional à la proportionnelle intégrale. Il faut prendre ce risque : 1député pour 150 000 habitants, soit 440 députés.

- Les sénateurs resteraient élus par département. 1 pour 250 000 habitants Les départements de moins de 200 000 habitants auront 1 sénateur, 2 pour les départements ayant de 200 001 à 500 000 habitants. 3 jusqu’à 700 000 etc.
 

LA LEGITIMITE des transformations suggérées ne pourra être établie que par le peuple, soit sous forme d’assemblée constituante, soit par voie référendaire.

L’UNION EUROPEENNE FACE A LA CRISE ET QUELQUES RAPPELS

La crise sanitaire touche tous les Etats membres avec plus ou moins d’intensité.  Au début chacun a choisi sa stratégie pour y faire face. La réponse a été nationale en l’absence de compétence santé de l’Union Européenne (UE). Le moment a démontré que l’Etat demeurait le cadre pertinent de la mobilisation contre un péril imminent. Ce constat restera marqué dans les esprits. Il sera largement exploité par les populistes nationalistes. Il justifiera malheureusement l’attentisme de certains dirigeants devant les décisions à prendre dans un futur proche. La suite a montré une UE engagée. Un engagement âprement discuté et difficile à conclure. Révélateur d’un état d’esprit peu enclin à souscrire au saut qualitatif nécessaire pour installer l’UE comme force politique autonome.

Comme souvent, des différences se constatent entre les pays du Nord et les pays du Sud. L’histoire et les cultures créent des identités que les projets communautaires ne font pas disparaitre. L’Union n’a jamais effacé les intérêts nationaux et chacun des Etats membres a toujours su jouer des espaces offerts par le traité initial et ceux qui ont suivi jusqu’à Maastricht et l’installation de la monnaie commune.

L’Allemagne a valorisé son organisation et ses potentiels industriels, en faisant payer à l’Union une grande part du coût de sa réunification. La mise en place de l’Euro lui a profité. Le coût de sa production a été de fait dévalué alors que celui de ses principaux partenaires était réévalué. Les Pays-Bas et le Luxembourg ont proposé des systèmes fiscaux attractifs. Les pays Nordiques ont suivi les politiques de sérieux servis par les solidarités de classe qui caractérisent leur histoire contemporaine. La France n’a pas respecté les principes qu’elle avait acceptés comme règle commune. Elle a laissé filer les déficits et les dettes s’attirant les critiques. Elle s’est isolée politiquement. L’Italie toujours au bord du gouffre mais toujours debout grâce à son économie souterraine a comme la France joué le mauvais élève. La Grèce encouragée par ses dirigeants a bricolé ses budgets sans moderniser ses administrations ni bousculer le clergé orthodoxe. Les nouveaux entrants dans l’Union ont été autorisés voire encouragés à conserver des règles fiscales et sociales faussant la concurrence à l’intérieur de l’Union. Et cerise sur le gâteau, la Grande Bretagne a passé son temps à empêcher l’Union d’avancer.

C’est dans ce climat que la crise financière de 2008 a été gérée avec retard par l’Europe. La rigueur allemande pour ne pas dire son égoïsme a failli emporter l’Union à travers le dossier Grec qui s’est vu imposer un régime drastique.

La crise migratoire qui a suivie a fait apparaitre de nouvelles divisions. Plus graves à terme que celles portant sur l’acceptation plus ou moins forte des approches économiques différenciées entre le Nord et le Sud de l’Union. La division s’opère entre les anciens et les nouveaux membres entre l’Ouest et l’Est. La fracture concerne les valeurs et les fondamentaux de la démocratie. Dans la géopolitique actuelle, des débats plus profonds devront être puissamment menés pour définir le devenir de l’Union et répondre à la question vitale. Voulons-nous une « Europe puissance » non pour imposer mais pour être retenue comme acteur respecté et respectable de l’organisation du Monde. 

Le virus maintenant. Après une entrée en ordre dispersé, les Etats membres ont pris la mesure de la situation. La Banque Centrale Européenne (BCE) a réagi positivement après la bourde de sa présidente vite reprise en main par DRAGHI et quelques chefs d’Etats. La banque centrale se montre exemplaire et créative. Elle rachète par inscription à son bilan les emprunts souscrits par les Etats et les entreprises pour financer les mesures de soutien à l’économie. Son bilan sera gros de près de 6 000 milliards, soit la moitié du PIB de la zone Euro. Elle prête aux banques en acceptant les titres représentatifs déposés en garantie des fonds prêtés. Les banques sont rémunérées pour emprunter taux de - 0.75. La BCE est un socle fédéral pour l’Union monétaire. Pour autant elle doit maitriser sa politique.

Le président de l’Euro zone avec la présidente de la commission ont de leur côté élaboré une proposition en trois points soumise à la décision des ministres des Finances. Une intervention du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) à hauteur de 240 milliards, la garantie de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) permettant 200 milliards de prêts pour soutenir des investissements et 100 milliards pour cofinancer les mesures de chômage partiel.

L’échec du sommet des ministres des finances appelés le 26 mars à fixer la nature et le montant des interventions de l’Union pour soutenir les Etats membres dans leur lutte contre les effets dévastateurs du virus sur les économies a sonné le tocsin et réveillé les craintes. Les échanges ont été vifs parfois même agressifs sur un ton désagréable. L’Italie très touchée par le virus attendait beaucoup. Ses espoirs ont été déçus. Les Pays-Bas et l’Autriche refusant de remettre en question les conditionnalités pour obtenir les aides du MES. Dans la foulée a été totalement écarté l’idée de Corona bonds mutualisant l’appel à des emprunts européens.

Une nouvelle Visio-conférence a échoué dans la nuit du 7 au 8.  Mais le 9 en fin de journée les ministres des finances de l’Eurogroupe se sont mis d’accord sur les mesures présentées destinées aux Etats, aux entreprises et aux salariés.

Le MES apportera des crédits à hauteur de 240 milliards avec une forme de conditionnalité sans lien avec la dette souveraine de l’Etat bénéficiaire pour financer les investissements santé et prévention.

La BEI apportera sa garantie sur 200 milliards d’investissements.

La Commission elle-même empruntera à très faible coût pour mettre à disposition des Etats 100 milliards pour financer du chômage partiel.

Enfin le principe d’un plan de relance est ouvert. La commission estime pour sa part qu’il faut reconsidérer la maquette prévue pour la période budgétaire 2021-2027.

Ces mesures avec l’imposant dispositif de la BCE plus l’effacement des paramètres financiers et budgétaire de Maastricht représentent plusieurs milliers de milliard.

Ce sont donc de bonnes nouvelles et chacun s’en est félicité. En vérité, comme c’est souvent le cas, le compromis cache des ambiguïtés. Notamment les attributions d’aides par le MES. La France et l’Allemagne ont fini par isoler les Pays-Bas. Nul doute que la suite, à savoir la définition du plan de relance ne sera pas un long fleuve tranquille à moins que Merkel lâche les chevaux. E. Macron de son côté rassemble maintenant un certain nombre d’Etats qui veulent aller plus loin dans la construction politique de l’Union. La partie n’est pas gagnée. Il est de bon ton de croire que l’Union sortira renforcée de la crise sanitaire. L’euphorie d’un accord obtenu aux forceps donne des perspectives. Le ministre des Pays-Bas parle lui d’un accord qui donne satisfaction à l’Europe et aux Pays-Bas. Il met sur un même pied d’égalité 500 millions d’européens et 17 millions de Hollandais. Tout est dit. Dans le débat nous n’avons pas entendu les dirigeants des Etats membres d’Europe centrale et orientale, très dépendants de l’économie allemande. Il y a un long chemin avant le point où se situe l’aire du saut qualitatif. L’ancien président de la République Giscard d’Estaing propose pour faire avancer l’Union un système de fiscalité unique pour les entreprises. Sans doute qu’il faudra en passer par là. Mais l’urgence est politique, elle n’est pas de nature technique ou technocratique. Les Européens doivent regarder le monde nouveau qui se dessine, donc qui se redessine sous leurs yeux. Les Etats-Unis veulent toujours être le premier mais sans assumer le rôle de leader. Vis-à-vis de leurs anciens toujours alliés, ils joueront de leur influence culturelle et militaire et utiliseront l’outil dollar et l’insupportable principe d’extra territorialité. L’élection présidentielle de novembre n’y changera rien. Leur rival est la Chine. Les Européens doivent accepter les évidences et se déterminer en fonction des réalités qu’elles emportent. Quelles relations avec la Chine et sur quels partenariats. Non seulement économiques mais également stratégiques avec quels types d’alliances. Que faire avec la Russie. La zone d’influence de l’Europe est le bassin méditerranéen avec ses complexités. Quel place l’Union entend-t-elle occuper dans la nouvelle géopolitique éclatée. La compétition économique concernera la société numérique de l’intelligence artificielle et la nouvelle donne écologique. De nouveaux destins pour la planète se mettent en mouvements. Les Etats de l’Union veulent-ils jouer petit bras où être dans le collectif Européen au niveau mondial.

C’est réellement cette question politique qui est posée. C’est même la seule qui vaille. Une question qu’il faut aborder avec lucidité et courage. Démocratiquement et honnêtement.

Les commentaires sur l’accord du 9 Avril font apparaitre des différences d’appréciation entre les partenaires. Les Etats du Nord autour de l’Allemagne et des Pays-Bas sont officiellement satisfaits. Ils n’ont pas lâché grand-chose. Des conditionnalités existent pour recourir au MES.

La France se déclare satisfaite parce que le pire a été évité. Le couple Franco- Allemand ayant repoussé la folle attitude des Néerlandais et contenu le fol espoir de l’Italie. Ce n’est pas très brillant et pour la France le compte n’y est pas. Mais, comme d’habitude, elle fait comme si. La diplomatie molle finira par dégoûter les plus fervents partisans de l’Europe. Depuis De Gaulle personne en France ne se risque au bras de fer salutaire.

Peut-on compter sur un revirement de Merkel pour une prise de conscience, elle qui a beaucoup à se faire pardonner. Le refus d’exporter du matériel de santé vers l’Italie, la fermeture des frontières vers la France, le Luxembourg, la Belgique et la Suisse mais pas celles vers les Pays-Bas, son opposition aux Corona bonds.

Sur le sujet de la mutualisation des dettes, la position de la chancelière est mécanique, quasi technocratique, pseudo moraliste. Elle rejoint une partie des caciques de la CDU et quelques économistes repliés sur des théories dépassées. 68% des allemands sont favorables au principe de solidarité infra européenne. Des responsables de la CDU, comme une majorité de patrons, commencent sérieusement à l’être. Les lignes bougent. Sera-ce suffisant pour inspirer A. Merkel quand viendra le moment de décider du plan de relance européen. Aurons-nous le bonheur de voir un plan Marshall ou de revoir l’esprit étriqué des petits marquis européens.

En Italie le premier ministre Conté marche sur des œufs entre les avancées modestes du 9 Avril et ses oppositions de droite populiste et d’extrême droite fasciste. Accusé de haute trahison par la chef du parti Fratella Italia, il doit contrer les attaques de Salvini qui compare l’accord à la défaite de Caporetto, l’équivalent italien de Waterloo. Le recours au MES vaut perte de souveraineté. La limitation à 2% du PIB et la cible limitée aux dépenses de santé renforcent le sentiment d’un manque de confiance.

Il est vital pour l’avenir du projet européen que les pays du Sud et la France ne renoncent pas au principe de mutualisation d’outils financiers à risque partagé.

La zone Euro est une entité qui dispose d’une monnaie unique mais qui n’a pas de dette commune. Cela n’est pas sans conséquences. Les marchés financiers spéculent contre les maillons faibles qui sont les plus endettés. La crise sanitaire va singulièrement faire progresser le mur des dettes souveraines. L’histoire économique enseigne que pour rembourser une montagne de dettes accumulées en période de guerre et augmentées de celles nécessaires pour repartir il n’y a que trois moyens. La croissance, l’inflation et l’annulation. L’inflation doit être maitrisée absolument dans le moment et la croissance ne sera pas suffisante. Pour éviter de recourir à l’emprunt pour rembourser les dettes, ce qui prive l’Etat de moyens pour investir utilement, la question de l’annulation d’une partie des dettes se posera. En tout cas, ce serait bien que quelqu’un la pose. Des économistes suggèrent que la contrepartie d’une annulation soit des investissements de même montant réalisés dans la nouvelle économie décarbonée.

Cette digression ne résout ni ne clos le débat sur la légitimité politique et morale pour L’Union de mutualiser des engagements financiers.

La légitimité politique trouve sa justification dans une simple analyse des mécanismes économiques. Au moment de l’Euro, les pays du Nord ont fait le choix de soutenir une politique de l’offre. Ils ont réduit par des mesures fiscales et des économies sur la dépense publique la demande intérieure. Ils ont concentré et localisé chez eux des outils de production à valeur ajoutée. Logiquement ce type de politique aurait dû mécaniquement provoquer du chômage et des baisses de pouvoir d’achat. Il n’en a rien était puisque les productions ont été absorbées par les politiques de demandes des pays du Sud. La partie Nord de l’Europe a pu maintenir ses emplois, dégager des excédents et confiner le Sud dans les emplois soleils, vacances, hôtellerie et restauration. Sans… le laxisme du Sud, le Nord n’aurait pas été le Nord. Par conséquent, le Nord doit ouvrir sa demande intérieure ce qui sera bénéfique en partie au Sud. Reste la morale. Pour rétablir les déséquilibres, l’Union se doit d’engager un plan de développement type plan Marshall financé en partie par des emprunts Européens en fixant les besoins du Sud comme première priorité.

Si rien ne devait bouger et que les donneurs de leçon tirent la couverture à leur avantage, quel serait l’intérêt pour la France de rester l’arme au pied.

 

Revalorisation  des indemnités des élèves infirmiers et élèves aides-soignants mobilisés

En accord avec le Ministère du Travail, la Région Grand Est et l’Agence Régionale de Santé Grand Est, les indemnités des élèves infirmiers et élèves aides-soignants mobilisés aux côtés des professionnels de santé sont revalorisées.

 - Les apprenants qui sont déjà en stage validé par leur Institut de formation et l’ARS n’ont pas de démarche à faire.


- Les apprenants qui ne sont pas encore en stage sont invités à se porter volontaire sur la plateforme de volontariat pour valider la mise en stage.

 

Soutien aux entreprises

 

Afin de faire face à la crise actuelle, l’Etat et la Région Grand Est proposent plusieurs solutions pour les entreprises.

 
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