Intervention de Christophe Choserot en ouverture de Séance

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Nous sommes réunis 2 jours pour débattre autour du Budget 2021, dernier budget, avant les échéances régionales. Un budget en pleine crise sanitaire où, plus que jamais, les collectivités doivent être des acteurs du quotidien. Un budget qui doit préparer l’après parce qu’après la pluie, l’orage et la tempête viendra le beau temps. Un budget qui doit être un budget de relance. Mes chers collègues, il nous faut être au rendez-vous.

 

Un budget global qui est en forte progression : + 25% depuis 2016. Nous sommes passés d’un budget global en 2016 de 2,5 milliards d’euros à 3,4 milliards d’euros aujourd’hui. Preuve si besoin est, que le gouvernement n’a pas abandonné les territoires. L’action de l’État permet aujourd’hui à la Région de disposer de moyens considérables. Ce budget en forte progression est une réponse claire et massive aux critiques que nous avons pu entendre pendant tout ce mandat de votre majorité, du groupe rassemblement national ou du groupe socialiste. Mes chers collègues non, définitivement non, l’État n’a pas abandonné les territoires.

 

Il est temps aussi, Monsieur le Président, à travers ce dernier budget de tirer le bilan de votre mandat.

 

Hors sol, je sais que ce terme vous agasse mais je continue encore plus aujourd’hui qu’hier de l’affirmer, la collectivité régionale est hors sol. Notre collectivité est éloignée, coupée des territoires, des acteurs et des habitants. Vous n’avez pas réussi à donner du sens à nos politiques, à créer une unité Grand Est, à faire Région Ensemble !

 

Nous avons aujourd’hui une organisation cohérente. Une Région Grande Est avec en son sein une Collectivité Européenne d’Alsace, différentiation intelligente qui permet de répondre à une histoire et à un désir d’Alsace. Fusion de 2 départements, avec les compétences d’un département et quelques autres transférées par l’État. Ni plus, ni moins. Le problème de cette Région, ce n’est pas la géographie mais l’absence de politique territoriale.

 

Je crois, mes chers collègues, à l’espace Grand Est. Je crois à sa pertinence, à sa force et à sa puissance. Mais, pour nous et pour les habitants, je crois que nous pouvons avoir cette Région en ordre de bataille pour répondre à leurs problèmes du quotidien.

 

Vous accusez l’État de déclaration en déclaration d’être centralisée, mais vous appliquez à la lettre un centralisme régional. Vous mettez en œuvre ce que vous dénoncez.

 

Sur les chaines d’information en continue, où vous êtes devenu l’invité quasi permanent, vous avez déclaré, je cite « la concertation de l’État est trop descendante, c’est de l’information ». Or, c’est exactement ce que vous faites avec les territoires. Le Président Rottner reproche donc à l’État de faire ce que lui-même pratique avec excellence dans le Grand Est.

 

Autre échec, le développement économique, la mobilisation économique, une des premières compétences de la Région. Vous avez fait depuis 2016, ce que j’appelle de la littérature économique. De beaux schémas, de grandes déclarations, un Business Act. Toutes ces stratégies nous y avons d’ailleurs énergiquement contribué, nous les avons soutenus, parce que nous pensons que la Région est la collectivité de la stratégie. Mais au final, les mots sont restés des mots et les actions bloquées dans les chapitres de vos schémas.

 

Nous observons une absence de gouvernance et pire une absence de budget : moins de 7% de notre budget est consacré à la mobilisation économique. C’est trop peu, infiniment peu, ridiculement peu. Contradiction frappante entre vos mots et vos actions !

 

Et que dire de la jeunesse, de la vie étudiante, de l’éducation, priorités absolues. Nous mesurons aujourd’hui durant cette crise sanitaire la souffrance de la jeunesse. Je salue d’ailleurs les annonces du Président de la République à Saclay : 2 repas par jour à 1€, le chèque-Psy pour les étudiants en détresse.

 

Et vous Monsieur le Président que faites-vous ? Je vous ai entendu ce matin, mais moi je lis le budget : vous baissez de 7 millions d’euros le budget jeunesse : -26%. Vous ne proposez dans ce BP aucune mesure concrète pour les étudiants. La vie étudiante est absente de nos politiques et vous baissez encore les crédits de fonctionnement dans les lycées, au moment précis où, justement, nous devons les augmenter.

 

Les augmenter pour accompagner les lycéens en décrochage, les augmenter pour renforcer l’encadrement dans les lycées. D’ailleurs, ce que font toutes les villes dans leurs écoles, vous faites l’inverse dans nos lycées.  Nous demandons, Monsieur le Président, un vrai grand plan Jeunesse pour cette Région Grand Est.

 

Pour finir, j’ai envie de dire qu’il est temps. Il est temps aujourd’hui d’ouvrir un nouveau chapitre de la Région Grand Est. Il est temps aujourd’hui de vous enlever la plume et de laisser à d’autres le soin d’écrire ce nouveau chapitre.

Je vous remercie

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget Primitif 2021

Monsieur le Président,

 

En 2021, plus que jamais, notre budget régional est déterminant pour œuvrer et intervenir au plus près des territoires, de la vie quotidienne bouleversée de nos concitoyens et pour amortir les effets d’une crise sans précédent qui paralyse l’activité de notre planète, de l’Europe, de la France et de notre Région Grand Est.

 

Dans ce contexte inédit, tous les moyens stratégiques et financiers sont déployés en Europe, en France et dans nos collectivités territoriales pour agir avec force contre les effets dévastateurs de cette crise. Dès 2020, le gouvernement français a mis en œuvre des dispositifs d’envergure pour en amortir les conséquences économiques et sociales et déploie au plus près des territoires des plans de relance pour accélérer et amplifier le rebond de nos économies.

 

Il a clairement identifié le rôle essentiel des collectivités territoriales, particulièrement des régions, à prendre part aux actions de relance mises en place et les oblige par une territorialisation des dispositifs à plus et mieux de proximité dans les politiques contractualisées à venir.

 

Notre budget régional 2021 aurait dû subir la double peine des effets de la crise et, de facto, des baisses drastiques de nos ressources en fonctionnement et en investissement. Au constat, il n’en est rien. Bien au contraire : il est en augmentation de plus de 7% par rapport à 2020, soit un montant de 3.4Mds d’euros. Quand bon nombre d’élus se sont émus du désengagement de l’État auprès des collectivités, il y a là la démonstration très concrète du contraire. En effet, le gouvernement a fait le choix, par la signature de l’accord de méthode État-Région de juillet 2020, de sécuriser et de stabiliser nos ressources par la suppression de la part régionale de la CVAE et son remplacement par une fraction de TVA. C’est inédit. Pour le Grand Est, cela représente plus de 660 millions d’euros de recettes sécurisées et stabilisées pour 2021. Et ce n’est pas là, Monsieur le Président, qu’une question de bonne gestion comme vous l’indiquez.

 

Mais je le rappelle ici, et j’aurais aimé peut-être vous l’entendre dire, que là le gouvernement a fait le choix d’être au chevet des régions et nous allons le démontrer véritablement tout au long de cette séance plénière.

 

Nous observons également une progression des recettes d’investissement par rapport à 2020, qui s’explique encore et à nouveau par l’engagement du gouvernement dans le cadre du plan de relance mais aussi, c’est à souligner pour tous ceux qui doutent de l’action de l’Europe dans nos territoires, par un très gros volume de fonds européens qui nous est alloué : 340 millions d’euros inscrits à ce budget qui  proviennent certes, de la fin de la programmation 2014-2020 pour plus de 224 millions d’euros qu’il nous fallait inscrire en urgence pour ne pas avoir de dégagement d’office en la matière, mais surtout compter sur l’ensemble du plan de relance européen et de REACT EU, de FEADER relance, du Fonds de Transition Juste, en tout cas tous les fonds européens leviers qui concourent véritablement au rebond et à la relance dans notre territoire.  

 

Toutefois, Monsieur le Président, nous dénonçons à nouveau - je le fais chaque année, j’ai l’impression de me répéter mais je le redis ici - votre farouche détermination à toujours vouloir diminuer les dépenses de fonctionnement. En cette période si particulière, plus que jamais, nos territoires ont besoin en fonctionnement de l’action de la région. Ces dépenses de fonctionnement sont des amortisseurs sociaux qui concourent à accompagner et à redonner de l’espoir et de la confiance à nos concitoyens, nos associations et nos forces vives en Grand Est. Elles financent toutes les actions de proximité que nous pourrions engager. Je crois que c’est exactement ce que le Premier Ministre est venu dire à Colmar samedi dernier : le constat, malheureusement, dans nos périmètres régionaux du trop peu de proximité des politiques publiques et il est bien évident qu’il s’agit de corriger cela. En tout cas, je le souhaite pour notre Grand Est pour les années à venir.

 

Alors, Monsieur le Président, nous saluons le volume du budget 2021 garanti par l’État et les choix du gouvernement qui doit permettre d’agir au plus près de nos concitoyens, en réalité de leurs besoins, en territorialisant nos politiques publiques. Pour autant, bien évidemment à l’issu de ce salue de ce volume budgétaire, nous ne manquerons pas de commenter, de faire des propositions dans chacune des déclinaisons budgétaires, commission par commission auxquelles nous allons procéder tout au long de cette séance plénière.

Intervention de Rachel Thomas sur le Contrat de Plan État-Région 2021-2027

La construction de cette nouvelle génération de CPER est un acte politique majeur pour notre collectivité régionale et engage l’État et la Région à agir conjointement sur des projets partagés pour la période 2021-2027 au service de la relance et au service de nos territoires et de nos concitoyens.

 

Cette étape de contractualisation qui résulte de l’Accord de partenariat État-Région signé en septembre 2020 intègre deux points : le co-pilotage et la distribution des crédits déconcentrés pour le plan de relance et un accord sur la nouvelle génération de CPER.

 

Cet accord de partenariat indique également que l’État et les régions investiront chacun au moins 5 milliards d’euros de plus que les CPER précédents au niveau national. Cela est de bon ton pour la relance. Le partenariat me semble solide, prospectif pour les années à venir et surtout, effet levier pour tous les autres moyens mobilisés et particulièrement sur les fonds européens bien évidemment.

 

Pour autant, la construction de ce CPER en Grand Est nous interroge. A cette étape, vous l’avez rappelé, c’est une nouvelle façon de procéder puisque nous sommes que dans le temps de l’Accord cadre mais il y avait plutôt une habitude de consultation des territoires, particulièrement des conseils généraux, maintenant conseils départementaux, de manière à les informer de la démarche afin qu’ils puissent annoncer leurs futurs projets en préparation, dans les tuyaux, et qui pourraient en finalité être accompagnés par cette contractualisation.

 

Nous déplorons également ce que j’ai appelé « la coquille de préparation » dans ce document - qui n’en porte pas préjudice mais elle est quand même à souligner puisque nous a été présenté tout d’abord un CPER intégrant l’accord de relance, le CPER contractualisé et le CPER non libre d’emploi, où sur ce CPER non libre d’emploi, il y avait une absence de la Région. En commission des Finances, Monsieur le Vice-Président nous indique avoir retrouver 1.2 Mds d’euros de la part régionale sur cette ligne particulière, ce qui porte un CPER à plus de 4.8Mds d’euros. Je ne peux qu’en être satisfaite mais c’est plutôt sur cette question d’impréparation parce c’est quand même assez particulier de découvrir cela la veille pour le lendemain tenant compte d’un document aussi stratégique pour la Région et notre groupe aurait aimé, souhaité que cette présentation puisse bénéficier à toutes les commissions. Nous avons bénéficié de la présentation du Plan Hydrogène le mois précédent pratiquement dans toutes les commissions. Un document aussi stratégique qu’un CPER et aussi complexe dans sa construction, je ne le nie pas, pour cette nouvelle génération intégrant plusieurs dispositifs aurait mérité sûrement dans chacune de nos commissions une présentation bien particulière.

 

Et sur le 3ème point, la volonté du gouvernement est de territorialiser, c’est le 2ème temps à venir, ce plan à disposition des territoires. Je le dis à nouveau, Monsieur le Président, la territorialisation des politiques publiques ne fait pas partie de votre ADN. Nous le soulignons à chacune de nos interventions, nous venons à nouveau de le reformuler ici. Ces interpellations, nous ne devons pas avoir les mêmes, nous remontent très fréquemment des élus de nos territoires. Je souhaite que cela soit corrigé, l’essentiel étant que la Région agisse au plus près.

 

Tenant compte de tout cela, Monsieur le Président, notre groupe sur un document aussi stratégique demande véritablement pour toute la suite de la transparence sur la méthode, des points d’étapes fréquents et d’être associés aux différents temps sur les territoires pour tous les élus, bien évidemment, et faire en sorte surtout que chacun de nos territoires bénéficie d’une juste répartition territorialisée des crédits alloués à leurs projets.

 

Je vous remercie.

Intervention de Christophe Choserot sur le Contrat de Plan État-Région 2021-2027

Ce document est stratégique, donc il doit être absolument partagé. Nous avons juste déploré, et je crois que c’est important, de découvrir le document à la dernière minute.

 

Je pense qu’il aurait été utile de pouvoir le partager par exemple, comme vous avez déjà pu le faire, en commissions réunies, avoir un dialogue en amont dans les commissions, engager en amont un dialogue avec les territoires.

 

Je ne vais pas revenir sur le mois de juin 2015 et dire ce qu’on avait fait, c’est votre avis, ce n’était pas tout à fait exact.

 

Ce que je veux dire aussi, ce CPER et ces plans de relance sont la traduction même de la pertinence et de l’utilité de la Région Grand Est et de son périmètre.

 

Moi j’en appelle aujourd’hui à très vite engager ce dialogue qui n’a pas encore eu lieu pour justement pouvoir additionner tous les potentiels, que ce soit dans le domaine de l’innovation, de la recherche, dans l’attractivité, dans la compétitivité mais il faut absolument engager ces dialogues-là avec les métropoles, les départements mais aussi avec les élus du Conseil Régional.

 

Et puis, pardon, mais apprendre la veille pour le lendemain, qu’1.2Mds d’euros arrivaient dans ce CPER – ce n’est pas une paille, c’est quand même ¼ de l’ensemble des finances, montre quand même une certaine impréparation.

 

Nous vous demandons simplement de réengager un vrai dialogue avec l’ensemble des élus régionaux mais aussi l’ensemble des élus dans nos territoires.

Intervention de Rachel Thomas sur le Contrat de Plan État-Région 2021-2027

Le 29 juin 2015, c’est un certain Manuel Valls, 1er ministre, qui a signé le CPER aux côtés de Jean-Pierre Masseret en Lorraine.

 

Nous aurions souhaité que samedi, comme Monsieur Muselier, vous signiez avec le 1er ministre l’Accord de relance et l’Accord de préfiguration du CPER. Cela aurait véritablement été un levier pour notre région et tenant compte de tout cela, nous votons pour le CPER et pour le CPIER.

 

Je vous remercie.

Intervention de Christophe Choserot sur le Budget Jeunesse

Comme nous sommes en débat libre, je vais sortir de l’intervention préparée pour pouvoir réagir très rapidement à ce que j’ai pu entendre. Déjà, aux propos introductifs de Valérie Debord, lui dire deux choses.

 

La première chose sur la question de la territorialisation. Ce mot lui est tellement étranger qu’elle n’arrive même pas à le prononcer. Quand nous parlons de territorialisation, et nous en parlons depuis le début de ce mandat-là, vous nous répondez « Maisons de Région et recrutement d’un agent ». Je pense que vous n’avez pas compris quel était le but d’une déconcentration des politiques, d’une territorialisation des politiques. Je pense que l’on en est assez loin.

 

Sur les 58.9 millions d’euros, je suis attristé de me rendre compte que vous me prenez pour un imbécile sur ce coup-là. Il suffit de lire votre rapport et c’est clairement inscrit sur la page 6 du rapport, c’est les mesures « un jeune, une solution », avec l’appui financier de l’État qui s’élève à 58.9 millions d’euros donc ce n’est pas une mesure supplémentaire de la Région, c’est la mise en œuvre d’une politique de l’État.

 

Sur les politiques jeunesse, je connais bien Cédric Chevalier et je connais la sincérité de son action et de ses propos. Je rejoins assez facilement ce qu’Hélène Colin vient de dire. On n’a aucun axe nouveau et je crois qu’on n’a pas su s’adapter à la situation exceptionnelle de crise sanitaire.

 

Alors, pardon, nous ne sommes que des conseillers régionaux de l’opposition, donc nous étudions ce que la majorité nous donne à étudier pour analyser un budget. Qu’est-ce que l’on voit ? On voit un budget pour la jeunesse qui est en baisse de 7 millions d’euros. Nous regardons les autres budgets aussi. Nous voyons l’enseignement supérieur qui est en baisse, nous voyons les formations sanitaires et sociales qui passent d’un budget de 103 millions à 106 millions d’euros dans une période de crise sanitaire exceptionnelle donc on regarde ce que l’on nous propose et puis derrière cela, on a ce matin, Monsieur le Président, une annonce d’un grand plan de vie étudiante donc on a besoin là aussi de clarifications.

 

En l’état, à l’analyse des dossiers et des documents que vous nous avez passés, force est de constater qu’il n’y a pas un enthousiasme débordant de notre part, même si je le redis, je connais la sincérité de votre action Monsieur Chevalier, mais on renouvelle ce qui existait. On aurait pu s’attendre à ce moment précis à avoir quelque chose d’un peu plus innovant, qui s’adapte. Je crois que c’est cela aussi faire de la politique : être en capacité de s’adapter au moment présent donc pour toutes ces raisons, comme le groupe socialiste – je sais Monsieur le Président, j’ai le cœur socialiste, vous l’avez rappelé tout à l’heure – nous nous abstiendrons sur ce budget.

Après les propos introductifs de Madame Debord, nous avions plus envie de voter contre que de s’abstenir mais j’ai bien entendu les propos de Monsieur Chevalier et vos propos Monsieur le Président autour du plan que vous souhaitez mettre en œuvre, donc en vous écoutant, nous avons choisi de voter pour ce budget en étant très attentifs à la déclinaison des annonces que vous avez faites Monsieur le Président.

 

Donc le groupe « Les Progressistes » vote pour ce budget.

Intervention de Diana André sur le Budget Formation Professionnelle

Des nouveaux métiers, une situation sanitaire difficile, la nécessité de coordonner toutes les actions, de construire avec différents partenaires afin de mettre en œuvre une stratégie efficace… tels sont les enjeux aujourd’hui.

 

On voit apparaitre de nombreux dispositifs qui, pour démontrer leur efficacité, demandent pour coller au plus près des besoins repérés sur les territoires une évaluation précise afin de les modifier ou de les réorienter pour une meilleure adéquation au public ciblé ou à tous les publics.

 

Il convient également de se garder de prioriser la digitalisation des formations au risque d’isoler et d’accroitre la fracture sociale.

 

Justement, en évoquant ces publics, il manque d’une façon claire dans votre rapport - même si Madame Marchet l’évoque aujourd’hui dans son propos - un accompagnement spécifique dédié au repérage et à l’accompagnement en formation professionnelle de ceux qu’on appelle « les invisibles » qu’ils soient jeunes ou moins jeunes.

 

Ils sont nombreux, ceux qui n’ont pas accès aux dispositifs que la Région a mis en place pour tous ceux qui sont connectés, aussi pertinents soient-ils.

 

Certaines associations sur le territoire travaillent à les identifier, surtout en ce qui concerne les jeunes. Mais il y a tous les autres, de tous âges. C’est compliqué, et pour se faire, la Région a peiné à s’y intéresser.

 

Vous dites vouloir accompagner les initiatives de terrain : il n’est que grand temps, enfin ! Il faut pouvoir suivre ensuite ces invisibles avec plus de pertinence.

 

L’information aux différents métiers se veut adaptée au public captif et déjà repéré, jeune ou moins jeune. Au-delà, il y a de nombreuses actions mises en place par l’Etat. On pense par exemple à « un jeune, une solution » que vous dites vouloir accompagner.

 

Il faut en effet investir dans l’information plus large et en s’en inspirant pour aller chercher tous ceux plus âgés, perdus de vue, femmes et hommes qui sont éloignés de tous dispositifs de droit commun, tous ceux qui sont dans la précarité, qu’elle soit numérique ou sociale, pour les connecter ou les reconnecter au monde du travail et se faisant, pour une insertion réussie au sein de notre société. C’est cela aussi qu’on appelle « faire société ». La cohésion sociale est à ce prix.

 

Tout ou grande partie de l’information que vous mettez en œuvre passe par le numérique. Vous évoquez e-learning, plateformes, mode pédagogique à distance et interactif, outils informatiques… Or, ce n’est pas l’idéal, vous devriez en convenir, quand les territoires sont encore impactés par les difficultés de connexion et l’électronisme qui frappe beaucoup de nos concitoyens.

 

Le présentiel est essentiel pour motiver et apprendre à construire, à se construire ou à se reconstruire, car c’est aussi cela la proximité qui manque singulièrement dans la politique au plus près des concitoyens.

 

Nous prenons acte de votre volonté en la matière mais cela ne figure pas explicitement dans votre rapport et donc à fortiori aucune ligne budgétaire ne figure à ce sujet. C’est beaucoup trop vague.

 

Oui, il y a beaucoup à faire pour ne pas laisser à la solitude ces publics empêchés par de nombreuses raisons. C’est aussi à ce devoir de proximité que doit s’atteler urgemment notre collectivité.

 

Pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons sur ce dossier. Je vous remercie.

Intervention de Diana André sur le Budget Lycées et Apprentissage

Monsieur le Président,

 

Vous nous présentez un programme que vous dites ambitieux pour les lycées. Mais en y regardant de plus près, douche froide d’emblée : on constate une diminution de 600 000€ de la dotation de fonctionnement.

 

Au regard du budget que vous qualifiez d’une importance inégalée, il y a un décalage certain entre les volontés affirmées et certaines de vos décisions, incompréhensibles comme celle qui se chiffre à une poignée d’euros par lycéen mais combien importante pour les projets de proximité.

 

Cette réduction à la contribution des activités pédagogiques, non obligatoires certes, est un indicateur de l’intérêt que vous pourriez trouver dans les différents projets qui ne sont pas issus de vos appels divers sur vos sujets imposés.

 

Vous parlez d’exigence de rigueur dans le fonctionnement, on ne peut être que d’accord Monsieur le Président, mais là n’est pas l’endroit pour l’appliquer à la lettre d’une façon aussi inappropriée.

 

La gestion du personnel est aussi sujette à interrogation avec, constatées sur le territoire, des tensions relationnelles et des suppressions de postes petit à petit.

 

L’éducation est la priorité des priorités dit-on.

 

Cette année 2021 est singulière et marquée par une crise sanitaire sans précédent qui impacte le cursus scolaire des lycéens. Pourtant, à la lecture de votre budget, on ne retrouve pas identifiée cette priorité éducative qui devrait être notre priorité, totalement noyée par ce que vous appelez votre « budget vert » qui devient votre étendard.

 

Beaucoup de nos lycéens connaissent un décrochage dramatique, eu égard aux conditions d’apprentissage rendues difficiles par cette situation inédite.

 

Le dispositif Lycées 4.0 n’est pas suffisant pour être l’alpha et l’oméga de tout accompagnement, l’enseignement en présentiel étant toujours plus adapté et plus efficace. Le lycée 4.0 est d’ailleurs toujours en attente d’évaluation comme la plupart de vos politiques.

 

Les difficultés de connexion sont nombreuses et empêchent des relations de qualité avec les établissements.

 

Dans ce budget, nous ne voyons pas en effet, des accompagnements des mécanismes de soutien spécialement ciblés pour les élèves décrocheurs.

 

Ne sont pas évoquées les conséquences ressenties sur le terrain, par les élèves et leurs enseignants dans un domaine qui est pourtant de notre compétence.

 

Vous devez entendre les remontées du terrain, issues des personnels toute catégorie confondue et des familles. Elles devraient contribuer à engager une réflexion approfondie pour donner réponse à tous les problèmes identifiés.

 

Finalement, vous restez sur la même ligne qu’en 2020, comme si la situation actuelle n’avait pas impacté la marche en avant que vous avez initié.

 

C’est un budget qui manque singulièrement de pertinence et sans réelle dimension éducative ambitieuse. C’est pourquoi sur ce rapport, nous nous abstiendrons.

 

Je vous remercie.  

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget Sport

Monsieur le Président,

 

Monsieur Hory a parfaitement présenté le budget qui est plus transparent et qui répond à une partie de nos questions que nous souhaitions poser.

 

Pour autant, rappelé ici par l’ensemble de nos collègues, le sport, en plus d’être un enjeu économique et un facteur d’attractivité, est un puissant vecteur de cohésion sociale dans nos territoires et qu’il s’agit de conforter et d’amplifier sa pratique par tous et pour tous dans tous les territoires du Grand Est et particulièrement en ces temps difficiles. Elle nous manque tant cette pratique. Gageons que dès la fin de cette pandémie qu’on souhaite la plus rapide possible, l’ensemble de nos concitoyens se précipitent dans les clubs de nos territoires, gages de leur bien-être et de leur santé.

 

Toutefois, Monsieur le Président, puisque vous voulez un débat direct, tenant compte de cette situation liée à la crise Covid, nous aurions souhaité bénéficier dans ce budget sport d’un plan d’accompagnement spécifique aux clubs dans tous nos territoires, nos clubs de proximité, accessibles à nos concitoyens, sources de bien-être et de dynamisme et qui sont en grande souffrance - cela vient d’être rappelé : pertes de licenciés, de sponsors et pour certains de ces clubs, c’était l’entreprise voisine, c’était le chèque de contribution annuelle et véritablement ces clubs de proximité sont en grande difficulté pour un certain nombre, même si, bien sûr, communes et intercommunalités y regardent avec beaucoup d’attention et seront, je le souhaite, en soutien.

 

Mais, il aurait été aussi important peut être que nous regardions cela dans une territorialisation de nos politiques publiques, d’une attention très particulière à nos clubs en proximité donc je regrette de ne pas découvrir cela dans notre politique publique. Cela aurait pu être un nouveau plan. Nous avons plutôt une politique sportive en faveur des grands clubs et des grandes fédérations qui font le rayonnement de notre Région Grand Est, incontestablement.

 

Mais n’en demeure pas moins que ces clubs, auxquels chacun et chacune des élus je ne doute pas participent bénévolement, sont véritablement en grande difficulté pour un certain nombre et nous aurions pu, nous souhaiterions en tout cas, que pour l’année 2021, nous puissions corriger ce budget et y porter une attention particulière.

 

Et comme vous souhaitez un débat direct Monsieur le Président, je suis très attachée à la Fédération de Tennis du Grand Est, fortement engagée dans des clubs. Il se trouve que cette fédération s’est regroupée dans une fédération régionale Grand Est en 2018 et qu’aujourd’hui, malheureusement, l’Alsace souhaite se retirer après de grands efforts, un temps long de constitution. Je voulais connaitre votre avis à ce propos parce que je trouve que le travail qui avait été mené était intéressant et que là, d’un coup d’un seul, pour différentes raisons, il risquerait d’y avoir une séparation et une ligue Alsace indépendante.

 

Votre avis sur cette question, si vous me l’autorisez ? Je vous remercie.  

 

Intervention de Christophe Choserot sur le Budget Engagement et Citoyenneté

Monsieur le Président,

 

L’intervention du Rassemblement national me fait encore sortir de l’intervention que j’avais préparée.

 

Je voudrais dire à Madame Zuber que tout ce qui va dans le sens de la démocratie participative, coopérative, ou participation citoyenne - appelons-le comme on veut - nous va bien.

 

Je crois qu’on ne peut plus faire de la politique comme on faisait de la politique il y a encore une vingtaine d’années. Les habitants ne souhaitent plus être des spectateurs de la vie politique mais souhaitent vraiment être des acteurs de la vie politique. Donc, il faut les associer sur tous les projets, les grands projets et les petits projets.

 

Je suis très favorable par exemple à ce que vous proposez : les financements participatifs qui participent aussi d’ailleurs à une forme de territorialisation.

 

Je crois que la participation citoyenne peut rapprocher les habitants de la région et peut repousser ou être une réponse aux critiques des fois des régions trop grandes, même si c’est des propos tenus à titre personnel.

 

Et c’est ça qui est la force de la Région. On a une Région qui est capable de porter des grandes stratégies sur un grand espace et puis avec des politiques de participation citoyenne, coopératives, participatives, on peut être très proche des habitants.

 

Sur les associations, je suis un défenseur de l’éducation populaire. Je crois que l’éducation, ce n’est pas simplement le rôle de l’école. L’école joue un rôle important, Monsieur le Président, on est d’accord mais on apprend aussi à travers l’éducation populaire, on apprend aussi à travers les associations, les clubs.

 

Moi je veux dire au Rassemblement national que les associations sur ma commune font un travail extraordinaire, au plus proche des habitants, de solidarité, d’éducation, d’accompagnement et donc je crois qu’il faut soutenir les associations d’éducation populaire parce qu’elles font un travail d’éducation bien sûr mais aussi d’accompagnement des populations sur les territoires.

 

Madame Zuber, peut-être un reproche si vous me le permettez. Sur la politique associative, je crois qu’on a besoin de simplification. Je vois à titre d’exemple, des associations sur mon territoire qui quelques fois, sur des demandes de région ont besoin de remplir des dossiers extrêmement compliqués. Donc nous demandons un peu de simplification, être présents, proches des associations.

 

Je n’avais pas prévu de dire ça mais je le dis. Madame Zuber, nous voterons votre budget.  

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget Relations Internationales et Transfrontalières

Monsieur le Président,

 

Par ce budget 2021, vous nous traduisez la feuille de route annuelle des relations internationales et transfrontalières du Grand Est. C’est un enjeu majeur pour notre région, première région transfrontalière de France - et cela concerne un grand nombre de nos territoires et départements - qui a historiquement, géographiquement, économiquement une ouverture transfrontalière et européenne essentielle qu’elle revendique à raison.

 

L’ensemble de nos compétences, en économie, en innovation, en recherche, en formation professionnelle, en mobilité, en transport et en aménagement global des territoires sont des leviers essentiels au co-développement transfrontalier et cela n’échappe à aucun territoire. Pour preuve, nos différents schémas établis depuis de nombreuses années intègrent parfaitement la dimension transfrontalière de nos compétences en Grand Est.

 

Notre région a ainsi de forts moyens d’actions, pour être sur son territoire une collectivité moteur, en charge d’élaborer un ensemble de partenariats et une politique transfrontalière globale et équilibrée qui couvre toutes les problématiques sur l’ensemble de l’espace de coopération.

 

De plus, le Grand Est a la responsabilité de mise en œuvre des fonds européens qui nous sont alloués. C’est un atout complémentaire qui lui permet de bénéficier d’une vision stratégique élargie et d’une capacité d’action renforcée.

 

Bien sûr que toutes les actions doivent être menées avant tout pour améliorer le quotidien des citoyens de cet espace à partir de la réalité des territoires et pour pérenniser les axes de progrès.

 

Ainsi, nous considérons, Monsieur le Président, que la feuille de route présentée mérite encore d’être solidifiée, complétée. Il reste beaucoup à faire en la matière et nous nous y associons pleinement.

 

Nous serons aussi très attentifs, Monsieur le Président, à l’évolution de la dynamique de la Maison Grand Est Europe pour laquelle nous avons apporté notre soutien lors de la dernière Séance plénière. Et ceci dans un objectif qui est posé : la recherche de fonds complémentaires européens au-delà de nos fonds alloués de base de manière à bénéficier de fonds effets de levier qui permettront d’alimenter, de compléter les grands chantiers concernant la relance économique, le rebond nécessaire et surtout les chantiers posés.

 

Je lisais que certaines régions de France avaient pu bénéficier au-delà de leurs fonds alloués de base de fonds complémentaires à l’image de Monsieur Muselier qui indiquait avoir pu bénéficier, grâce à une recherche très active, de 4Mds d’euros complémentaires pour la mandature qui vient de se passer au-delà de ses fonds de base et qu’il souhaitait pour la nouvelle mandature pouvoir bénéficier de 10Mds d’euros complémentaires aux fonds qui lui sont alloués. Je crois qu’il met tout en œuvre.

 

La Maison Grand Est Europe doit répondre à cela – je le souhaite, nous y serons très attentifs, en tout cas nous y avons apporté tout notre soutien.

 

Je vous remercie.

Intervention de Christophe Choserot sur le Budget Développement économique

André Reichardt a presque dit tout ce que je voulais dire, sauf la fin sur le contrat de relance pour la Collectivité Européenne d’Alsace.

 

Chacun l’a dit également, on est dans un moment particulier. On sait que la crise sanitaire va avoir des conséquences dramatiques et tsunamiques sur la crise économique, la crise sociale et donc l’emploi.

 

Le développement économique, Monsieur le Président, est une des premières compétences de la Région. Je reste toujours sur une stratégie simple : court, moyen et long terme.

 

Sur le court terme, personne ne l’a dit donc je vais le dire, on peut quand même saluer l’action de l’État et du gouvernement dans cette période de crise où l’économie a été mise sous perfusion. D’ailleurs la Banque de France a rendu un rapport récemment où elle fait l’état finalement de peu de faillites parce que la puissance publique a été présente, parce que nous avons également correctement négocié au niveau européen avec le plan de relance européen. Donc nous avons réussi le court terme et je dois le dire, la Région a accompagné, avec d’autres collectivités locales également, cette situation d’urgence.

 

Je crois que maintenant il faut qu’on travaille sur le moyen et long terme.

 

Le moyen terme, même si ce budget-là sera pour demain, je crois qu’on ne peut pas parler de développement économique sans parler d’innovation. Je crois que nous avons un effort conséquent à faire, et nous en parlons souvent en commission innovation, d’ailleurs un des sujets souvent abordés, je reviens souvent dessus, c’est l’innovation dans nos TPE/PME, celles qui sont très loin des territoires, je pense qu’il faut avoir un travail très précis, de dentelle, pour aller à la rencontre de ces entreprises-là parce qu’elles ne viendront pas vers nous. Elles ne savent même pas que le SRDEII et les agences existent. Il faut vraiment aller les chercher, les diagnostiquer et faire en quelque sorte un plan d’action. Ce que vous avez fait avec l’usine du futur, je pense qu’il faut le refaire sur les questions d’innovation.

 

Et puis le long terme c’est placer les grandes stratégies de développement économique.

 

Sur le mot que j’ai employé ce matin, Madame Héliot-Couronne, de « littérature économique », André (Reichardt) et Pernelle (Richardot) viennent finalement d’y répondre. C’est-à-dire qu’on a écrit beaucoup de schémas : le SRDEII, le SRESRI… Mais ce qui reste important maintenant, c’est la mise en œuvre de ces schémas.

 

A l’issue de l’écriture de ces schémas, on a basculé sur un Business Act et votre Business Act - pour lequel nous avons apporté une contribution - a un rôle de centralisation.

 

Alors comprendre dans ce mot de centralisation, non pas un reproche, c’est une approche centralisée. Je pense que cette centralisation du Business Act est légitime mais on doit aussi accompagner par des mesures plus proches des réalités des entreprises, TPE, PME, artisans là où ils sont. Il faut vraiment aller les chercher.

 

Sur le budget, je l’ai dit ce matin, je ne vais pas dire l’inverse, il est infiniment petit. Sur le développement économique, c’est 3% du budget général. Alors même si ça peut faire un effet de levier, il manque quand même, en termes de moyens, un certain nombre de choses.

 

Ce mot de littérature économique, c’est des stratégies posées, des visions travaillées que nous avons accompagnées, je ne réfute pas cela. Maintenant ce qui nous manque, et c’est aussi cela le rôle d’une opposition – le rôle de l’opposition : nous n’avons pas toujours raison et vous n’avez pas toujours tort et inversement – c’est aussi vous alerter sur ce qu’on ressent, et moi je vous fais passer ce message-là : quand je rencontre des entreprises – vous en rencontrez également j’en suis sûr – elles me semblent à des années lumières de ce que l’on peut discuter donc on a un besoin de territorialisation, d’être au plus proche du territoire, de territorialiser les accompagnements d’entreprises, l’innovation dans les entreprises, de travailler sur l’export…

 

Voilà les quelques mots que je voulais vous livrer, c‘était l’explication Madame Héliot-Couronne de la question du développement économique mais je suis assez d’accord avec vous : l’humilité sur ces questions-là il faut toujours l’avoir bien en tête, personne n’a la solution magique. Le travail qui est fait - je connais les conditions de Madame la présidente de la Commission et de la Vice-présidente en charge de cela - c’est un travail qui est difficile donc nous ne voterons pas contre le budget, nous allons nous abstenir sur ce budget de développement économique.

Je voudrais dire à Madame la Vice-présidente Lilla Merabet que notre abstention n’est pas une défiance à ce qu’elle a présenté. Je sais qu’elle travaille, qu’elle travaille beaucoup.

 

Sur le Business Act, sur les schémas, je ne vais pas les renier, ce n’est pas la question, nous y avons participé.

 

Quand je parle de littérature – j’ai un grand respect pour la littérature. Ce que nous pointons et notre abstention est sur le budget trop faible - et on travaille d’ailleurs pour elle pour lui augmenter son budget – et sur notre inquiétude – et c’est le rôle de l’opposition – de la mise en œuvre sur le territoire.

 

Notre abstention n’est basée que là-dessus.

Intervention de Christophe Choserot sur le Budget Innovation, Enseignement supérieur et Recherche

Lilla Merabet a raison de rappeler l’importance de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. On le sait, ce sont des champs tellement essentiels pour le développement économique et l’attractivité de notre territoire.

 

Nous devons non seulement être présents sur ces thématiques mais impulser une dynamique que j’appellerai forte, volontariste et ambitieuse.

 

On le sait les universités constituent une richesse pour notre région, elles doivent être soutenues, j’ai envie de dire presque choyées, parce qu’on sait que les mines du XXI siècle, Monsieur le Président, dans notre région seront des mines de matière grise.

 

Le Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a précisé notre stratégie et finalement ce que la Région attend de ses universités, de ses établissements de recherche et d’enseignement.

 

La recherche c’est le carburant de l’innovation et l’innovation c’est le moteur de la compétitivité des entreprises.

 

Grégoire Eury je pense, se trompe quand il nous dit que le budget recherche est trop orienté vers l’innovation. C’est, je pense, justement le rôle d’une région. La compétence recherche est une compétence d’État, nationale. Si la région impulse une politique de recherche, c’est bien aussi pour créer de la valeur et faire du développement économique.

 

Le soutien à la recherche est harmonisé sur les 3 axes prioritaires du Business Act – François Werner l’a rappelé 80%. J’attire aussi votre attention sur tous les domaines de sciences humaines et sociales qui sont très importants également pour nourrir ces 3 axes du Business Act. Je propose, par exemple, sur les 20% restants d’aller explorer des filières de recherche qui sont quelques fois un petit peu hors champs, quelques fois pas dans les grands sillons des laboratoires de recherche pour faire des paris autour de la recherche.

 

Sur les orientations qui sont proposées dans ce budget, qui ont été proposées dans le SRESRI, je trouve que ça va dans le bon sens.

 

André Reichardt se trompe également, pardon de lui dire. S’il y a bien un sujet sur lequel il ne faut pas s’emparer pour expliquer que la Région Grand Est n’est pas le bon périmètre, c’est bien celui-là. Je pense que sur les sujets de recherche, d’innovation et de développement économique, la Région Grand Est est le bon périmètre.

 

Je prends juste un exemple André. Si on travaille sur la question du défi écologique, de la transition énergétique, l’addition des potentiels des 3 anciennes régions : la chimie en Alsace, les matériaux en Lorraine, l’agronomie en Champagne-Ardenne, on voit bien que l’addition de toutes ces compétences-là c’est bien le bon périmètre et il le sait. Sur les anciennes régions, les pôles de compétitivité par exemple étaient déjà à cheval sur la nouvelle région.

 

Sur l’enseignement supérieur, nous avons toujours, Monsieur le Président, une opposition sur le Pacte Grandes Écoles, je ne vais pas revenir dessus. Nous avons essayé de faire avancer cela, ça a un petit peu bougé mais ça reste encore timide. J’attends maintenant le détail budgétaire et opérationnel des annonces que vous avez fait sur la question de la vie étudiante.

 

Sur l’innovation, les politiques sont bonnes, je redis ce que j’ai dit hier sur la commission développement économique, je pense qu’il faut enclencher un plan puissant pour ces TPE/PME qui sont, vous le savez, infiniment éloignées de tout ce que nous pouvons discuter ce matin, très éloignées des schémas, de nos agences, de tout ce que vous voulez. Il faut vraiment aller à leur rencontre pour les accompagner vers le développement économique.

 

Moi j’aimerais maintenant que François (Werner) puisse nous rassurer. Nous avons envie de voter ce budget. Je crois que s’il y a un sujet qui doit faire consensus, c’est bien ce sujet de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Nous avons juste une incompréhension François, en ce moment de crise économique et en ces temps troublés, sur la baisse du budget enseignement supérieur et recherche, sur la baisse en investissement de l’innovation – les crédits en fonctionnement de l’innovation restent les mêmes. J’ai besoin François que tu puisses nous rassurer pour que nous puissions non pas nous abstenir mais voter pour ce budget-là parce que nous avons quand même une difficulté à comprendre la baisse du budget dans les champs qui sont les tiens.

 

Je vous remercie.  

Ces sujets sont infiniment sérieux. Je connais la complexité de ces sujets-là.

 

Je l’ai dit dans mon intervention : les politiques dans ces domaines-là vont dans le bon sens, j’avais juste une interrogation sur le budget. François Werner, mon collègue métropolitain, nous a apporté quelques réponses.

 

Au regard de ses réponses, nous voterons pour ce budget, Monsieur le Président.

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget Agriculture et Forêt

D’abord et comme chaque année je souhaite saluer, Monsieur le Président, le travail de la commission présidée par Patrick Bastian, accompagné des Vice-Présidents, où la recherche permanente de débats et de discussions est à l’œuvre et c’est à saluer.

 

Monsieur le Président, la crise Covid a rappelé à nos concitoyens l’importance de nos agricultures en France. Le travail de nos agriculteurs – ices a permis de garantir à tous les français pendant cette crise un accès à une alimentation saine, sûre, durable et gage de leur santé.

 

Il s’agit encore et toujours pour les agriculteurs et les agricultrices de répondre aux demandes des consommateurs et de la société à bénéficier pour se nourrir de produits locaux, frais, respectueux de l’environnement et du bien–être animal, mais surtout de permettre à tous d’accéder à une alimentation de qualité.

 

Le gouvernement, au travers de son plan de relance de 100Mds d’€, a fléché au service de nos agricultures, de nos agriculteurs et des consommateurs un montant de plus de 1.2Mds d’€ pour engager les transitions nécessaires vers un modèle agricole et forestier plus durable, plus respectueux de l’environnement et économiquement robuste.

 

A ce jour, vous nous proposez la feuille de route du budget agricole régional qui correspond véritablement aux enjeux posés depuis de nombreuses années. Ce budget sans brique - mais comme cela aussi depuis de nombreuses années - est un effet de levier aux actions des budgets de l’État, des agences de l’eau et des maquettes des fonds européens qui nous sont allouées, je parle ici du FEADER.

 

Ce budget permet de décliner l’ensemble des feuilles de route que vous nous avez proposé successivement, pour lesquelles nous avons adhéré, et d’apporter une contribution sur des enjeux stratégiques, de renforcer la compétitivité des exploitations agricoles, des industries agro-alimentaires, des entreprises forestières, d’accompagner la transition écologique. Ce que je peux dire, c’est que ce budget est véritablement en augmentation cette année.

 

Vous m’entendez chaque année dire que le budget agricole et forestier est insuffisant au regard des feuilles de routes posées, des enjeux posés dans le Grand Est. Vous le corrigez cette année, certes dans la dernière année de mandature mais c’est fait. Je le salue ici. Il va permettre d’actionner les différentes orientations à la hauteur, en tout cas il retrouve une masse de volume budgétaire à la hauteur d’autres régions de France quand on compare à la Bretagne ou ailleurs.

 

Il permet également ce budget d’apporter une correction aux actions concernant la politique forestière. Je considérais, chaque année, double peine, que la politique forestière n’était pas suffisamment alimentée en volume budgétaire. C’est fait là dans ce budget donc je tenais aussi à le saluer, ce qui va permettre d’assurer véritablement les actions qui étaient posées dans le cadre du contrat de filière il y a quelques années.

 

Nouveauté : il intègre 5 millions d’euros en faveur de la modernisation des exploitations de nos lycées agricoles et pas des lycées agricoles. Laissons la modernisation des lycées agricoles à la partie lycées, c’est déjà assez coûteux. Sur la partie exploitation agricole, la feuille de route inventorie un besoin nécessaire de plus de 50 millions d’euros dans une modernisation.

 

Rappelons ici toutes les actions qui sont menées grâce au 2ème pilier de la Politique Agricole Commune, tous les fonds européens qui nous sont alloués en délégation de gestion, je parle ici de la maquette FEADER : plus de 600 millions d’euros pour cette programmation 2014-2020 et vous allez là pour ce budget inscrire plus de 100 millions d’euros de FEADER. C’est très conséquent. Si je détaille bien, mais je n’ai pas eu la transparence comme le précise Patrick Bastian, 20 millions je suppose de FEADER relance et 80 millions de la maquette en cours, fin de programmation 2014-2020. C’est important, gageons qu’ils soient mobilisés.

 

Pour autant, Monsieur le Président, il me manque un élément important que j’aurais aimé en transversalité dans ce budget. C’est le 3ème axe. Vous l’évoquez en partie, Patrick Bastian l’évoque : c’est soutenir le modèle d’exploitation familiale. C’est le sujet du renouvellement des générations en agriculture, trop absent de ce budget. Des actions sont conduites, je ne dis pas que rien n’est fait. Je dis qu’au regard des enjeux, qui est un défi et un enjeu majeur en France et en Europe – 50% des agriculteurs vont partir à la retraite dans moins de 10 ans, c’est un nombre considérable, et pour un certain nombre ils ne bénéficient pas de repreneurs pour différentes raisons.

 

Ce départ massif et trop souvent sans reprise, ça peut être notre modèle d’exploitation familiale - auquel nous sommes attachés, et que vous définissez également, souvent sous forme sociétaire dans le Grand Est - qui pourrait être totalement bouleversé au profit d’un agrandissement encore plus marqué et la disparition de nos agriculteurs dans les territoires, dans nos villages, garants de dynamisme et d’engagement – je rappelle très fréquemment que nos agriculteurs et agricultrices sont aussi des élus, engagés dans des associations.

 

En 2015, Monsieur le Président, la Région Lorraine et Champagne-Ardenne consacraient peu ou prou plus de 2.2 millions d’euros d’engagement sur différents dispositifs en faveur du renouvellement des générations. Nous sommes aujourd’hui dans le budget à 1.1 millions d’euros dans le Grand Est pour différentes considérations, à nouveau, de remaquettage du FEADER, je ne vais pas entrer dans de la technique. Mais au regard de la situation criante de la déprise qui peut arriver, qui concernera également le Grand Est, nous aurions souhaité trouver là un engagement plus fort et plus marqué en la matière.

 

Le sujet n’est pas facile, j’en conviens, je ne voudrais pas là en ajouter mais pour autant, pourra-t-on véritablement corriger cela dans les mois à venir ?

 

Je vous remercie.  

Intervention de Christophe Choserot sur le Budget Culture

Moi ce que je voudrais dire, c’est que cette crise sanitaire nous a fait prendre conscience que finalement la culture est indispensable à nos vies.  

 

La culture aujourd’hui est à l’arrêt et les acteurs culturels souffrent infiniment, cela a été dit, compte-tenu de l’évolution du virus et les nouvelles qui nous arrivent ne sont pas rassurantes. Aucune échéance de réouverture n’a été fixée. Les professionnels et amateurs du secteur culturel ont donc aucun horizon sur cette date de reprise et sont dans un épais brouillard.

 

Il faut donc agir sur ce secteur, c’est l’un des plus touchés de cette crise sanitaire.

 

Des aides évidemment ont été mises en place par la Région et par le gouvernement : le soutien aux professionnels de la culture, l’aide aux employeurs culturels, le soutien aux libraires…

 

Nous saluons, Monsieur le Président, dans votre budget l’augmentation importante du budget d’investissement. Nous nous interrogeons, mais ce n’est pas la première fois sur ces budgets que nous étudions depuis hier, sur la baisse du budget de fonctionnement. On s’interroge également, comme le CESER, car nous sommes revenus à un niveau de 2017.

 

Certes l’investissement permettra la mobilisation des acteurs concernés mais l’urgence aujourd’hui me semble-t-il, c’est aussi le fonctionnement. Un fonctionnement nécessaire pour aider celles et ceux - et ils sont nombreux dans le milieu culturel - qui ne rentrent pas dans les critères habituels. Aujourd’hui la culture a aussi besoin de fonctionnement.

 

Je voudrais dire au Rassemblement national que soutenir la culture ne veut pas dire être en quelque sorte metteur en scène politique de la culture.

 

La culture, son rôle c’est de déranger, intellectuellement, philosophiquement des pensées et donc la culture doit être libre.

 

J’entends l’appel d’union sacrée de Bertrand Masson et notre groupe va répondre à cet appel d’union sacrée en votant pour ce budget.  

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget Tourisme

Cela vient d’être rappelé, la pandémie a précipité l’économie touristique dans une crise sans précédent et cela n’échappe pas à la Région Grand Est. Malheureusement, tout est à remettre en chantier alors que depuis de nombreuses années, les régions Lorraine, Alsace et Champagne-Ardenne ont œuvré aux côtés des départements, des territoires et des acteurs en compétence partagée pour développer et structurer une économie du tourisme en Grand Est, vectrice de retombées économiques et d’emplois.

 

La Région Grand Est travaille depuis sa constitution à poursuivre cette feuille de route et à l’améliorer.

 

Nous ne manquons jamais en Commission Tourisme – et je remercie son président – de débattre sérieusement, de faire des propositions entendues, quelques fois écoutées mais au moins le débat est posé et nous avons toujours de belles feuilles de prospectives posées.

 

Ainsi, l’Agence Régionale du Tourisme en Grand Est, fusion des CRT historiques, a aujourd’hui calé son opérationnalité, sa stratégie et sa performance. Elle s’établit dorénavant comme l’outil au service du marketing de la destination Grand Est et pendant toute cette période de crise, elle a mis en place une celle StrongTogether efficace en relation permanente avec les acteurs du tourisme.

 

Je tenais ici à saluer sa présidente, Madame Fisher. Je rappelle ici que c’était une demande que nous avions formulée très fortement de bénéficier d’une ART en Grand Est qui soit à la hauteur de l’enjeu. Cela a mis un peu de temps mais c’est chose faite aujourd’hui.

 

Elle aura aussi, et c’est tout son enjeu, à se coordonner ou à faire doublon - je préfèrerais la coordination - avec la Collectivité Européenne d’Alsace qui a obtenu la compétence de la mise en œuvre de sa politique touristique sur son territoire donc je souhaite la meilleure coordination entre les 2 structures de manière à bien identifier toutes les qualités et la valeur ajoutée de notre destination Grand Est, dont fait partie le territoire alsacien.

 

Les répercussions de cette crise se font sentir dans tout l’écosystème touristique. Il nous faut réagir vite par des plans de relance spécifiques à cette filière afin d’adapter notre destination Grand Est, d’y encourager l’innovation et l’investissement et repenser globalement le secteur du tourisme encore trop segmenté.

 

Il faut redonner confiance aux voyageurs, les séduire par des propositions en lien avec leurs exigences de consommation de proximité, plus vertes, plus durables. Mais pour tout cela il nous faut un budget solide et à la hauteur de ce qui est posé dorénavant.

 

Et là je suis en colère, je l’ai dit à la Commission, Monsieur le Président. La Commission Tourisme le sait pertinemment. Le budget n’est véritablement pas à la hauteur de l’enjeu. Il est cruellement en diminution par rapport à celui de 2016. Nous sommes aujourd’hui à presque 25 millions d’euros. Nous étions en 2016 à 27 millions d’euros et dans les 27 millions d’euros, sur le budget lorrain, en l’occurrence Chambley et Madine ne faisaient pas partie de cela.  

 

Il manque un élément fort également à ce budget que je rappelle à chaque fois – c’est dérangeant cette cruelle absence – c’est le tourisme social et solidaire qui dans cette période devrait vraiment marquer une politique importante régionale. C’est un des leviers essentiels de rebond économique du tourisme et je souhaiterais véritablement qu’il soit au cœur de cette politique. C’est le tourisme pour tous qui doit être au cœur d’une politique régionale.

 

Je vous remercie.

Intervention de Christophe Choserot sur les Mobilités

Je tiens à saluer ici le travail de David Valence et de Mireille Gazin, malgré quand même les incertitudes liées à la Covid. Personne n’en a parlé sur ce budget. Tout le monde en parle sur tous les budgets mais les données-là sur ce budget, ce n’est pas rien.

 

On a des incertitudes sur la fréquentation de nos transports en commun, et malgré ces incertitudes le budget s’inscrit dans la continuité, et c’est déjà bien de s’inscrire dans la continuité. Il est conforme à la volonté de la région de faire des mobilités ferrées une de ses priorités.

 

Je voulais saluer le maintien de l’offre, la simplification tarifaire, les efforts en matière d’investissement qui sont indéniables et puis tout le travail d’ouverture à la concurrence. Alors on a des sujets d’opposition sur ce point-là -  je viens d’entendre mon collègue Olivier Girardin - moi j’en connais une dans l’agglomération du Grand Nancy : c’est la ligne 14. Je me souviens des débats que nous avons eus en Région Lorraine. Nous avons essayé par tous les moyens possibles de rouvrir cette ligne-là. Aujourd’hui, force est de constater que l’ouverture à la concurrence permet enfin de remettre des trains sur cette ligne 14 et de permettre également une ouverture de la métropole du Grand Nancy vers ces territoires qui étaient un petit peu délaissés.

 

 Cependant, après avoir dit tout cela, moi j’aimerais vous interroger sur quelques sujets, cher David. J’aimerais connaitre la position de la Région sur un sujet qui est important, c’est l’ouverture vers le Sud, la question de la ligne Nancy – Épinal – Belfort Ville – Belfort TGV. Relier nos territoires du sud de la Région, du sud lorrain vers la ligne de Belfort TGV, la position de la Région c’est de redire toujours en boucle que cela va couter cher – 700 millions d’euros – alors qu’on sait bien ici qu’il s’agit juste de 12km entre Belfort Ville et Belfort Montbéliard TGV. Je pense qu’il faut sortir de cette impasse et j’aimerais connaitre votre position.

 

Connaitre votre position aussi sur la stratégie du Réseau Express Métropolitain, le REM Sillon lorrain et la question qui est finalement une question de tuyaux. Est-ce qu’on imagine le même tuyau entre Nancy – Metz et Metz – Luxembourg ou est-ce qu’on arrive à s’adapter entre Nancy – Metz et Metz – Luxembourg.

 

Nous souhaiterions avoir aussi une visibilité sur les grands projets ou investissements que l’on porte. Avoir en cette fin de mandat, une position claire, définitive sur cette fameuse gare d’interconnexion - et je sais que je suis peut-être mal placé pour en parler mais j’en parle quand même – la gare de Vandières parce que je pense que ce sujet-là est important, pas simplement pour le sillon lorrain mais d’importance pour la Région Grand Est et la connexion que l’on peut avoir.

 

Sur l’A31, c’est un sujet effectivement sensible, Monsieur le Président, mais ô combien important. Je suis maire d’une commune qui n’est pas frontalière de l’A31, qui est traversée par l’A31. Nous souhaiterions savoir comment la région envisage de s’emparer, de donner une position claire sur l’A31, surtout sur le tronçon sud.

 

Et puis la question des aéroports. La question des aéroports est une question infiniment compliquée. Celui de notre territoire Nancy-Metz, c’est moins de 80% de vols. Je n’ai pas vu - ou j’ai mal lu, c’est possible - de position claire d’un plan sur les aéroports à l’ensemble de la Région.

 

Et puis, le regret que l’on porte c’est la question du transport scolaire où on a trouvé une solution tiède mais je crois que la question de la gratuité du transport scolaire pour les étudiants est quand même quelque chose d’important.

 

Voilà mes quelques remarques et interrogations, Monsieur le Président.

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget Aménagement des territoires

Monsieur le Président,

 

Le budget 2021 sur l’aménagement des territoires fait état d’une augmentation par rapport à 2020 et une augmentation dans le budget global, ce qui pour nous est vraiment logique tant les territoires dans leurs formations sont des leviers essentiels du développement économique régional, social et environnemental. Plus que jamais, il faut pouvoir les remettre en première ligne, les écouter, co-construire des actions ensemble mais surtout leur faire confiance.

 

Cette confiance doit véritablement être accompagnée d’une simplification des règles, des normes trop souvent centralisées et imposées au sein de nos collectivités, et particulièrement du Grand Est.

 

Je le dis aussi ici, nous avons constaté au fil des années une nette amélioration des dispositifs débattus en commission – et je salue Martine (Lizola) et le Vice-président qui ne manquent jamais de nous apporter matière, de véritablement laisser place au débat et de pouvoir faire des propositions. Nous avons vu l’amélioration de ces dispositifs qui servent la dynamique des territoires et qui, de plus en plus, se posent en complémentarité des dispositifs proposés par le gouvernement, les dispositifs de l’État – je parle ici de l’agenda rural qui a été posé il n’y a pas très longtemps au niveau national et surtout - cela a été rappelé par Martine - du dispositif « Petites villes de demain » dont bon nombre de nos collectivités sont bénéficiaires et saluent déjà l’ensemble de l’engagement puisque les appels à projets nationaux ont eu lieu et je ne doute pas que nous soyons véritablement en complémentarité.

 

Nous portons également une attention particulière - vous le savez, Martine le sait - au développement des territoires ruraux qui méritent des attentions très particulières et un accompagnement très spécifique avec une possibilité d’accès à tous les dispositifs proposés à ce jour. Je le dis aussi : attention ! Les territoires ruraux en région bénéficient pour leur développement d’une partie du FEADER autour du LEADER et de l’appel de projet.

 

Sur le dispositif LEADER, laborieux dans sa mise en œuvre, je ne reviendrai pas dessus, il s’est amélioré. Pour autant, il reste encore d’importantes difficultés d’incompréhension des élus dans les GAL tant il y a une forme de rigidité de notre collectivité dans ces dispositifs.

 

Sur le volet numérique, Monsieur le Président, nous avons toujours été favorables à la démarche, bien évidemment mais rappelons ici, comme je le fais à chaque fois, que ce grand projet porté par le Grand Est avec volontarisme n’a été permis que par des actions fortes des gouvernements successifs depuis 2012, des fonds européens et des opérateurs privés qui se sont engagés constatant une vraie opportunité derrière en la matière.

 

Je vous remercie.

Intervention de Christophe Choserot sur le Budget Environnement

Très rapidement, cela fait 16H que nous sommes en débat, j’aimerais rappeler que l’urgence est là.

 

J’aimerais pour cette dernière commission, mes chers collègues, vous délivrer un message d’espoir. On est souvent critique envers notre pays mais j’aimerais dire quand même que depuis 3 ans, la France a déployé, comme vous le savez, son agenda écologique en étant le 1er pays au monde quand même, et on peut en être fiers, à fermer ses centrales à charbon, à mettre fin aux permis d’hydrocarbures, à donner l’objectif de classer 30% de notre espace maritime et terrestre en espace protégé. Notre pays est en passe d’atteindre, et ça aussi c’est une bonne nouvelle, son objectif de réduction des Gaz à Effet de Serre. Le niveau de gaz est passé de 441 millions de tonnes de CO2 en 2019 et on devrait atteindre 315 millions de tonnes en 2030.

 

Tous ces chiffres pour vous dire que les choses avancent quand même, que des efforts sont faits et je voulais vous dire que la Région joue son rôle et tient sa place dans cet effort collectif autour de l’eau, la biodiversité et l’environnement.

 

Ce budget environnement ne doit pas s’apprécier simplement au regard de ce budget que « environnement ». Quand on aide un laboratoire de recherche autour des matériaux et de l’énergie, on fait de l’environnement. Quand on place le Business Act dans la question de la transition écologique, on fait de l’environnement.

 

On a un potentiel sur ce territoire de la Région Grand Est tout à fait remarquable pour justement relever ces défis de la transition écologique, énergétique et environnementale.

 

On a un budget en hausse, je confirme à Christian (Guirlinger) que nous voterons ce budget.

Intervention de Christophe Choserot en conclusion des débats

Comme Jean-Pierre Liouville, je voudrais vraiment remercier les services de la Région, les agents de la Région qui sont toujours à notre écoute et prêts à répondre à nos questions quand nous en avons, quel que soit notre appartenance politique. Je voudrais également remercier, Monsieur le Président, votre cabinet, et votre directeur de cabinet qui, lui aussi, est toujours à notre écoute.

 

Quelques remarques – on ne va pas refaire le débat, ce n’est pas le lieu.

 

On est sur un débat budgétaire qui est un débat important. La majorité est pour, l’opposition est contre, fait des propositions, on n’est pas toujours d’accord, c’est bien cela le fondement de la démocratie, et je trouve que c’est bien.

 

Je reviendrais sur quelques points de conclusion.

 

Le 1er point, ça a été redit et je vais de nouveau le souligner, c’est que nous disposons à travers ce budget 2021 de moyens qui sont considérables : 3.4Mds d’euros. Je veux insister là-dessus et personne d’ailleurs n’est revenu là-dessus. Ce budget fait la démonstration que l’État n’a pas abandonné les territoires et que l’Etat fait confiance aux régions justement à travers le plan de relance, le contrat de relance, le CPER – nous atteignons presque 5Mds d’euros - pour être une collectivité de l’action, une collectivité de la stratégie pour mener, en lien avec l’État, des politiques pour nos concitoyens. Nous sommes à un budget considérable parce que le gouvernement mais aussi les négociations européennes ont permis d’avoir un plan de relance à l’échelle européenne et pour celles et ceux qui veulent encore revenir sur les questions européennes, on voit bien que l’Europe a été au rendez-vous de cette crise.  

 

2 jours de débat où les critiques sont toujours là, évidemment, et c’est normal, c’est notre place. Je veux dire à certains collègues de la majorité, c’est le rôle de l’opposition d’être quelque fois positifs - et même des fois quand on est positifs on en prend une derrière - et des fois être négatifs quand on pense que ça ne va pas dans le bon sens.

 

4 – 5 points. Moi, je veux dire que le débat a été intéressant. Il était long, c’est vrai mais il était intéressant. Chacun a pu s’exprimer. J’ai trouvé que le mode de travail un peu moins minuté était un bon mode de travail.

 

2ème point, je veux revenir, parce que ça a fait débat, sur cet espace de la Région Grand Est. Je suis un défenseur de cette Région Grand Est, et vous le savez Monsieur le Président, depuis le début. Nombre de nos politiques, même si quelques fois on a des critiques à faire dessus, montrent que l’espace Grand Est est le bon périmètre pour porter des politiques de développement économique, de transport, d’aménagement des territoires, d’environnement des ports de l’Ile-de-France jusqu’à la frontière européenne. S’il y a bien une région qui est au cœur de l’Europe – alors je sais bien que toutes les régions disent qu’elles sont au cœur de l’Europe, mais si on fait un peu de géographie, nous avons un rôle central et stratégique. Nous sommes en quelque sorte la porte-fenêtre de la France sur l’Europe donc c’est le bon modèle. Nous avons à l’intérieur de cette Région Grand Est la Collectivité Européenne d’Alsace. Elle est là, elle existe, c’est une forme de différenciation. Nous étions contre mais avec un périmètre qui s’arrête à la fusion de deux départements, ni plus ni moins, c’est la bonne position cohérente de cet espace.

 

Sur la territorialisation, une fois de plus, notre groupe est revenu dessus. C’est un sujet sur lequel nous n’arriverons jamais à atteindre cela mais je continue à le dire, ce sera peut-être la dernière fois que je vais le dire ici pendant ce mandat-là, la territorialisation, Monsieur le Président, c’est la réponse à la critique d’une région trop grande ou trop vaste. Je crois, et je l’ai dit, que la Région est la bonne taille pour les grandes politiques stratégiques. La territorialisation nous permettrait, Monsieur le Président, de rapprocher nos politiques régionales au plus près des territoires sur pleins de sujets : l’accompagnement des communes, le sport, les associations, également le développement économique.

 

Sur le développement économique, justement, nous avons eu un point d’opposition sur ce que j’ai appelé la littérature économique entre les mots qui sont écrits, entre les actions qui sont dans vos schémas mais l’application reste encore trop faible. C’est en quelque sorte une critique d’un élu local, de proximité, qui écoute et qui entend les entreprises sur son territoire qui quelques fois se sentent un peu oubliées et perdues dans ce dédale.

 

Le lycée, la formation, les jeunes… moi j’aurais aimé, Monsieur le Président vous l’avez dit dans votre propos introductif de cette séance plénière le lancement d’un plan d’urgence pour la jeunesse de 10 millions d’euros. Cela aurait été quand même intéressant d’ouvrir ce débat pendant cette séance plénière pour qu’on puisse savoir quelles sont les actions, comment vous allez financer cela. Le débat aurait dû être ouvert.

 

Maintenant, ce budget va être mis au vote. Demain, nous aurons des élections qui vont arriver. Chacun partira avec ses idées mais je suis respectueux moi de toutes les idées, j’en combats beaucoup. On porte nous-même nos idées. Si nous faisons de la politique, je le crois, ce n’est pas pour nous. C’est parce qu’on a une idée de l’organisation territoriale, on a une idée de comment mener des politiques et nous voulons le faire pour le bien des habitants et donc j’ai toujours un grand respect pour celles et ceux qui font de la politique.

 

Pour terminer, vous avez vu notre groupe s’est abstenu sur un certain nombre de commission, a voté pour un certain nombre de commission, a voté contre pour d’autres. En état de cause et en regardant et en analysant nos positions de vote, notre groupe va s’abstenir, Monsieur le Président, sur ce budget 2021.

Intervention de Rachel Thomas sur le vœu d'urgence pour le soutien aux salariés du groupe SANOFI

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Hier, j’avais cru comprendre que ce vœu, dont nous ne sommes pas, dans le contenu, opposés, devait être signé par tous les groupes mais là je vois 2 signataires, donc acte. Je pensais que vous reviendriez vers nous pour que nous puissions aboutir.

 

Sur le contenu du vœu, Madame Lilla Merabet hier s’est exprimée d’abord sur ce choix de SANOFI et la stratégie de SANOFI, notamment sur le site de Strasbourg, alors on ne peut que le regretter. J’avais cru comprendre que Madame Merabet exprimait le fait que vous étiez à la recherche et déjà en contact avec des startups qui pourraient être fortement intéressées par le site.

 

SANOFI, dans ce que j’ai été faire comme recherche - je ne suis pas une spécialiste, vous l’êtes sûrement plus que moi en votre qualité de médecin - a bougé sa stratégie en la matière - de ce que j’ai pu lire - depuis février 2020 puisqu’ils ont créé une structure qu’ils ont appelé Euroapi qui est nouveau leader européen des principes actifs pharmaceutiques et donc ils sont à une révision totale de leur stratégie de développement, qui certes, va bouger de ce que j’ai compris, des lieux en France mais ne remet pas en cause leur recherche au niveau européen. Ça c’est le premier point mais encore une fois je ne suis pas une spécialiste. Je n’ai fait, comme dirait le camarade Choserot que de la littérature. Donc je suis allée faire cette recherche-là.

 

Et sur le vaccin, de ce que j’ai pu lire également, SANOFI et son partenaire GSK vont pourtant lancer une étude de phase 2 dès février pour tenter d’aboutir fin de l’année à une proposition qui arriverait sur le marché. Donc ils n’ont pas abandonné la question de recherche en la matière.

 

Donc, de ce que je comprends mais encore une fois, je ne suis pas sur ce territoire et je ne suis pas une spécialiste et une experte, je n’ai fait que lire, la stratégie est totalement bougée, elle est revisitée au travers d’un leader européen Euroapi, c’est vraiment dommageable, détestable pour les chercheurs. Nous apportons par ce vœu notre soutien, nous nous y associons, mais je dis attention quant au reste et à l’interprétation qui pourrait en être faite.

 

Je vous remercie.

Intervention de Christophe Choserot sur la motion en faveur du retour de la bataille de Verdun dans les programmes scolaires

Effectivement la bataille de Verdun en tant que telle ne figure plus noir sur blanc dans les manuels.

 

Mais j’aime à vous faire remarquer que dans les programmes précédents, elle n’y figurait pas non plus.

 

Bien évidemment, elle sera enseignée. D’ailleurs les nouveaux programmes - il suffit de les regarder - sont beaucoup plus détaillés et plus chronologiques justement sur l’étude de la première guerre mondiale.

 

Mais, mes chers collègues, comment pensez-vous qu’un professeur d’histoire-géographie pourrait aborder en classe de 3ème – car c’est en classe de 3ème que ça se passe – la première guerre mondiale sans parler de la bataille de Verdun et la lier à la bataille de la Somme ?

 

On ne peut pas entendre cela. C’est comme si vous m’expliquiez qu’un professeur de mathématiques quand il étudie les fonctions ne fait pas la dérivée. Ce n’est pas marqué noir sur blanc.

 

Le ministre de l’éducation nationale s’est clairement exprimé là-dessus : la bataille de Verdun sera évidemment enseignée en 3ème.

 

Effectivement, elle n’est pas marquée noir sur blanc mais elle n’était pas plus marquée dans les programmes précédents donc pour toutes ces raisons, nous allons nous abstenir sur ce vote-là, sur cette motion-là parce qu’il est évident – et j’ai l’impression même que c’est faire injure à un professeur d’histoire-géographie de lui dire qu’il n’étudierait pas Verdun en étudiant la première guerre mondiale donc nous allons nous abstenir sur cette motion, Monsieur le Président.

Nous proposons, plutôt que de dire « nous dénonçons résolument la décision de faire disparaitre la bataille de Verdun des programmes de l’enseignement secondaire », d’écrire : « la bataille de Verdun est indissociable de la première guerre mondiale, nous demandons son inscription dans les programmes scolaires ». Et ça c’est fort, car ça n’a jamais été inscrit justement, donc là on fait un acte nouveau. Ça n’a jamais été inscrit et là on demande du coup à ce que ce soit inscrit.

Intervention de Christophe Choserot sur la motion en faveur d'une réouverture partielle des universités dans le Grand Est

Je trouve que c’est une motion un peu facile. Je m’autorise à prendre la parole, même tardivement, parce que vous voyez, Monsieur Eury, moi lundi matin j’ai cours avec mes étudiants. J’ai cours avec mes étudiants depuis le mois de mars en visio.

 

Nous, on a tous nos caméras allumées, on débat. Là vous avez des écrans noirs avec des micros éteints et ce sont des conditions qui sont infiniment compliquées.

 

Je voudrais ici saluer tous les collègues enseignants d’université, qui font de remarquables pirouettes pour pouvoir attirer et enseigner auprès des étudiants.

 

Aujourd’hui, je ne peux pas vous laissez dire que le Président de l’Université (de Lorraine) serait quasiment d’accord avec vous. Ce n’est pas tout à fait ce qu’il dit.

 

Évidemment, tous les universitaires, tous les enseignants et tous les membres du Conseil Régional ne souhaitent qu’une seule chose : c’est que les étudiants rentrent en cours, moi le premier.

 

Ce que dit le Président de l’Université, c’est qu’il souhaite évidemment retourner en présentiel mais les universitaires sont des gens responsables. Il regarde et il s’informe. Vous voyez la situation sanitaire en ce moment ? Vous voyez vers où on va ?

 

Vous dites : « on le fait dans les lycées ». Mais vous connaissez des promos à plus de 300 dans les lycées en première année ? Ou en deuxième année ?

 

Juste pour votre information Monsieur Eury, les cours de la licence jusqu’au master existent toujours en travaux pratiques par exemple. Donc tout a été mis en œuvre pour maintenir le contact mais aujourd’hui, au vue de la condition sanitaire, il n’est pas possible en responsabilité de faire revenir des étudiants en présentiel, et tout le monde le regrette.

 

Donc votre motion, c’est pour ça que je dis qu’elle est un peu facile. Moi je vous invite à la retirer parce qu’on est d’accord sur la finalité de la chose mais voter là-dessus, ce n’est pas un bon signal qu’on enverrait aux étudiants. Votre motion, elle est facile parce qu’elle enfonce une porte ouverte mais aujourd’hui la situation est beaucoup plus compliquée.