Intervention de Rachel Thomas en ouverture de Séance

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Je vous prie de bien vouloir excuser l’absence de mon collègue Christophe Choserot, victime de la Covid. Il est affaibli mais il se remet et il vous salue, parce que je sais qu’il nous regarde.

 

Nous voilà réunis aujourd’hui en séance plénière, pour la dernière fois de cette mandature qui se termine en pleine crise sanitaire, vous l’avez rappelé.

 

Lors de notre dernière session budgétaire, Christophe Choserot, au nom de notre groupe, a nettement condamné votre bilan après 6 années de gestion centralisée, technocratique et distante. 3 mots qui disent tout.

 

Votre faute, en effet, est d’avoir délibérément ignoré et refusé de considérer les réalités et les diversités de nos territoires. Concrètement, vos politiques stratégiques les plus essentielles se sont révélées sophistiquées, peu lisibles et finalement peu accessibles. Des politiques trop éloignées des besoins et des possibilités.

 

Bien que vous ayez toujours balayé d’un revers de main nos critiques, nous pouvons aujourd’hui faire démonstration du bien-fondé de nos analyses et de nos propositions, à partir d’un exemple précis : la déclinaison des Pactes territoriaux de relance et de transition écologique dans nos territoires. On constate avec un certain plaisir que pour réussir, la contractualisation avec l’Etat vous oblige à une approche territorialisée, approche que notre groupe réclame depuis le début du mandat. Le problème est que, faute de préparation et d’entrainement à la contractualisation avec les territoires durant ces 6 ans, leur implémentation est des plus laborieuses.

 

Je ne veux pas vous plagier, Monsieur le Président, mais ça patine.

 

Ça patine parce que vous n’avez pas bâti les conditions nécessaires de la mise en œuvre. Résultat : nous sommes le 22 avril 2021, votre contractualisation patauge, la relance économique en Grand Est est à l’arrêt, trop peu d’actions sont déployées et elles ne le seront pas dans les semaines à venir. Vous êtes dos au mur. Vous pouvez lancer des scandales d’Etat sur les plateaux de télévision, la réalité des faits est que vous êtes incapable sur vos propres compétences régionales d’être à la hauteur de cette situation exceptionnelle.

 

Monsieur le Président, vous n’êtes pas au rendez-vous de la sortie de crise, vous n’êtes pas prêt parce que vous n’avez pas voulu entendre ce que l’on vous dit depuis des années.

 

Ce constat porte un rude coup à vos certitudes. Vous allez nous dire que tout va bien. Mais il n’en est rien. Tout ne va pas bien parce que vous avez ignoré les territoires qui pour nous sont les leviers essentiels du développement de notre Région.

 

La Région des territoires, c’est un grand mouvement de libération des énergies régionales et territoriales. La Région des territoires, ce n’est donc pas moins de région, bien au contraire : c’est mieux de région.

 

La Région et les territoires qui la composent ont la vie quotidienne des gens en partage, il faut que leurs relations soient désormais fondées sur la confiance, la coopération et la complémentarité des compétences. La région des territoires, ce sont des lieux de vie, de créations, d’actions et d’expérimentations.

 

Demain il faudra construire enfin cette Région. Nous avons perdu 6 ans. Il faudra reconnaitre et porter de la même manière les ambitions propres à tous les territoires du Grand Est, en confiance et responsabilité, avec l’ensemble des acteurs qui les animent dans le respect de leur diversité, leur dynamisme et leurs talents.

 

Demain, il faudra impulser aux côtés des territoires des politiques publiques adaptées à leur réalité et à leurs besoins, mais surtout co-construire et contractualiser dans le respect et la confiance.

 

Demain, l’espace Grand Est sera l’espace de l’élaboration des politiques stratégiques de la Région et les territoires seront les lieux d’application. Demain, Monsieur le Président, il faudra territorialiser, déconcentrer et rompre avec le centralisme actuel.

 

Je vous remercie.

Intervention de Rachel Thomas sur le Compte administratif 2020

Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

Les échéances électorales régionales prévues en juin vous poussent à précipiter la présentation du compte administratif de 2020, mais vraiment l’absence, comme l’ont précisé d’autres collègues, d’un rapport d’activité complet nous permettant d’analyser, ligne par ligne et non par grandes masses budgétaires, l’efficacité et l’efficience des politiques régionales fait cruellement défaut à cette étape. J’en veux en effet pour compte la page 5 de ce compte administratif : nous avons des grandes masses ligne par ligne et c’est bien dommageable.

Peut-être un élément, au regard de ce que j’entends. N’oublions pas non plus de préciser que le budget de la Région Grand Est de 2016 à 2021 a fortement progressé. Nous sommes passés de 2.5 à 3.4 milliards de budget annuel. Il s’agit aussi de le rappeler, c’est aussi ce que permet la Région Grand Est en termes de capacité à ouvrir et à donner.  

 

Un rapport d’activité détaillé nous aurait permis de mieux comprendre l’annonce des différents résultats que vous évoquez aujourd’hui avec cet excédent de clôture de 93 Millions d’euros - sans précèdent comme nous l’a indiqué votre Vice-président en Commission des Finances - qui nous a tous ému mais pas de la même manière, je vous l’avoue, au regard particulièrement de la période.

 

Mais l’année 2020 est également une année sans précèdent, première année d’une pandémie mondiale qui impacte pour un temps long la vie quotidienne de nos concitoyens.

 

L’ensemble des collectivités (Europe, Etat, Régions, Départements, EPCI, Communes) mobilisent tous les moyens à leur disposition pour tenter de freiner et d’amortir les effets de cette crise : il s’agit de la politique du “Quoi qu’il en coûte” et cela ne devrait pas échapper à notre collectivité, sans pour autant nier le coût de cette crise qui est bien réel pour notre région, avec un double impact puisque nous avons un ralentissement de l’activité économique qui entraine de facto une baisse de nos recettes fiscales et des dépenses supplémentaires liées à la création de nouveaux dispositifs d’accompagnements nécessaires – nous les avons voté encore aujourd’hui – que l’on appelle la facture Covid.

 

Cette facture Covid-19 s’établit pour 2020 à un montant de 190 millions d’euros. Une somme conséquente qui aurait dû avoir un impact significatif sur le résultat de l’année 2020 comme vous avez pu le déclarer à de très nombreuses reprises sur les différents plateaux de télévision que vous parcourez depuis des mois tel un troubadour en campagne.

 

Nous aurions dû lire aussi, en transparence, que les fonds européens alloués sur les maquettes FEDER 14/20 ont servi à payer une partie de cette facture. Je pense particulièrement à l’achat de masques, aux prêts Rebonds … Et j’ai même pu mesurer que ces fonds FEDER avaient pu bénéficier pour l’achat de matériels sanitaires à 3 Conseils départementaux sur les 10 sous votre autorité de gestion, et c’est tant mieux.

 

Comme si tout était normal, vous ne changez rien à l’application de vos critères de résultats budgétaires intangibles en particulier la diminution continue des dépenses de fonctionnement alors qu’en cette période de crise si violente, nos territoires et nos concitoyens ont tant besoin en fonctionnement et en proximité de l’action de la Région Grand Est. N’en déplaise à Monsieur Zimmerman : oui, les dépenses de fonctionnement sont vertueuses parce qu’elles permettent d’accompagner la vie dans nos territoires et sont ô combien nécessaires dans ces temps si fragiles.

 

Alors Monsieur le président, cette absence de précisions, pour ne pas dire de transparence, nous interroge légitimement: mais au prix de quelles politiques publiques sacrifiées parvenez-vous à ce résultat pléthorique en cette année de gestion de crise ?

 

Je vous remercie.

Intervention de Rachel Thomas sur le Budget supplémentaire 2021

Nous ne pouvons regretter sur ce budget supplémentaire – et nous y reviendrons, notamment sur la thématique touristique - que trop peu soit consacré aux questions économiques et d’attractivité alors que nos entreprises ont, plus que jamais, besoin d’un soutien renforcé de la Région Grand Est. Donc nous nous abstiendrons.  

 

Je vous remercie.

Intervention de Rachel Thomas sur les fonds européens

Monsieur le Président,

 

Je changeais mes éléments de langage au regard des propos tenus pour vous dire simplement, Monsieur le Président, que j’ai l’Europe au cœur. L’Europe est au cœur de mon quotidien professionnel et au cœur du quotidien de tous les agriculteurs de notre belle région, particulièrement en zones dites intermédiaires, où le premier pilier de la Politique Agricole Commune me permet de m’accompagner au quotidien et me sécurise, comme les autres agriculteurs, mon revenu. Elle me permet surtout d’investir, grâce à ce deuxième pilier de la PAC, le FEADER, dont les régions sont autorités de gestion.

 

Alors au RN, je veux leur dire qu’ils arrêtent, qu’ils arrêtent de mépriser nos agriculteurs et de leur raconter des sornettes en la matière. L’Europe est au cœur de chacune de nos exploitations agricoles, et nous le souhaitons encore pour longtemps, au cœur de nos territoires.

 

Alors oui, Monsieur le Président, la crise de la COVID 19 a bousculé le fonctionnement de notre institution européenne et l’a obligé à réinventer des partenariats solides qui redonnent du sens aux valeurs européennes, au cœur de tous mouvements progressistes.

 

Ainsi, le plan de Relance européen est une avancée historique et majeure de l’Union Européenne.

 

Ce plan adopté par le Parlement européen et les 27 chefs d’Etat et de gouvernement prévoit 750 Milliards d’euros mis à disposition des états membres les plus touchés par la pandémie.

 

La France va bénéficier de 40 Milliards d’euros pour alimenter son plan national de Relance de 100 Milliards.

 

Notre Région, par sa contractualisation avec l’Etat et dans le cadre du Plan de Relance, va bénéficier directement de ces fonds, cela vient d’être rappelé.  

 

Ces fonds sont essentiels et nécessaires pour enclencher une relance dans nos différents territoires du Grand Est.

 

Il s’agit ainsi de les utiliser le plus efficacement possible sous l’autorité de gestion des régions. C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui face à un exercice classique de fin de programmation : le remaquetage à la marge afin d’optimiser les crédits restants.

 

Pour autant, sur ce remaquetage, j’ai une remarque. Nous nous interrogeons sur le transfert de 10M d’euros opérés de l’axe 2 (Compétitivité PME) vers l’axe 1 (Recherche et Innovation) sur le PO FEDER-FSE-IEJ Lorraine et Massif des Vosges, au moment où, plus que jamais, nos entreprises ont et auront besoin d’instruments financiers – parce que cette ligne permettait cela - pour une sortie de crise efficace.

 

Quant à l’accueil et à la mobilisation des 188 millions d’euros de REACT-EU et les FTJ, nous n’avons pas de remarques particulières et nous saluons cette belle arrivée en volume et en qualité de fonds européens complémentaires.

 

Nous sommes, en revanche, toujours en attente – je sais que les services y travaillent avec les équipes - de votre proposition de répartition des 68 millions d’euros du FEADER Relance.

 

Et un dernier point, Monsieur le Président. Nous regrettons la structuration trop tardive de la Maison Grand Est Europe dont les missions nous semblent très pertinentes – nous l’avons votée -  mais qui part malheureusement avec un réel handicap par l’absence des départements frontaliers comme parties prenantes et essentielles.

 

La Maison Grand Est Europe doit pouvoir répondre à cela, nous y serons très attentifs.

 

Je vous remercie.

Intervention de Diana André sur le Contrat triennal "Strasbourg Capitale européenne 2021-2023"

Monsieur le Président,

 

Nous nous apprêtons aujourd’hui à signer l’édition 2021-2023 du « triennal », un contrat renouvelé depuis 1980, fruit des négociations entre l’Etat, la Région Grand Est, la CEA, l’Eurométropole de Strasbourg et la Ville de Strasbourg pour soutenir et renforcer le statut européen de cette ville.

 

Parmi les grands enjeux : l’accessibilité. Le volet transports et mobilités augmente et représente 30 % du total du contrat. Mais l’aspect innovant du contrat réside dans le second axe qui porte sur le soutien au rayonnement européen de Strasbourg, avec la création de 3 fonds dédiés au financement de projets - dans le domaine de la recherche et de l’innovation, de la culture et de la démocratie.

 

En outre, il prévoit la création d’une « Mission Strasbourg capitale européenne » pour défendre et promouvoir les intérêts de la ville et la placer au cœur des travaux de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (qui débutera au 1er semestre 2022) et de la Conférence sur l’avenir de l’Europe le 9 mai prochain.

 

A ce titre, le gouvernement a voulu montrer son plein soutien à Strasbourg durant cette période difficile sans session du Parlement européen en augmentant sa participation de 16% par rapport au précédent contrat pour atteindre 48 millions d’euros.

 

Dans un même temps, on remarque une diminution de 37% de la participation de la collectivité régionale (soit - 9 530 000€). Nous ne pouvons que nous interroger sur ce désengagement de la Région Grand Est alors que depuis plus d’un an, nous réaffirmons, séance après séance, notre attachement à Strasbourg Capitale européenne (une motion visant à défendre avec force le siège du Parlement européen à Strasbourg a même été votée en commission permanente le 18 septembre dernier).

 

L’aménagement et la sécurisation du pavillon d'honneur à vocation diplomatique et les investissements pour l’accessibilité multimodale de l’aéroport de Strasbourg, inscrits dans le précédent contrat et non encore finalisés, ne peuvent justifier cette baisse plus que conséquente de la Région. L’Etat et la ville de Strasbourg – eux – ne font pas de reports, au contraire.

 

Monsieur le Président, nous souhaiterions avoir des explications sur ce désengagement de la Région Grand Est.

 

Je vous remercie.

Intervention de Diana André sur la Feuille de route Etat-Région télémédecine 2021-2023

Monsieur le Président,

 

Je m’attacherai plus particulièrement à évoquer la télémédecine que vous nous présentez au travers de la feuille de route Etat-Région établie conjointement avec l’Assurance Maladie.

 

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec les dix propositions qui sont déclinées en direction des acteurs du territoire, qu’ils soient professionnels de santé ou élus, une télémédecine devenue maintenant incontournable.

 

La télémédecine, comme vous le réaffirmez en préambule, ne doit pas « remplacer les praticiens », dont on sait qu’ils sont de plus en plus nombreux à déserter nos zones rurales et même nos petites villes. Certains médecins sont aussi réticents à ce genre d’innovation qui les éloigne de leurs patients, leur faisant craindre une dégradation de leur prise en charge.

 

La télémédecine nécessitera toujours la présence d’un personnel de santé pour ne pas déshumaniser des situations parfois difficiles, pour rassurer et pour accompagner.

 

Mais, une fois cette problématique posée, la télémédecine vise à apporter des réponses à la distance, à la mobilité en un mot à la désertification constatée.

 

Il reste encore énormément de chemin à parcourir, car quand on connaît bien les territoires, on sait combien les moyens de transport sont inadaptés, on sait combien les liaisons THD sont encore fragiles ou inexistantes ou difficilement accessibles à certains publics. Elles sont pourtant indispensables dans ce domaine.

 

Est également évoqué le niveau de maturité numérique de citoyens patients, qui n’aurait jamais été aussi élevé. On reste malgré tout sceptique sur cette assertion. Il convient de ne pas en faire une généralité, car ce n’est pas si simple, eu égard aux liaisons disponibles et aux matériels dont ne disposent pas forcément les citoyens.

 

La pandémie COVID a, par la force des choses, accéléré les mesures et la nécessité de solutions, mettant quelque fois en œuvre une certaine solidarité citoyenne. Reste un immense chantier à entreprendre et un investissement lourd en infrastructures, en équipements, en formation, en accompagnement de toute nature.

 

Mais toute performance technique, aussi remarquable soit-elle, ne doit pas remplacer les efforts d’aménagement des territoires, au plus près des besoins, en terme de mobilité adaptée, d’accessibilité à un cabinet de professionnels de la santé et de modalités d’installation facilitées.

 

C’est aussi finalement remettre de l’attractivité au sein de nos territoires, au travers d’une contractualisation réfléchie et intelligente, une véritable territorialisation des politiques publiques.

 

Je vous remercie.

Intervention de Rachel Thomas sur le Plan de relance tourisme durable et numérique

Monsieur le Président,

 

Vous nous présentez aujourd’hui un plan de relance tourisme durable et numérique en Grand Est destiné à soutenir cette filière économique très durement touchée et affectée par la crise Covid-19 qui, sans nul doute, va générer et génère déjà d’importants dégâts économiques et sociaux.

 

Il est impératif de soutenir ce secteur d’activité en complémentarité de l’action et des plans de soutien de l’Etat et en complémentarité de ces transformations et ces transitions nécessaires pour être plus résilient aux exigences posées par nos concitoyens et les consommateurs.

 

Ainsi, nous ne pouvons être que d’accord avec les propositions qui sont faites dans ce rapport qui vont dans le bon sens, qui viennent renforcer, à la fois, l’action de la feuille de route de la politique touristique et qui viennent renforcer aussi l’action de l’ARTGE auprès des acteurs touristiques - et vous savez l’attention que je porte au développement de l’Agence Régionale du Tourisme en Grand Est. Je n’ai jamais manqué, sans langue de bois, d’intervenir mais je sais aussi saluer quand elle a pris son envol toute sa place, ce qui est le cas aujourd’hui et développé toutes ses compétences dans le panorama des institutions du tourisme.

 

Je tiens ainsi à saluer Madame Fisher qui a toujours été d’une parfaite écoute et Jackie Helfgott également et les débats en commissions.

 

Ce plan de relance, bien sûr, est important et il doit – vous nous le dites – apporter des moyens supplémentaires à un budget touristique très fragilisé en Grand Est. Je l’ai dit au moment du Budget Primitif, le budget proposé n’était pas et n’est pas à la hauteur de l’enjeu et des besoins de la filière.  

 

Alors vous tentez sûrement de corriger par ce plan de relance en partie ce budget insuffisant et ô combien nécessaire à booster.

 

Pour autant, pour moi, le compte n’y est pas, puisque – je reviens sur le Budget supplémentaire présenté ce matin qui faisait état d’un apport supplémentaire de 2 millions d’euros à l’économie touristique quand ici, vous nous indiquez vouloir mobiliser en 2021 14M d’euros pour ce faire et pour développer et mettre en œuvre ce plan de relance, qui sur 3 ans devrait porter à plus de 40M d’euros un budget nécessaire.

 

Alors moi je m’interroge : où allez-vous trouver les 12 millions restants, qu’on ne retrouve pas sur le budget ? Est-ce de la fongibilité de ligne au sein du pôle attractivité, comme a pu nous l’indiquer en Commission Tourisme le Président de la Commission ?

 

En l’absence de clarifications sur ce sujet budgétaire, nous nous abstiendrons.

Intervention de Diana André sur la motion visant l’adoption de la définition de l’antisémitisme fournie par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste

L’antisémitisme, un poison que l’on aurait pu croire à jamais éradiqué. Au fil de l’Histoire, ce poison, insidieux, n’a cessé de se nourrir et de se transmettre, d’une façon la plus indigne et la plus délétère, faisant de certains de nos concitoyens des victimes d’une haine ancestrale.

 

Pourtant, nous portons en nous ce devoir d’humanisme et d’universalité qui devrait systématiquement répondre à cette haine qui prolifère encore et toujours, sournoise et perfide, qui s’infiltre et s’insinue. L’antisémitisme est toujours présent… Et pourtant l’horreur perpétrée par la Shoah avec son tragique cortège de millions de morts aurait dû servir de leçon, rester gravé à jamais dans les mémoires.

 

Le temps passe et pourtant… Toujours reviennent les exactions, les bassesses, les insultes et calomnies…

 

Ces relents nauséabonds sont toujours présents, en quelque lieu que ce soit.

 

Nous devons être collectivement mobilisés et réaffirmer avec force combien il est important de ne céder en rien face à ceux qui veulent entretenir ce poison. Le vivre ensemble et le respect mutuel sont à ce prix.

 

Contrairement à de nombreux états, collectivités ou autres institutions, qui l’ont déjà adoptée, le conseil municipal de Strasbourg a fait le choix de s’abstenir de soutenir la définition de l’antisémitisme présentée par l’Alliance Internationale de la Mémoire de l’Holocauste dans la lutte contre l’antisémitisme.

 

C’est une décision grave qui, parce qu’elle joue sur les mots, place la collectivité en retrait de ce qui devrait être un combat de chaque jour.

 

Lutter contre l’antisémitisme, se traduit par des actes, par des engagements forts. Ce n’est pas en ergotant ou en atermoyant ou en temporisant que le mal se combat.

 

Par ailleurs, la pandémie de coronavirus a accéléré cette tendance, avec une explosion de théories conspirationnistes, pour certaines antisémites, sur les médias sociaux qui s’inspirent de métaphores antisémites historiques. Et certaines contestations contre les restrictions sont imprégnées de rhétoriques antisémites.

 

Face à la montée de fausse informations, de discours de haine et de préjugés croissants, il est clair que, plus que jamais, il est indispensable de se positionner avec force.

 

Il est indispensable au corolaire d’informer, de sensibiliser et d’instruire sur les périls de l’antisémitisme, du négationnisme et de la discrimination. L’éducation en est un levier incontournable.

 

C’est pourquoi, adopter cette définition de l’antisémitisme est un devoir pour affirmer notre détermination à combattre cette forme de racisme. En cela, nous faisons honneur aux valeurs de notre République, qui sont notre force et ne se négocient en aucun cas et jamais.

 

Et pour répondre à Olivier (Girardin), je dirais que l’antisémitisme est un sujet assez particulier puisqu’il nous vient depuis la nuit des temps, et effectivement, je pense qu’il faut reconnaitre cette définition de l’antisémitisme. C’est notre position.