Interventions de Christophe Choserot 

 

24 mars 2017

Prolongation du pacte Lorraine

"Monsieur Le président, mes cher(e)s Collègues,

 

Vous dire déjà Monsieur le Président notre satisfaction de la prolongation du Pacte Lorraine.

Vous dire ensuite le plaisir que j’ai ressenti à la lecture de la délibération que vous nous proposez.

Je me souviens, des heures passées ici dans cet hémicycle à essayer de convaincre le groupe UMP de l’époque et le Front National sur la pertinence économique de ce pacte Lorraine.

Malheureusement, nous n’y sommes pas parvenus, le Groupe UMP s’est abstenu, et le groupe Front National a voté contre. Les critiques étaient partout, sur le fond « le choix des filières, la notion même de VEME » sur les moyens financiers engagés, sur l’effet de levier de 1,5 milliard d’euros envisagés…Ridicule disaient les uns, cela fait mince disaient les autres, écran de fumée concluait Madame Morano.

Et bien Monsieur le Président, je veux vous féliciter. En une délibération, de 2 pages seulement, de quelques lignes. Vous avez réussi dans votre majorité à convaincre ceux-là même qui étaient sceptiques et critiques…d’ailleurs certains siègent encore aujourd’hui. Bravo !

Votre délibération présente le bilan des 3 années de pacte Lorraine, je vais m’y arrêter :

  • 680 projets

  • 1,25 milliard d’euros d’effet de levier et d’investissement au total

  • 3 160 nouveaux emplois et 5 552 emplois maintenus.

  • Le Pacte a donné des résultats. Ces résultats sont dus à l’engagement de chacun.

Avec ce Pacte Lorraine :

  1. Nous avons associé secteur public et initiatives entrepreneuriales.

  2. Nous avons accru la capacité d’innovation.

  3. Nous avons surtout positionné la Lorraine sur des secteurs d’avenir.

3 objectifs stratégiques :

1) faire de la Lorraine le cœur d’une Vallée Européenne des Matériaux, de l’Energie et des procédés,

2) dynamiser les filières lorraines d’excellence (Santé, automobile, aéronautique, forêt-bois et agriculture/Agroalimentaire)

3) promouvoir des démarches innovantes d’attractivité.

Vous dites Monsieur le Président que vous ne souhaitez pas un coup d’arrêt brutal à la dynamique d’innovation et de croissance portée par le pacte, vous avez encore raison de le dire, la dynamique du Pacte ! Continuez à le dire Monsieur le Président, dites le fort pour que…. votre Vice-Présidente à l’innovation puisse l’entendre, elle qui déclare dans la presse que la VEME, action phare de ce pacte est en panne.

Non Madame Merabet, la VEME n’est pas en panne, ce n’est pas non plus un slogan, c’est un écosystème puissant qui a mis en réseau les acteurs lorrains et leurs projets.

La dynamique du pacte a mis en synergie les acteurs stratégiques de l’innovation: le CEA Tech (qui est arrivé grâce au pacte d’ailleurs), l’IRT (Institut de Recherche Technologique) et la SATT (Société d’Accélération et de Transfert de Technologies), L’institut Lafayette, l’Institut Jean Lamour et son tube Daum, équipement scientifique unique au monde.

La dynamique du pacte a conforté nos laboratoires et a renforcé les passerelles vers le tissu économique.

La dynamique du pacte a construit un pôle d’excellence de la transition énergétique, a fait de la Lorraine le pilote de Silver économie, a rendu la Lorraine agricole plus compétitive et a amplifié l’export.

Ce pacte a mis en mouvement un territoire, il a relevé des défis. Sa force ne se trouve pas dans les mots ni même dans les sommes engagées finalement. Sa force est et a été dans l’engagement et la détermination commune de tous les Lorrains.

Je ne doute pas que ce mouvement, que cette VEME, que ces nouvelles filières vont se retrouver dans notre futur SRDEII.

Ce pacte a été en quelque sorte un SRDEII avant l’heure.

A vous maintenant, Monsieur le Président, de maintenir cette dynamique et de l’étendre à l’ensemble de la Région.

 

Je vous remercie"

 

 

28 avril 2017

SRDEII - Schéma de développement économique, d'innovation et d'internationalisation

 

"Monsieur le Président, mes chers collègues,

Ce schéma de développement économique, d’innovation et d’internationalisation est un acte politique majeur. Il sera l’un des premiers documents stratégiques définis à l’échelle de la nouvelle région Grand Est.

Mes chers collègues, nous avons devant nous 2 révolutions. L’une en cours, la révolution numérique, l’autre à venir, encore plus puissante, la révolution écologique.

Ce schéma n’a finalement qu’un sens pour moi . Comment nous organiser pour être une Région leader dans ces 2 domaines, le numérique et la transition énergétique ?

Il est entendu que l’innovation et la recherche seront sans aucun doute une des réponses à ces questions.

Pour autant, l’innovation n’est pas un progrès en soi. Innover pour innover, c’est comme marcher sans but.

Ce qui compte c’est l’usage que nous faisons de l’innovation.

Face à elle, il ne faut pas être béat. Je dis seulement qu’il faut aborder l’innovation et le développement économique de manière lucide pour faire en sorte que la technologie serve le progrès économique, social et écologique.

Vous avez structuré, Monsieur le Président, votre schéma en 6 défis majeurs déclinés en 7 orientations stratégiques.

Vous avez tout d’abord recherché et vous avez raison, les cohérences avec les autres schémas CPRDFOP, SRADET, SRI-S3, CPER,POFEDER.

 

​Cependant vous avez oublié un schéma majeur dans le cadre de cette réflexion, j’avais commencé à l’évoquer lors de notre dernière séance plénière. C’est le SRESRI. Vous ne l’avez même pas lancé. Il fallait me semble-t-il traiter les 2 sujets en parallèle le SRESRI et SRDEII. La recherche est finalement la grande oubliée de la réflexion, vaguement cité page 33.c’est mon premier regret.

Mes chers collègues, il n’y a pas de stratégie claire d’innovation sans stratégie claire de Recherche.

Tout ceci s’illustre malheureusement dans votre politique filière. Alors, là je dois bien dire que l’on a du mal à s’y retrouver, mon second regret.

Vous proposez entre 16 et 18 filières, rien que ça, plus qu’au niveau national ou Européen. Il y en a pour tout le monde. Vos confondez filières et secteurs d’activités… on y trouve la forge, l’architecture, les éoliennes, le photovoltaïque, manque plus que la filière du grand Tétras. Vous finissez même votre inventaire à la Prévert, par quelques points de suspension suggérant une ouverture à tout.

Comment on définit des filières stratégiques :

  • Premièrement, là où l’on a des potentiels économiques et académiques ;

  • Deuxièmement, là où l’on a un marché ;

  • Troisièmement les filières définissent la stratégie de la Région et c’est aussi un marqueur territorial. Si je vous dis Nouvelle Aquitaine, vous me répondez aéronautique. Si je vous dis Auvergne-Rhônes-Alpes, vous me répondez nanotechnologie. Si je vous dis Grand Est ???

Nous, nous proposons 3 filières stratégiques pour notre Région pas une de plus :

  • La première, filière matériaux, énergie et procédés : on retrouve en quelque sorte le 1er ADN de votre document, l’industrie. L’histoire industrielle de cette région, nous a montré qu’on a créé les matériaux et extrait l’énergie du passé. A nous aujourd’hui, d’inventer les matériaux de demain, tout type de matériaux, des éco-matériaux à l’acier du futur. A nous aujourd’hui, d’inventer, de développer les énergies de demain, énergie renouvelable, hydrogène, méthanisation. A nous aujourd’hui de transformer les industries, les ETI, les PME, les TPE par les procédés, ce que vous appelez l’usine 4.0. Et là on retrouve les 2 défis que j’évoquais au début de mon propos le numérique et la transition énergétique. Les usines doivent faire face aux contraintes de notre temps. Elles doivent être écologiques, numériques, économiques, flexibles et ergonomiques.

  • La 2ème filière la Bio économie. On y retrouverait les agro-ressources, le bâtiment durable, les mobilités, l’agroalimentaire, l’agriculture, l’eau, le bois etla chimie verte.

  • 3ème filière la santé : technologie de santé, imagerie, détection précoce, biotechnologie et silver économie.

 

Voilà 3 filières pas plus. structurantes, visibles, lisibles et marqueurs de notre territoire.

Un mot sur l’orientation 2 : Faire du Grand Est un territoire d’expérimentation des innovations.

L’innovation est le moteur de la compétitivité des entreprises, nous le savons.

Monsieur le Président, ce que vous proposez dans cette orientation 2, pour l’innovation, me va bien. Ça répond aux besoins des entreprises. Ça stimule les investissements privés. Ça facilite les projets collaboratifs. Ça encourage l’entreprenariat. Ça amplifie la valorisation des résultats de la recherche et ça développe la création de Start-up.

La Région Grand Est a tous les instruments qu’il lui faut pour mobiliser la recherche, innover et se positionner comme terre d’innovation.

Je veux terminer mon propos par une citation d’Edwin Herbert Land, inventeur du polaroid et scientifique américain. il disait la chose suivante « Innover, ce n’est pas avoir une nouvelle idée mais arrêter d’avoir une vieille idée ».

Alors en Région Grand Est arrêtons d’avoir de vieilles idées.

 

Je vous remercie."

 

 

 

 

20. octobre 2017

Les orientations budgétaires font apparaitre les difficultés politiques de la majorité à construire la Région Grand Est

 

Christophe Choserot s'est exprimé sur le volet développement économique du DOB 2018.

 

 

" Monsieur le Président, mes cher-e-s collègues

1,8% de croissance, c’est le taux relevé par l’INSEE pour 2017, du jamais vu depuis 2011.

Certains découvrent cela avec surprise. Pas moi, c’est le résultat des politiques économiques mises en place lors du dernier quinquennat, je pense au CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi), CIR (Crédit Impôt Recherche) ou  pacte de responsabilité.

Cette accélération de croissance, c’est bon pour l’économie, pour l’emploi et pour les finances publiques.

La question que l’on peut légitimement se poser à présent, c’est comment la Région Grand Est compte tirer les bénéfices de cette reprise de croissance.

Je pensais donc trouver ma réponse à la lecture de votre Rapport d’orientations budgétaires.

Malheureusement, votre rapport me fait penser, pardon, à une recette de cuisine.

Je m’explique. Nous avons tous les ingrédients souvent intéressants pour ne pas dire appétissants mais sans description de la recette.

Finalement, votre rapport fait cruellement apparaitre vos difficultés politiques à construire cette Région Grand Est.

La donnée est simple, soit nous arrivons à construire cette grande région, soit nous sommes condamnés à regarder une fois de plus passer les trains, dont les tarifs ont fortement augmenté, mais c’est un autre débat.

Il est temps de fixer un cap, d’arrêter une stratégie pour être plus fort mais aussi plus proche de nos concitoyens.

Monsieur le Président, je vous propose de quitter votre port alsacien et de prendre la mer du grand Est ensemble.

Oh je sais que les amarres sont résistantes, qu’il vous faudra de la volonté pour les rompre.

Je sais aussi que les courants inverses sont puissants.

Mais, pour construire cette nouvelle région, j’ai l’intime conviction que nous devons sortir de nos habitudes. C’est de votre responsabilité maintenant, vous dérober serait une faute. Les courants de l’immobilisme et des conservatismes sont puissants. Beaucoup s’accommodent du statu quo. Si vous voulez avancer, vous devez agir et vite. Les autres régions avancent, nous nous sommes à l’arrêt complet.

Mais revenons à la question posée « comment la Région Grand Est compte tirer les bénéfices de cette reprise de croissance ? »

Je le redis les ingrédients sont là avec de bons dispositifs : Plan industrie du futur, l’accélération de l’innovation, une ingénierie financière qui est offensive, des partenariats intéressants avec la BPI, de nombreux appels à manifestation.

 

Tous les ingrédients sont là, mais pas de méthode, ni de recette. Les questions de structuration et de construction sont partout.

Rien que dans le champ du développement économique. Comment allez-vous structurer le territoire pour faire émerger des projets ? Comment allez-vous détecter les besoins des entreprises ? comment allez-vous travailler avec les intercommunalités et les métropoles ? Comment allez-vous accompagner les porteurs de projets à l’international ? Comment allez-vous structurer et animer vos filières du SRDEII ? Quand allez-vous enfin lancer  le SRESRI, avoir une vraie stratégie de recherche en cohérence avec vos orientations économiques ? Quand allez-vous enfin sortir de cette vision étriquée d’un pacte grandes écoles et vous ouvrir à l’Enseignement supérieur dans son ensemble ? à toutes ces questions, nous n’avons pas de réponses.

Je suis un fervent défenseur, vous le savez, de la région Grand Est, son périmètre est bon. Mais notre positionnement géographique nous impose d’être bons à notre tour,  compris à l’Ouest de l’Ile-de-France puissante et structurée et à l’Est de 3 länder allemands, de la Suisse, du Luxembourg et  de la Belgique.

 

Monsieur le Président, ne soyez pas otage, ne retombez pas dans les mêmes pièges tendus à votre prédécesseur. Il est temps de faire confiance aux territoires et de reconnaitre leurs potentiels.

Méditons ce proverbe africain «  Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin » Je vous propose d’aller plus loin…

Je vous remercie. "

21. décembre 2017

Les universités les Grandes oubliées

 

 

Christophe Choserot s'est exprimé sur le Budget Primitif 2018 - Innovation, Enseignement supérieur et Recherche.

 

" Monsieur le Président, Mes chers Collègues,

 

J’ai donc 3 mn pour parler d’un sujet essentiel pour l’avenir de la Région, 3 mn pour parler de recherche, d’innovation et d’enseignement supérieur.

 

Donc ne tardons pas, rentrons directement dans le sujet.

 

Dans le champ de l’innovation, vous inscrivez 18,2M€ d’investissements et 16,2M€ de fonctionnement, un budget total de 34,4 M€, soit une baisse de - 17% par rapport en 2017, c’est quelques 7 M€ que la région Grand Est ne verra pas dans l’innovation.

 

Ce n’est pas un très bon signal lancé par la Région quand on sait que la croissance est de retour en France, à raison de 1,7% pour 2017. Croissance due au regain de compétitivité des entreprises ; compétitivité due en partie à l’innovation.

 

Vous faites donc l’inverse de ce qu’il faut faire, au moment même où les signaux passent au vert les uns après les autres dans le pays. Au moment même où la majorité des Régions font des efforts importants dans le champ de l’innovation. Vous, vous vous permettez le luxe de faire l’inverse et de baisser le budget innovation de - 17%.

 

Le Président de la Région Grand Est vient donc de prendre son portevoix pour dire haut et fort aux entrepreneurs, aux développeurs : ne venez pas créer en Région GRAND EST !

 

Mais le paradoxe est que vous avez mis en place une boîte à outils d’innovation tout à fait remarquable.

 

Bref, vous vous dotez d’une très belle mécanique mais vous ne voulez pas y mettre de l’essence.

 

Paradoxe, mais surtout erreur politique. Ce n’est vraiment pas le moment au regard du regain de croissance de baisser le budget innovation.

 

Dans le champ de la recherche : même constat, vous inscrivez 4,6M€ d’investissements et 10,7M€ de fonctionnement, un budget total de 15,3 M€ en baisse de - 54% par rapport en 2017, c’est quelques 18 M€ que la région Grand Est ne verra pas en recherche, 1M€ de fonctionnement en moins, 17M€ d’investissements.

 

C’est 18M€ de soutien en moins à la matière grise de notre territoire, et ça, c’est catastrophique.

 

Signal négatif sur l’innovation, signal négatif sur la recherche.

 

Quant à enseignement supérieur : là, nous avons un problème Monsieur le président ; il faut que nous en parlions. Je ne parle pas des chiffres. Cette fois vous augmentez de manière considérable le budget de fonctionnement de l’enseignement supérieur, vous inscrivez 9,4M€ en 2018 contre 5,6M€ en 2017 soit une augmentation de + 67%. C’est extraordinaire.

 

Mais pour qui ?

 

Le nombre d’étudiants dans le Grand Est est de 200 000 étudiants, 13 000 en école d’ingénieur, 2 800 en école de commerce.

 

Vous, vous faites le choix de n’en soutenir qu’une infime partie, moins de 7% des formations de notre région à travers un pacte Grande Ecole : 6M€ pour la Lorraine et la Champagne-Ardenne et 1,4M€ pour le territoire Alsaciens.

 

Mais vous ne vous arrêtez pas là ; vous rajoutez 3,7M€ Pour Sciences po Campus Reims et Nancy, ICN Business School, ESC Troyes, et la petite dernière, l’Ecole Spéciale des Travaux publics de Troyes.

 

En revanche, rien du tout pour les formations DUT, BTS, Licences, Licences Pros et Master…rien.

 

Pensez-vous vraiment Monsieur le Président, que ces filières sont inutiles pour notre Région.

 

Pensez-vous vraiment Monsieur le Président, que ces formations ne sont pas attractives pour notre territoire, notre économie ? J’ai mille exemples qui vous prouvent le contraire.

 

Dans ce sens, je défendrai un amendement au nom de mon groupe pour changer ce fumeux Pacte Grandes Ecoles en un ambitieux Pacte pour l’enseignement supérieur du Grand Est. Parce que pour nous, il n’y a pas des enseignements supérieurs mais bel et bien un seul enseignement supérieur regroupant l’ensemble des formations. Parce que pour nous, nous souhaitons soutenir les bons projets, utiles à notre Région, et nous ne sommes pas dans l’élitisme, mais dans l’équité, l’égalité et l’efficacité.

 

Je vous remercie. "

21. décembre 2017

Pour un Pacte Enseignement Supérieur Grand Est

 

 

 

Présentation Amendement du Groupe socialiste au rapport 17SP-2581  - Budget Primitif 2018- Enseignement Supérieur et Recherche

 

Notre amendement : Modification du titre et des références au « Pacte Grandes Ecoles »  par « Pacte Enseignement Supérieur du Grand Est ».

Déjà interpelé la majorité l’an dernier sur ce sujet (réponse V.Debord), débat en commission – écho plutôt positif (CR qui vienne avec leurs demandes).

Pourquoi cet amendement ?

  • 5 universités : Université de Strasbourg IDEX, Université de Lorraine ISITE, Université de Reims CA, UTT de Troyes, Université Haute-Alsace, des IUT, des CPGE, des STS et des écoles

  • Des licences et masters très performants, souvent très professionnalisant. Des formations Bac+2, +3, +5 en adéquation avec les besoins des PME et ETI de la région.

 

Pourquoi nous soutenons l’enseignement supérieur ?

  • Nous voulons former les cadres de demain, des techniciens supérieurs très spécialisés, de futurs entrepreneurs, bref nous faisons le pari de la connaissance.

Que propose notre amendement : le soutien aux bons projets, le soutien à l’interdisciplinarité, le soutien à des plateformes pédagogiques, le soutien à des formations qui viendront soutenir les secteurs d’activité de la Région, mais aussi préparer les filières de demain.

Retrouvez l'amendement du Groupe Socialiste :

 

Déposé par : Diana ANDRE, Joëlle BARAT, Christophe CHOSEROT, Hélène COLIN, Olivier GIRARDIN, Antoine HOME, Jean-Marie LALANDRE, Jean-Pierre LIOUVILLE, Jean-Pierre MASSERET, Bertrand MASSON, Jacques MEYER, Linda MUNSTER, Emmanuel RECHT, Pernelle RICHARDOT, Cléo SCHWEITZER, Rachel THOMAS, Julien VAILLANT, Brigitte VAISSE, Paola ZANETTI.

Exposé des motifs :

- Considérant que le dispositif « Pacte Grande Ecoles » est un dispositif de soutien aux écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, écoles d’art et écoles d’architecture ; Il exclut de fait les IUT (Instituts Universitaires Technologiques), les STS  (Sections de Techniciens Supérieurs), les CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) et les formations universitaires délivrant les diplômes de  licences, licences professionnelles et Masters.
- Considérant que ce Pacte tourne le dos à près de 93% des étudiants de notre région Grand Est,
- Considérant que les forces d’attractivité et d’excellence sur notre territoire ne sont pas seulement les Grandes Ecoles mais bien l’ensemble des formations d’enseignement supérieur dont les formations universitaires »

Nous proposons la modification suivante :

Modification du titre et des références au « Pacte Grandes Écoles » pages 20 et 21 par « Pacte Enseignement Supérieur du Grand Est ».

Ajout d’un paragraphe après le 3ème § du document : « Au-delà des Grandes Écoles, ce pacte associera l’ensemble des formations universitaires, qui sont pour la plupart d’entre elles très professionnalisantes (DUT, BTS, Licence Pro et Master Pro). Seront privilégiées les formations qui nourrissent les filières économiques de la Région Grand Est, encourageant de ce fait les interdisciplinarités »

Modification de la phrase « Ces Grandes Ecoles méritent d’être mobilisées autour d’objectifs communs » par « Ce pacte Enseignement Supérieur du Grand Est doit être mobilisé autour d’objectifs communs »

Pour le Groupe Socialiste, Christophe Choserot.

 

Intervention de Diana André 

21. décembre 2017

Développement touristique ... oui mais pour qui ?

Diana André est intervenue sur le Budget 2018 en matière de tourisme lors de la séance plénière du 21 décembre 2017.

 

 

"Monsieur le Président,

 

Au-delà d’attendus que chacun ici peut partager, il convient de noter quelques remarques qui interpellent aussi bien en termes d’investissement qu’en termes d’accompagnement de structures. Votre budget tourisme affiche effectivement un beau catalogue qui promet des jours heureux pour une destination Grand Est.

 

Mais en feuilletant celui-ci, je vais relever un sujet qui est symptomatique de sa philosophie et sa ligne directrice. Ainsi, lorsque vous évoquez l’offre d’hébergement, l’accompagnement est avant tout ciblé sur des montées en gamme d’établissements. Ce qui laisse de côté les petites structures hôtelières qui désirent se moderniser mais n’ont pas les capacités financières propres à engager pour transformer leur établissement afin d’accéder au nombre d’étoiles demandé.

 

C’est ainsi que certains, puisque ils ne se trouvent pas dans le créneau leur permettant de prétendre à un accompagnement, ne parviennent pas pérenniser leur offre et obèrent à terme la transmission ou la reprise de leur bien. Les petits hôtels offrent pourtant un accueil particulièrement prisé des clientèles modestes. Chacun le sait, un grand nombre d’étoiles favorise une clientèle aisée. Ce sont d’ailleurs, dans certains territoires, les seuls présents à offrir un hébergement. Mais sans doute ces territoires sont-ils éloignés des destinations phares que la Région désire privilégier. Il est pourtant, parmi ceux-ci, des pépites à valoriser, en offrant des possibilités d’offres d’hébergement.

 

À vouloir trop privilégier les sites dits incontournables, on risque d’éloigner les touristes de véritables découvertes. Nous avons tous, dans cette assemblée, une connaissance fine de nos territoires et pouvons donner des exemples pertinents de paysages, de patrimoines ou de spécificités à valoriser.

 

Un développement équilibré nécessite un véritable travail partagé avec les territoires qui serait assurément un plus pour promouvoir chacun et favoriser ainsi un atout économique indéniable. Faire d’une destination encore trop confidentielle un véritable enjeu devrait être également pris en compte. D’où la nécessité d’une contractualisation accrue avec les acteurs locaux qu’il serait intéressant de conduire, dans ce domaine du tourisme comme dans tant d’autres.

 

Quant à la notion de tourisme social ou en direction de publics en situation de handicap, elle est absente de votre budget, pourtant un levier évident de développement économique, tout en assurant une offre au plus grand nombre à tous les âges de la vie. Nous proposons d’ailleurs un amendement sur ce sujet.

 

Pour le reste, on peine parfois à comprendre la logique qui préside à vos décisions, mêlant appels à projets pour certains, avec des critères notés, et soutiens à des projets structurants pour d’autres. Sans doute, est-ce pour permettre d’élargir les fameux critères qui ne correspondent peut-être pas à certains cas ou à certaines demandes…

 

Là encore, au regard des subventions accordées, on s’interroge sur le montant impressionnant de celles-ci.

 

Et bien entendu, on attend avec impatience les conclusions, en 2018, de la mission d’étude et d’accompagnement relative à la mise en œuvre du scénario retenu pour l’organisation de la promotion touristique de la Région Grand Est. Et ce pour un montant voté dernièrement, un montant qui laisse rêveurs tous ceux qui par ailleurs n’entrent pas dans les cases ad hoc.

 

Etude encore dont les résultats se font attendre, celle concernant le site de Madine. Le rapport d’étape n’a pour l’instant fait que poser les évidences, maintes fois déjà évoquées et posées comme postulats les années précédentes. On a l’impression de tourner en rond…

 

Comme on attend la présentation du Schéma Régional de Développement du Tourisme qui définira la stratégie de la Région pour cinq ans.

 

Bref, beaucoup d’attentes…

 

En conclusion, si nous partageons cette vision du tourisme en tant que source de vitalité pour chacun de nos territoires, en tant que vecteur de dynamique, nous considérons qu’effectivement, accompagner les structures touristiques d’envergure et les projets structurants, c’est bien, mais en voulant privilégier le « haut de gamme » et ce qui est déjà fort connu, il est à constater que sont mis de côté les sites les plus modestes, qui sont à la peine, à l’écart des grandes destinations déjà fortement médiatisées.

 

Sans un accompagnement fort de ceux-ci, cette conception élitiste rend difficile un tourisme porteur de développement économique pour tous les territoires les plus éloignés des grandes destinations. Car il importe que chacun puisse, comme un véritable acteur du tourisme, être pris en compte et reconnu comme tel. Cette stratégie de terrain que vous évoquiez tout à l’heure Monsieur le Président, nous l’appelons de nos vœux…

 

Je vous remercie".

Interventions de Rachel Thomas 

28. avril 2017

Pacte pour la Ruralité : Un Pacte d'illusions

Rachel Thomas s'est exprimée sur le Pacte pour la Ruralité.

 

"Monsieur le Président, mes chers collègues,

 

Les territoires ruraux sont une chance pour notre Grand Est, ils sont au cœur de l’identité. Ils contribuent directement à notre économie régionale et à sa dynamique.

 

Ils sont en effet confrontés à des défis majeurs qui viennent d’être rappelés et l’enjeu pour la Ruralité a été parfaitement décrit par Monsieur Leroy à cet instant.

 

Je refuse que l’on caractérise et décrive ces territoires dans une agonie permanente, comme je viens de l’entendre de la part de Monsieur Philippe Mangin.

 

Je regarde sans naïveté, mais avec réalité et pragmatisme les besoins et la volonté, à la fois de l’ensemble des acteurs et des forces vives qui ne manquent pas d’imagination et d’innovation sur ces territoires.

 

La méthode que vous avez déployé pour construire ce Pacte pour la Ruralité est intéressante, je l’ai suivie avec beaucoup d’attention. Elle a mobilisé bon nombre de personnes en responsabilité. Cette Méthode a co-construit ce schéma, mais cela a surtout généré des envies, un intérêt important à ce qui été porté.

 

Elle a surtout suscité des attentes nombreuses sur les territoires afin de permettre d’accompagner au mieux et au plus juste les initiatives portées.

 

Nous étions dans l’attente de ce schéma stratégique, tenant compte du fait que dans une autre région les « Pays de la Loire », vos collègues, l’ont voté il y a un plus d’an de cela. Nous nous sommes dit le Grand Est est très spécifique, il a une grande part de territoire ruraux et par conséquence ce document stratégique se doit d’être majeur et il va nécessairement nous faire des propositions importantes.

 

Nous attendions une proposition d’un schéma ambitieux, innovant, complémentaire aux politiques existantes dans notre collectivité. Nous attendions une une politique publique structurante  construite au plus près des besoins des acteurs des territoires  et surtout, ce qu’on ne retrouve pas dans ce document, une contractualisation  avec les acteurs et les forces vives sur des objectifs de développement et des moyens partagés dans les territoires.

 

Nous attendions que vous proposiez dans les objectifs posés une respiration, mieux, de la confiance accordée aux territoires ruraux. La confiance elle se construit, se bâtit, elle ne s’impose pas par des règles et des normes centralisées et imposées aux territoires. Cela va les contraidre à penser à leur développement dans le prisme de ces règles régionales et non en réalité de leurs propres initiatives et de leurs volontés à agir.

 

C’est à la Région de s’adapter aux réalités des territoires et non l’inverse.

 

Nous attendions en effet un Pacte stratégique, qui soit un Plus et surtout un Mieux pour nos territoires. Concrètement un budget supplémentaire a alloué à ces territoires, en toute transparence, un booster, un marqueur pour cette mandature.

 

Malheureusement je crains qu’à cette étape il ne soit qu’un Pacte d’illusions.

 

Je dis bien à cette étape, je ne doute pas qu’il soit corrigé au fur et à mesure de l’avancée de son installation.

 

Au mieux ce Pacte, vous venez de le rappeler va s’alimenter et se nourrir des politiques sectorielles existantes ou en cours de définition.

 

Donc un peu d’agriculture, sur les politiques d’installation, un peu de forêt, un peu d’Education Populaire, un peu de politique associative, et surtout il va se nourrir de la politique d’aménagement des Territoires. Politique d’enfermement plutôt que de respiration.  

 

Il s’agit de juxtaposition de dispositifs existant que vous souhaitez bonifier.

 

Ce Pacte pour la Ruralité est un document de communication et de markéting.

 

Vous proposez une bonification, sur 70 dispositifs, posée sur une cartographie de territoires éligibles et impose une stigmatisation de ces territoires, qui fracture plutôt qu’il ne consolide.

 

Votre refus de contractualiser et de confier en responsabilité des moyens voire des dotations budgétaires spécifiques aux territoires, nous sembles dommageable.

 

Votre refus d’avancer sur ces sujets marque une absence de lisibilité et de liberté à l’initiative des territoires.

 

J’aurais souhaité un pacte de Liberté, et non pas un pacte administratif comme vous nous le proposer.

 

La contractualisation aurait été un acte fondateur et majeur, un acte de confiance, qui aurait structuré la mise en place d’une République décentralisée des territoires. Cela aurait dû être l’objectif premier de ce Pacte.

 

Je vous remercie.  "

29. juin 2017

Quel déploiement du projet politique agricole de la Région Grand Est ?

Rachel Thomas est intervenue sur le déploiement du projet politique agricole régional.

"Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Comme vous l'avez indiqué dans votre propos introductifs, l'ensemble des propositions formulées par vos Vice-Présidents sont bâties et structurées en continuité et en réalité des politiques publiques menées par nos anciennes régions.

 

Pour autant, nous serons vigilants et force de propositions afin que vous mobilisiez les volumes de budgets nécessaires et conséquents afin de répondre aux objectifs posés au-delà des intentions formulées de ces contrats de filières.

 

En agriculture, Forêt et pour les industries de l’Agro-Alimentaire, l'effet de levier budgétaire doit être impulsé par la mobilisation efficace des trois maquettes FEADER allouées à notre Région et dont nous sommes, en tant que Région Grand Est, autorité de gestion soit plus de 600 millions d'euros pour la période de 2014/2020.

 

Or à ce jour, pour des raisons techniques et des choix politiques, le versement de ces financements est aujourd'hui bloqué et prive ainsi les agriculteurs et les industries de l’Agro-Alimentaire de ces accompagnements financiers dus et indispensables à la survie de leurs entreprises dans ces temps très compliqués.

 

Nous sommes interpellés chaque jour sur ce manquement et quel que soit les éléments de langage formulés, ils sont incompréhensibles pour les bénéficiaires.

 

Monsieur le président, nous pouvons tous nous renvoyer la balle et je doute qu'elle soit gagnante et Il y a là des responsabilités partagées.

 

Il est urgent de trouver les bonnes options et solutions qui conduiront à sécuriser à très court terme nos entreprises dans les territoires ruraux dans le Grand Est, qui peut être en effet le 1er levier du futur plan de sauvegarde appelé ici pour l’agriculture.

 

Je sais que des Conseils Départementaux, face à la situation et à l’interpellation quotidienne des agriculteurs, envisagent, par une avance de trésorerie, de trouver une solution à très court terme si l’aspect administratif et juridique leurs permettent.

 

Est-ce que la collectivité régionale dans ce futur plan de sauvegarde souhaite mettre en œuvre des solutions court terme au combien indispensable à notre agriculture ?

 

Je vous remercie de votre attention."

21. décembre 2017

Un Budget Agriculture et Forêt qui manque de souffle

Rachel Thomas est intervenue sur le Budget primitif 2018 - Agriculture et Forêt.

"Monsieur le président,

3/10 : C'est la note qui vous est attribuée ce matin par les agriculteurs mosellans dans la rue et en colère concernant les orientations et la mise en œuvre de votre politique agricole régionale. 


Cela traduit clairement l'absence de pédagogie, de clarté, de réactivité, de dynamisme, d'impulsion et d'orientations de votre politique afin de répondre et d'accompagner efficacement les besoins exprimés par les agriculteurs concernant leurs volontés de s'engager dans des mutations et changements importants de leurs métiers.
Votre budget manque de souffle et toujours aussi insuffisant au regard des enjeux et des difficultés rappelés par Jean-François Guillaume mais qui ne parvient pas à trouver des solutions adaptées.


C’est à reconnaitre, vous engagez de nombreux chantiers de réflexion qui se déclinent par des schémas ou des contrats mais leurs traductions concrètes sont autant de déceptions constatées par les acteurs et pour lesquels il faut réexpliquer.


Quelques exemples au travers des rapports présentés...


Le manque d'ambition et d'exigence de vos propositions concernant la structuration des marchés alimentaires en région est regrettable et entache d'emblée les perspectives de développement pour les agriculteurs à répondre aux bons de commande de la RHF.

Le contrat de filière Elevage lait reprend beaucoup d'éléments de diagnostics connus de notre terre de polyculture élevage et l’existant, PCEA, et pose quelques orientations nouvelles discutables.


Les programmes sanitaires portés par les  départements sont devenus une compétence économique des régions .Ils sont essentiels dans notre terre de polyculture élevage et garants de la pérennité et de la compétitivité de la diversité de nos élevages.


Les 10 départements consacraient annuellement 1,7 million d'euros sur la mise en œuvre  de ces programmes sanitaires.


Vous proposez en reprise et avec brutalité d'engager uniquement 1 million d'euros pour 2018 .Le compte n'y est pas et vous placez en difficultés les organisations porteuses.


Le financement des caisses de péréquation en élevage pour nous, relève strictement de la compétence et de la responsabilité des organisations de producteurs, de leurs résultats commerciaux, et en rien de celle des régions.
Vous posez le principe de la mise ne œuvre d'appel à projets concernant le renouvellement des peuplements en Forêt.
Cela est essentiel pour la pérennité de la filière bois et les anciennes régions l'avaient anticipée dans les outils de financements FEADER.


Pour autant, il est impératif de donner priorité à la valeur ajoutée en Grand Est et que notre région favorise nos entreprises forestières de première transformation de sa récolte forestière.
Ainsi il est impératif de moduler les critères d'accès à nos dispositifs aux bénéficiaires qui répondent à ces priorités. C’est vous qui tenez la plume, je vous laisse ainsi compléter.

 

Je vous remercie."

21. décembre 2017

Amendement : le Tourisme social en Grand Est demeure un combat d'AVENIR

Amendement : Le Tourisme social en Grand Est demeure un combat d'AVENIR.

 

Exposé des motifs

Considérant que le tourisme associatif à vocation sociale en France est d'abord le résultat de combats d'hommes et de femmes et d'engagements d'institutions, de collectivités, de syndicats, de comités d'entreprises, de multiples associations qui par leurs actions, promeuvent le droit au départ en vacances de qualité pour Tous.

 

Considérant que le tourisme social est également un atout de développement global. Il est déterminant en termes de retombées économiques, d'emplois pour la filière touristique et un acteur de l'aménagement du territoire au travers du prisme d'une plus grande inclusion et cohésion sociale indispensable à la consolidation de la Région Grand Est.

 

Considérant l'ensemble des bénéfices pour les habitants du Grand Est générés par le développement du Tourisme Social, il est impératif qu'il soit :

 

-  Identifié clairement comme une ambition politique de la Région, vivier de l'attractivité et du rayonnement de la destination touristique du Grand Est.

- Inscrit comme un axe stratégique du futur Schéma Régional du Tourisme en Grand Est.

- Décliné en actions spécifiques avec les lignes budgétaires nécessaires et en adéquation avec les besoins exprimés par les têtes de réseaux qui concourent à son dynamisme et à sa notoriété.

   

 

Nous proposons les modifications suivantes dans le Budget primitif - Tourisme

 

Ajouter un tiret page 2 dans la liste « Les activités touristiques sont très diversifiées avec de réels points forts » : « -Tourisme Social » ;

 

Ajouter deux tirets page 2 dans la liste « Notre politique régional du tourisme, dont les objectifs sont identifiés ci-dessous, participe ainsi pleinement de nos grandes priorités d’action, qu’il s’agisse du rayonnement européen du Grand Est, de l’emploi, de l’équilibre territorial ou encore de la jeunesse » : « Accompagner le retour de l'opération « Premiers départs en vacances » pour les enfants et les séniors en situation difficile et les associations organisatrices de cette action d’envergure» et  « Soutenir la modernisation, la montée en gamme et la mise aux normes du parc d'équipements » ;

 

Modifier page 3 le premier tiret du I.2 comme suivi « des structures touristiques d’envergure (FROTSI, UNAT, AJA, Parcs et Jardins, Centre Mondial de la Paix, les structures mettant en place l’aide aux « Premiers départs en vacances », …) ».

Intervention de Jean-Pierre Masseret

20. octobre 2017

Grand Est : La nécessité de l'unité

Jean-Pierre Masseret s'est exprimé lors de l'ouverture de la Séance Plénière.

" Nous sommes réunis aujourd’hui pour l’élection d’un nouveau Président suite à la décision prise par Philippe Richert.

 

En ce moment je pense à lui et mes premiers mots sont naturellement pour Philippe Richert, je lui souhaite de vivre pleinement, heureusement tous les meilleurs moments que la vie va lui donner dorénavant.

 

Dans quelques instants nous allons, enfin la majorité de l’Assemblée va désigner Jean Rottner, je prends le pari je ne pense pas  me tromper quant à l’issue de ce scrutin.

 

C’est peut-être parce qu’il va être Président de notre assemblée que les quelques mots que je vais tenir, qui me sont autorisés par ma qualité de doyen d’âge, s’adresse à lui, mais à travers lui c’est  nous tous qui sommes  concernés.

 

La question principale qui nous est posée depuis  quelques semaines c’est le maintien de l’unité de la Région Grand Est. Je me pose cette question parce que j’ai lu et vu que des élus nationaux alsaciens s’étaient réunis à Paris. Ils ont parfaitement le droit de se réunir où ils veulent et quand ils le veulent mais le thème qu’ils ont posé, c’est celui de l’évolution institutionnelle, le cas échant, de notre Région Grand Est.

 

Cela me pose question, sur la méthode que je trouve décalée, incorrecte, vis-à-vis même  de ce que nous représentons. Et si jamais cette question se pose, elle concerne les 5.5 millions d’habitants de la région Grand Est, et sur le plan institutionnel, elle nous concerne très directement .

 

Nous devons remettre, si j’ose dire, l’Eglise au milieu du village et parler de l’unité.

 

Jean Rottner, je sais les positions qui ont été les vôtre dans le passé, je n’en ferai jamais grief. Le passé est le passé. Ce qui compte dorénavant ce sont les mots et les actes que vous allez poser.

 

Faisons table rase de tous ce qui a pu être dit, d’initiatives qui ont pu être prises par rapport à la construction de cette Région Grand Est. Ce qui compte maintenant c’est effectivement ce que nous allons poser sur la table pour maintenir cette unité, parce qu’il serait catastrophique, y compris pour nos amis alsaciens, que de détricoter ce qui a été construit.

 

Depuis deux ans des choses ont été décidées, on peut les discuter, on peut ne pas être satisfait de décision qui ont été prises, c’est la vie démocratique mais il y avait un point de passage obligé, celui de cette construction. Deux ans, c’est personnellement, ce que j’ai toujours considéré comme temps nécessaire pour faire cette construction institutionnelle nouvelle  mais maintenant il faut se projeter.

 

Il faut se projeter par rapport à cette unité car les enjeux sont nationaux, les enjeux sont européens, et donc on doit s’interroger politiquement sur le contenu de ce que nous allons orienter, décider et impulser.

 

Moins d’administration et plus de vision politique, c’est nécessaire si nous voulons être compétitif à l’endroit des autres régions françaises qui s’organisent, qui ont profité du moment pour avancer, mais également dans la construction européenne qui est une des clés centrale de notre avenir.

 

Je pense qu’à ce niveau, il y a trois possibilités qui s’offrent à nous.

 

Une vision centralisée, administrée de notre fonctionnement, je pense que cela serait une erreur car c’est précisément ce qui alimenterait les positions que j’ai décrit tout à l’heure.

 

J’ai essayé d’anoblir, ce que ces élus nationaux, responsables politiques ont voulu nous dire. Au préalable je regrette l’approche identitaire car les institutions de la République c’est sérieux.

 

Qu’ont-ils voulu nous dire à travers cette initiative? Ils revendiquent, de façon trop égoïste, le besoin d’être dans la proximité considérant que cette proximité doit produire de l’efficacité. Donc être proche pour être fort.

 

Cet objectif nous intéresse. C’est un objectif qui doit alors concerner l’ensemble du territoire  de cette Région Grand Est. Être plus proche, plus fort ne peut pas être limité à nos amis alsaciens, le territoire Champardenais, le territoire Lorrain ont les mêmes exigences.

 

Donc la démarche qui consisterait à centraliser administrativement le fonctionnement demain de notre institution serait une erreur qui alimenterait précisément ces prises de position.

 

Le second choix pourrait être le choix de la décentralisation, confier à d’autres que nous même, c’est-à-dire aux métropoles, aux départements, les options, les stratégies que nous aimerions développer. Ce n’est pas, me semble-t-il, la bonne solution car il est démontré qu’à travers ce schéma technique d’organisation du fonctionnement politique, ce sont les plus forts qui l’emportent sur les plus faibles, or nous avons à conserver la capacité de développement riche qui existe sur tous les territoires de notre Région Grand Est.

 

C’est une Région formidable, vous le savez comme moi, les potentiels sont exceptionnels dans de nombreux domaines. Dans le domaine intellectuel, grâce à nos universités, à nos centres de recherches, dans le domaine économique, nous avons de magnifiques et forts secteurs d’activités sur l’ensemble du territoire.

 

Il serait tragique que ce potentiel-là ne soit pas pris en compte par nous, et par l’ensemble des 5.5 millions d’habitants pour lui donner tout le contenu nécessaire.

 

La voie qui serait sans doute la plus opérante, celle qui permettrait de concilier à la fois tous ces éléments, parfois contradictoires ou complémentaires, c’est la contractualisation avec l’ensemble des territoires.

 

Parce qu’il existe des potentiels sur chacun des territoires de Saint Louis à Givet, De Wingen-sur-Moder à La chapelle Saint Luc.

 

Cette vision contractuelle, avec les métropoles et les autres territoires nous permettrait d’être un partenaire utile, avec l’État qui a ses visions, qui peuvent être discutées, on peut regretter certaines positions mais rechercher comment nos stratégies, accompagnent les stratégies de l’Etat  et les stratégies de nos territoires ? Grace à la contractualisation nous serons plus proches et plus forts.

 

Je pense que quand Philippe Richert a accéléré sa décision de quitter  le Conseil Régional, il y avait un message,  c’est celui de l’unité de la Région Grand Est. Cette unité vous devez la maintenir.

 

Je vous remercie."

Intervention de Paola Zanetti

28. avril 2017

Aménagement des Territoires : Ayez confiance en nos territoires

Paola Zanetti s'est exprimée sur les nouveaux dispositifs "Aménagement des Territoires".

 

" Monsieur le Président,

 

Nous examinons 11 dispositifs qui pour la plupart sont reconduits, comme le soutien au commerce rural ou encore les ravalements de façades directement à l’habitant, qui sont des dispositifs qui existaient dans certaines des précédentes régions.

 

Vous avez rappelé les 4 priorités, sur lesquelles nous sommes d’accord. Elles fondent en effet une stratégie territoriale nécessaire à la fois pour  réduire les fractures entre les territoires ruraux et urbains, pour éviter la disparition des services à la personne et pour réduire les inégalités.

 

Lutter contre ces fractures, est bien la réponse que nous devons collectivement pour stopper ce sentiment d’abandon sur les territoires et qui peut produire la montée des extrémismes. En même temps n’oublions pas que le territoire est avant tout le lieu ou s’exprime la vie, qu’elle soit citoyenne, économique, social, environnementale et culturelle.

 

Quand nous agissons sur l’aménagement du territoire nous agissons pour la vie quotidienne de nos concitoyens.

 

Nous l’avons répété à plusieurs reprises depuis 18 mois en Séance Plénière ou en Commission : il n’y a pas de « petit territoire », ni de « territoire sans avenir » dans notre région Grand Est. Chacun doit pouvoir contribuer à l’attractivité de notre Région et la responsabilité de notre collectivité est bien d’amener ces territoires à faire région ensemble.

 

Pour notre groupe avoir une stratégie territoriale forte, répond aussi, en dehors de ses priorités, à une méthode. Cette méthode est celle de la contractualisation.

 

J’ai entendue parler de co-construction, c’est un terme qui n’est pas suffisant à mon sens.

 

Je le dis, il n’y a pas de co-construction efficace si il n’y a pas de contractualisation entre la région et les territoires. Sinon cela s’appelle de la consultation au mieux de la concertation.

 

En commission j’ai eu l’occasion de qualifier nos regrets et nos attentes avec l’expression « c’est dommage ».

 

C’est dommage, il y a l’intention politique mais il n’y a pas la méthode.

 

C’est dommage, il y a l’ambition politique, mais les dispositifs qui nous sont proposés viennent réduire cette vision à une gestion technique et administrative

 

La contractualisation c’est construire avec et aux cotés des Territoires des orientations stratégique partagées de développement, de définir avec eux les projets qui viennent les décliner et ensuite d’en assurer son financement.

 

C’est dommage, car à la volonté de faire confiance aux territoires, vous substituez des dispositifs trop restrictifs.

 

Je vais en citer deux notamment sur lesquelles effectivement nous avons souhaité déposer des amendements.

 

Sur le dispositif d’accompagnement de projet à vocation intercommunale vous limiter à un dossier pour la mandature. De la même manière pour l’aide au bourg structurant en milieu rural vous précisez que celui-ci doit avoir 15 équipements structurants.

 

Avec ces restrictions vous prenez le risque que les communes et les EPCI construisent demain leur stratégie d’aménagement en fonction des dispositif régionaux auxquels ils sont éligibles , au lieu de les inscrire dans les besoins économiques, sociaux et environnementaux de leur territoire, bref de les inscrire dans la vie de leur concitoyens.

 

Vous prenez le risque de mettre au sein  d’un même EPCI plusieurs communes en compétition, dès lors qu’elles pourraient développer à plusieurs, des projets qui ont une vocation rayonnante.

 

Au lieu de cela ils vont être en compétition pour savoir lequel va être retenu. Ces restrictions ne permettront pas sur un périmètre régional qui couvrent plus de 5 000 communes  de réduire les fractures et les inégalités.

 

C’est dommage mais ce n’est pas trop tard. C’est en ce sens que nous déposons ces 2 amendements, car nous avons le souci de participer, avec vous, à la réussite de cette politique d’aménagement des territoires.

 

Car, nous n’oublions pas que l’objectif final est bien de réduire les inégalités sur les territoires et cette fracture qui pénalise à la fois notre région et notre pays.

 

Les amendements que nous proposons sont les suivants :

 

Amendement au rapport 17SP-699 dans le dispositif « Grand Est – Soutien aux investissements locaux à l’échelle intercommunale »

Exposé des motifs :

Considérant qu’il y a une absence de contractualisation avec les territoires, qui aurait permis, en concertation, une priorisation des investissements à réaliser ;
   

Considérant que de limiter à une seule aide sur la durée du mandat va pénaliser les territoires et ne leur permettront pas de saisir des opportunités qui pourraient se présenter ;

Nous proposons la modification suivante :

Suppression de la phrase : « Une seule aide sera accordée par maitre d’ouvrage sur la période 2017-2021 »


Amendement au rapport 17SP-699 dans le dispositif « Grand Est – Redynamisation des bourgs structurants en milieu rural »

Exposé des motifs :

Considérant qu’un bourg peut être structurant sur un bassin de vie même s’il ne dispose pas de 15 équipements de type intermédiaire ;


Considérant qu’une commune qui aurait perdu un équipement structurant la faisant passer sous le seuil des 15 ne doit pas subir une double peine ;

Nous proposons la modification suivante :

Suppression de la phrase : « la présence d’au moins 15 équipements de type intermédiaire selon la définition de l’INSEE »

Ajout de la phrase : « le bourg qui dispose, sur un bassin de vie, du plus grand nombre d’équipements de type intermédiaire selon la définition de l’INSEE »

 

Vous allez nous dire que ces amendements ont une incidence financière, mais nous les avons déposé sans connaitre le volume financier qui est alloué à chaque dispositif.

 

Ce que nous voulons, c’est changer les critères pour ne pas être dans une politique de guichet ou de droit de tirage. Plus on saucissonne nos dispositifs, et on en a 70, plus on encourage les territoires à rentrer dans des cases et à définir leurs projets en fonction de cela, au lieu de prioriser leur investissement.

 

Supprimer ces critères nous incitera à prioriser les investissements proposés en fonction de leur importance, de leurs réponses aux besoins de nos concitoyens et de la réalité du territoire et de ces spécificités.

 

Je vous remercie. "

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